29 : FF : Après le viol de Manuela, Christophe, prévenu par Olivier, revient.
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29 : FF : Après le viol de Manuela, Christophe, prévenu par Olivier, revient.
pas eu le temps de la finir, mais promis: elle vient vite ^^

Avrildemai-

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Date d'inscription: 19/07/2009
Re: 29 : FF : Après le viol de Manuela, Christophe, prévenu par Olivier, revient.
Avec un mois de retard: joyeux noël miss!!
Nuit noire. Des bruits, des ombres, des mouvements devant la fenêtre…Manuela avait beau tenter de se raisonner, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur. Une peur permanente, irraisonnée, qui ne la lâchait plus une seule seconde, qui l’empêchait de respirer, de fermer l’œil chaque nuit dès qu’elle se retrouvait seule. Dormir. Elle voulait seulement dormir. Oublier juste pour quelques heures ce cauchemar dans lequel elle vivait depuis ce jour maudit! Les filles s’étaient relayées à son chevet durant les premières nuits, et puis elle avait fait semblant. Semblant d’aller mieux, semblant d’être capable de surmonter tout ça. Mais comment vivre maintenant? Comment…Comment continuer, sortir de cette terreur qui la maintenait prisonnière de ses griffes? Une larme coula sur sa joue, puis une seconde, et tout un torrent qu’elle avait contenu dans la journée devant ses amis, se montrant « forte et courageuse ». Les impressionnant tous. Le croyant en tout cas, car ses amis n’étaient pas dupes. Ils la connaissaient trop bien pour ça, et s’inquiétaient pour elle en permanence, la voyant s’enfoncer dans son mal-être et devenir agressive un peu plus chaque jour.
Dans la cuisine, attablé devant un café, José fixait le fond de sa tasse d’un air absent, complètement démuni devant la souffrance qu’endurait son amie. « Si seulement Hélène et Nico avaient été là » pensa-t-il une énième fois. S’ils avaient été là…Qu’est-ce que ça aurait changé? Pas grand-chose sûrement…Bénédicte avait raison sur ce point. Mais eux au moins auraient, sans doute, su quoi faire, tandis que lui…Il avait l’impression de nager à contre courant, que tout ce qu’il pouvait tenter ne servait à rien. Manuela allait toujours aussi mal et rien ni personne ne semblait pouvoir l’aider. Personne…José repensa soudain à une idée qu’Olivier avait lancée la veille pendant la répétition… « Et si on appelait Christophe? C’est encore lui qui la connait le mieux Manuela! » Sur le coup, l’idée lui avait semblé stupide, mais en y réfléchissant bien…Ils devaient tenter le coup! Il se leva soudainement, sous le regard surpris des filles et de Jimmy, et attrapa le téléphone sur le plan de travail.
Bénédicte:-A qui tu téléphones à cette heure-ci?
José, le téléphone à l’oreille:-A Olivier!
Jimmy surpris, cherchant à comprendre:-Olivier? Mais qu’est-ce que tu lui veux à 11h00 du soir à Olivier?
José:-Faut qu’on aide Manuela…
Cynthia:-Ca c’est certain, mais qu’est-ce qu’Olivier vient faire là-dedans?
José soulagé entendant Olivier lui répondre:-Allô? Olivier?[…]C’est José![…]Ouais, excuse-moi, mais c’est une urgence là![…]Faut qu’t’appelles Christophe et qu’tu le préviennes pour Manuela. Dis-lui c’que tu veux, mais faut qu’il rentre!
La bande regarda José, surprise: faire revenir Christophe pour sauver Manuela, tous y avaient pensé à un moment ou un autre, mais tous aussi avaient fini par y renoncer. Tous sauf lui, le seul contre, au départ.
Quatre jours plus tard, aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
Olivier avait réussi à joindre Christophe assez rapidement, et lui avait expliqué, succinctement, la situation. Passé le premier choc, Christophe avait, sans réfléchir, accepté de rentrer le plus vite possible en France. Accepté n’était même pas le mot, car il avait pris la décision bien avant qu’Olivier n’ait besoin de le lui demander, et quelques heures plus tard, il avait rappelé pour dire qu’il serait au vol de 11h17, jeudi.
Quatre jours étaient passés, et Jeudi était enfin arrivé, au grand soulagement de José qui depuis ce fameux soir était persuadé d’avoir pris la bonne décision et d’avoir trouvé la meilleure solution pour Manuela. L’avion de Christophe venait d’atterrir quelques minutes plus tôt et, les yeux fixés sur le flot des passagers qui descendaient du New-York -Paris, José, accompagné d’Olivier et Nathalie, recherchait impatiemment son ami du regard.
Nathalie soudain, désignant du doigt:-Le voilà!
José:-Où ça?
Nathalie:-Là-bas! Il arrive!
Christophe leur fit signe et s’approcha d’eux aussi vite qu’il le put, les serrant tour à tour dans ses bras.
Olivier :-T’as fait bon voyage?
Christophe:-Ca va…(s’inquiétant) Comment va Adeline?
José s’assombrissant:-C’est pas la joie…J’suis content que tu sois là…
Christophe triste:-Vous auriez dû me prévenir plus tôt, j’comprends toujours pas comment…Pourquoi…
Olivier posant sa main sur son bras:-On se pose tous ces questions, malheureusement y’a pas de réponse. Ces trois pourris sont en prison…
Nathalie complétant:-Et Manuela s’est construit sa propre prison…On dirait qu’elle se punit de ce qu’ils lui ont fait…
Christophe poussant un long soupir:-Elle est où là? Encore sortie avec les deux gugusses dont Olivier m’a parlé?
José fronçant les sourcils:-J’espère pas! Ils n’ont rien de bon pour elle ces deux là! Quand je les vois, j’ai juste envie de les massacrer!
Olivier:-J’te rassure, moi aussi!
Christophe furieux:-Si j’en croise un, à mon avis, je vais pas me contenter d’avoir envie d’les massacrer: j’vais me les faire!
Les trois autres regardèrent Christophe surpris: ils l’avaient rarement vu tenir de tels propos. Mais ils savaient que quand il s’agissait de Manuela, tout était différent…
Aussitôt après que Christophe eut récupéré ses bagages, tous quatre reprirent le chemin de la maison, sans trop savoir ce qu’ils allaient faire, ou même dire à Manuela à propos du retour de Christophe. Parce qu’il avait évidemment été hors de question de prévenir la jeune femme qui, depuis le début de sa descente aux enfers, refusait systématiquement leur aide à tous. A tous…Christophe n’était justement pas tous. C’était quelqu’un de particulier pour Manuela, et c’est ce qui faisait sa force parmi eux. Ancien amour, meilleur ami, confident. L’une des trois facettes de Christophe ou la compilation des trois feraient peut-être toute la différence dans la tentative désespérée qu’ils menaient depuis des semaines d’aider leur amie. C’était en tout cas ce qu’ils espéraient.
Ils accusèrent leur première déception en arrivant à la maison: A peine avaient-ils franchi le pas de la porte que leurs amis, qui les attendaient impatiemment, leur apprirent que malgré leurs efforts, Manuela était sortie une fois de plus avec Ben et Franck ; d’après ce qu’elle avait daigné leur apprendre, ces derniers devaient l’emmener au restaurant. Pour le reste, la réplique de Manuela avait claqué comme un coup sec :« Mêlez-vous de vos fesses, est-ce que moi je vous demande de me rendre des comptes sur vos emplois du temps? »
Christophe était resté sans voix quand Linda lui avait raconté la matinée, et le reste. Une partie tout du moins. Il y en avait tant à dire, et chacun avait des choses à ajouter sur le sujet. Jimmy, qui se sentait coupable, avait tenu à présenter ses excuses à Christophe. Mais celui-ci l’avait rassuré aussitôt: il ne lui en voulait pas, et ne le tenait en aucun cas responsable du viol de Manuela.
Comme ils n’avaient pour le moment aucun moyen d’agir, ils commencèrent par installer Christophe dans la chambre d’amis, puis déjeunèrent. Ensuite, et sur les conseils des filles, le jeune homme décida de faire le tour des lieux que fréquentaient en général Manuela, Ben et Franck. Laly tenta de lui imposer sa présence, mais celui-ci réussit à lui faire comprendre qu’il valait mieux qu’il voie Manuela seul.
Christophe commença par la cafétéria mais, au bout d’une heure, fatigué et sans aucun résultat, il décida de lever le camp et de tenter un autre endroit. La salle de sport peut-être? Alors qu’il s’apprêtait à sortir de la cafét’, l’esprit ailleurs, le jeune homme bouscula quelqu’un qui le repoussa aussitôt en arrière.
Homme:-Tu peux pas faire un peu attention où tu marches, gros naze?
Christophe releva la tête vers l’homme, s’apprêtant à lui faire des excuses, quand il se figea soudain. Face à lui, entourée de l’homme qui lui criait dessus, et d’un autre homme à l’air tout aussi antipathique, se trouvait Manuela. Cette dernière s’était figée elle aussi, tant la surprise de le voir là était grande. Tous les sentiments se mêlaient soudain en elle: joie, tristesse, peur, trahison, reconnaissance, honte, colère.
Christophe accrochant son regard à elle:-Adeline…
Ben, se marrant, à Manuela:-T’entends comme il t’appelle l’autre naze ? « Adeline »! (A Christophe, ironique) Tu te trompes de fille pauv’ con! T’es qu’un miro! Achète- toi des lunettes! Ca t’évitera peut-être de foncer dans les gens!
Christophe sans s’occuper de lui, répétant:-Adeline? Qu’est-ce que tu fais?
Manuela sortant de sa torpeur, agressive, regardant Ben et Franck:-J’m’amuse! Ca se voit pas? Et toi, qu’est-ce que tu fous là! Laisse-moi deviner! Les autres t’ont appelé au secours je parie! Ca m’étonne qu’ils aient pas encore fait débarquer Hélène et Nicolas tiens! (riant jaune)
Christophe doux mais ferme:-On est inquiets pour toi Manue!
Manuela:-J’vois pas pourquoi! Je vais très bien! Tu le vois pas?
Christophe:-Tu n’es pas dans ton état normal…
Manuela:-Mon état normal? Qu’est-ce que t’en sais toi de mon état normal? Tu t’es barré à l’autre bout du monde!
Christophe blessé:-Adeline…
Manuela le défiant du regard:-Ca suffit! J’ai plus envie de discuter! Ben, Franck? Vous venez, on se tire!
Ben:-Ouais, on s’barre! (reposant Christophe)Y’a trop de pollution ici!
Franck prenant Manuela par la taille:-Allez, viens poulette! J’ai bien envie de rentrer à la maison!
Christophe sentait son sang bouillir à l’intérieur, ses narines se pinçaient sous le coup de la colère. Il devait se retenir pour ne pas sauter au cou de ces types qui posaient leurs sales mains sur Manuela.
Manuela offrit son cou aux baisers de Ben et Franck, mais quand son regard rencontra celui de Christophe, elle les repoussa, honteuse, et précipita leur départ. Elle se détestait. Elle refusait que Christophe puisse la voir ainsi, qu’il voie ce qu’elle était devenue. Le jugement du jeune homme comptait pour elle plus que celui de n’importe qu’elle autre personne. Elle ne supportait pas de voir dans ses yeux de la déception et de la peine. Christophe, trop abasourdi par le spectacle que venait de lui offrir Manuela, et qui était bien loin de l’image qu’il conservait de la jeune femme, ne parvint pas à réagir quand elle quitta la cafétéria. Il resta un moment, debout, là, au milieu de la foule, à fixer cette double porte par laquelle elle avait disparu avec ces deux types, avant de bouger enfin.
Il ne rentra pas tout de suite à la maison, beaucoup trop secoué par cette rencontre, et alla marcher le long des bords de Seine pour réfléchir. Qu’allait-il faire maintenant? Que pouvait-il faire? La jeune femme qu’il venait de rencontrer n’était plus Adeline, son Adeline-ou Manuela, comme elle se faisait appeler aujourd’hui-, il ne la reconnaissait plus. Elle qui était si douce, si pudique autrefois. Elle avait tellement changé. Pourtant, dans son regard, il avait cru un instant apercevoir l’Adeline d’autrefois.
Au bout d’une heure à marcher sans but précis, il finit par rentrer à la maison et avouer son échec à ses amis. Ceux-ci lui sourirent tristement, tentant de le rassurer. Manuela s’était enfermée sur elle depuis trop longtemps pour qu’en un instant, comme par magie, tout redevienne comme avant. Christophe avait haussé une épaule. Il savait qu’ils avaient raison, mais cela ne le consolait pas pour autant.
La journée se passa sans que Manuela ne réapparaisse. Ils dînèrent sans elle, puis, malgré leur inquiétude, allèrent se coucher les uns après les autres.
Dans sa chambre, allongé dans le noir, Christophe ne parvenait pas à trouver le sommeil. Les yeux fixés sur les chiffres luminescents du radio réveil, il regardait le temps s’écouler lentement tandis que dans sa tête se bousculaient les questions. Il était trois heures du matin: où pouvait bien être Adeline? Que pouvait-elle faire? Avec qui? Tout ce qu’il parvenait à s’imaginer en réponse à ces questions ne faisait que renforcer ses craintes. L’oreille aux aguets, il guettait le moindre petit bruit dans la maison, espérant l’entendre rentrer. Il savait qu’il ne pourrait pas s’endormir tant qu’il ne la saurait pas à l’abri entre ces murs. Soudain, alors qu’il ne s’y attendait plus, et alors qu’il s’apprêtait à se retourner pour la énième fois, il sursauta en entendant la porte d’entrée grincer. Il se redressa instantanément, hésita une seconde, et se leva. Depuis le palier, il observa Manuela qui était assise sur le canapé, la tête entre ses mains, et son cœur se serra. Elle avait l’air si fragile ainsi. Il ne rêvait que d’une chose, descendre, la prendre dans ses bras et lui promettre que tout irait bien. Mais il savait que ce n’était pas une bonne idée. Pas maintenant. C’était encore trop tôt. Mais pourtant…Il ne pouvait rester sans rien faire. Il se passa une main sur le crâne et poussa un profond soupir avant de se décider à aller la rejoindre au salon. L’entendant descendre l’escalier derrière elle, elle sursauta, avant de lui lancer un regard de défi auquel il ne répondit pas.
Christophe:-Salut…
Manuela agressive:-Qu’est-ce que tu fais debout? Tu m’surveilles?
Christophe restant à distance raisonnable d’elle:-J’étais inquiet. Tu aurais dû nous dire que tu rentrais tard!
Manuela s’énervant aussitôt:-T’es pas mon père! J’ai pas de compte à te rendre!
Christophe:-Non, c’est vrai, je ne suis pas ton père! (ironique)Excuse-moi de m’inquiéter!
Manuela:-C’est bon! Lâche-moi!
Christophe en colère:-J’te lâche oui! Mais ça n’empêchera pas que je m’inquiète pour toi! J’pige pas ce que tu fous avec ces deux abrutis! Tu vaux tellement mieux que ça!
Manuela s‘énervant aussi:-Qu’est-ce que tu peux savoir toi?
Christophe:-J’en sais assez pour avoir compris que tu mens quand tu dis que tu vas bien!
Manuela appuyant sur ses mots:-Je vais très bien! Le seul truc qui ne va pas, c’est toi! Tu me fatigues! J’monte me coucher!
Joignant le geste à la parole, elle passa devant lui sans lui accorder un regard, et s’éloigna dans les escaliers. Il la regarda monter les marches le cœur gros, et se laissa retomber dans le fauteuil, fatigué: Si Manuela refusait de lui parler, ou même de l’écouter, comment pourrait-il l’aider? Il se passa la main dans ses longs cheveux détachés et soupira. De fatigue. De lassitude. De peine. Avant de monter se coucher à son tour. Sur le palier, il ne put s’empêcher de marquer un arrêt devant la chambre de Manuela, et de frôler la poignée du bout de ses doigts avant de se reprendre: il valait mieux la laisser dormir, ce soir toute discussion resterait vaine. Il se recoucha et, un peu rassuré de savoir Manuela dans son lit, finit par s’endormir.
Quand il se réveilla le lendemain, ou plutôt quelques heures plus tard, Christophe constata que les autres étaient tous partis. Tous, à l’exception de Manuela qu’il entendait s’agiter derrière sa porte de chambre. Il décida de préparer un plateau pour le petit déjeuner et de le lui monter, trouvant en ça une excuse pour frapper à sa porte. Elle ne lui ouvrit pas tout de suite, mais au bout de quelques minutes, finit par répondre aux coups frappés à sa porte. En le voyant ainsi face à elle, un magnifique plateau à la main, elle ne put s’empêcher de lui sourire, avant de reprendre, presque instantanément, son visage sombre.
Christophe brisant le silence:-Salut…
Manuela:-Salut!
Christophe désignant la nourriture:-J’me suis dit que t’avais peut-être faim. (devant son silence) J’peux entrer?
Manuela hésita quelques secondes, manquant de lui répondre non, mais finalement, sans rien dire, s’écarta de la porte et le laissa entrer tandis qu’elle s’asseyait sur son lit.
Christophe refusant de laisser le silence s’installer, posant le plateau sur un meuble:-J’te dérange pas j’espère?
Manuela un peu perdue:-Ca va.
Christophe content:-Super! (lui tendant un verre) Tiens, j’ai pressé des oranges comme tu les aimes.
Manuela touchée:-Merci Christophe.
Christophe:-De rien. (voyant ses yeux fatigués) Tu as dormi un peu?
Manuela se refugia, le nez dans son verre, pour ne pas avoir à répondre tout de suite. Tristement, Christophe regardait les cernes foncées qui marquaient très visiblement le visage de la jeune femme.
Manuela mal à l’aise:-Ouais…(Avouant) J’ai connu mieux.
Christophe:-Je me doute…
Il lui posa sa main sur la sienne, mais elle la retira vivement, comme si elle la brûlait.
Christophe:-Excuse-moi.
Manuela sans rien dire, se leva de son lit, enfila ses pantoufles et sortit de la chambre, précisant simplement d’une voix décidée:-Faut qu’j’prenne ma douche!
Christophe soupira. Malgré un léger mieux, elle refusait toujours tout contact, et continuait à se refermer sur elle-même.
La toilette de la jeune femme dura plus d’une heure, et quand enfin il l’entendit descendre au salon, Christophe eut envie d’essayer encore de lui parler. Elle ne lui en laissa pas le temps, précisant qu’elle devait sortir « tout de suite! » En insistant bien sur ces derniers mots, les accompagnant d’un regard agressif!
Christophe avec un regard noir:-Très bien! Fais ce que tu veux! Si tu préfères être avec ces deux…(se retenant)Plutôt qu’avec nous!
Manuela:-Ben et Franck sont…(cynique) Distrayants! Vous, vous êtes ennuyeux à mourir!
Christophe:-Si tu penses qu’avoir une vie normale avec des gens qui vous aiment et qu’on aime c’est ennuyeux, alors t’as raison: on est ennuyeux! Mais tes deux abrutis ne t’apporteront jamais ce dont tu as besoin!
Manuela:-Qu’est-ce que t’en sais ce dont j’ai besoin?
Christophe sûr de lui:-Je te connais!
Manuela:-Ouais, c’est ça! Bon j’peux me barrer maintenant? On m’attend!
Christophe lâchant prise pour le moment:-Fais ce que tu veux! J’vais pas t’attacher de toute façon!
Avant de partir, elle posa un regard sur Christophe qui fit comprendre à ce dernier qu’enfouie tout au fond, sa Adeline d’autrefois existait toujours. Mais il avait l’impression qu’il allait falloir creuser profondément pour la retrouver.
Les jours qui suivirent se passèrent sur le même modèle: Christophe essayait de lui parler, elle se refermait. Ils se disputaient, elle partait. Elle passait du temps avec ses deux soit disant amis, Christophe bouillait, attendant son retour avec une impatience de plus en plus vive. Même José et Olivier avaient fini par s’avouer que Christophe n’était finalement peut-être pas leur solution miracle. Alors quelle solution? Ils n’avaient plus d’autre idée! Que pouvaient-ils faire de plus qu’ils n’avaient pas déjà tenté? Si tous se refusaient à baisser les bras, le moral était au plus bas. Même les solutions les plus désespérées leurs semblaient perdues d’avance. Prévenir Hélène et Nicolas? A quoi bon? Si Christophe ne parvenait à rien, était-il réellement utile de faire traverser à leurs amis 15 000km par les airs pour un résultat sans doute similaire? Non…Faire hospitaliser Manuela? Sous quel prétexte? C’était peut-être la solution, qui sait? Mais elle seule aurait pu prendre la décision, et ils doutaient fortement qu’elle accueille l’idée avec joie et bienveillance. Encore moins maintenant: depuis le retour de Christophe, elle était devenue plus agressive et plus distante encore. Olivier et José en étaient désolés pour leur ami. Tous l’étaient. Christophe, lui, essayait de ne pas trop se laisser toucher par les mots derrières lesquels, il le savait, Manuela se cachait en un mécanisme de défense. Il ne devait pas les prendre pour lui, ne pas la fuir, ni l’agresser à son tour, au risque de la perdre vraiment. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, et quelquefois, ses propres paroles dépassaient sa pensée.
Comme ce matin. Il s’en voulait terriblement. Tout avait pourtant assez bien commencé. Elle était descendue à l’heure du petit déjeuner -chose rare s’il en était dernièrement-avait marmonné un « bonjour » à tous, ce qui leur avait presque rendu le sourire, s’était emparée des croissants de Laly, si surprise et heureuse qu’elle n’avait pas râlé, et s’était assise sur un des tabourets du bar, les y observant en silence.
Flash back
Christophe plein d’espoir:-Tu ne voudrais pas plutôt t’assoir avec nous? (se décalant un peu) Y’a de la place encore.
Manuela le regardant avec dédain:-J’crois pas, non! J’suis très bien où je suis!
Christophe:-Mais c’est pas pratique pour parler, (se levant pour aller la chercher) S’il-te-plaît!
Manuela le repoussant:-Lâche-moi! J’ai pas envie de vous parler moi! J’ai rien à vous dire! Et puisqu’on ne peut pas déjeuner tranquillement ici (lançant son croissant avec colère) J’me casse!
Christophe qui n‘avait encore pas dormi, pour la troisième nuit consécutive, avait du mal à se contenir face aux regards de mépris et à la défiance dont faisait preuve envers lui Manuela.
Christophe sans réfléchir:-C’est ça! Fais c’que tu veux! J’te retiens pas!
Manuela ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Elle lui lança alors un regard noir, attrapa ses affaires et quitta la maison folle de rage, José lancé à sa suite.
A peine les mots étaient-ils sortis de la bouche de Christophe que celui-ci s’en était voulu terriblement. Mais c’était trop tard.
Revenant à pas traînants sans être parvenu à rattraper Manuela, José adressa à son ami un regard d’incompréhension.
José sarcastique:-Génial! (le pouce en l’air)Bravo!
Christophe honteux, la tête basse:-Je suis désolé…J’sais pas c’qui m’a pris.
Linda lui prenant la main:-T’inquiète pas, on comprend. C’est pas facile, hein…
Christophe avouant:-Non, vraiment pas facile.
Il poussa un soupir de découragement , et se prit la tête entre les mains, visiblement épuisé.
Bénédicte lui souriant tristement:-Tu devrais aller t’allonger un peu. A ce rythme là, tu ne tiendras plus longtemps…
Le jeune homme hésita mais, devant l’évidence -il ne serait bon à rien dans un tel état de fatigue-, et son besoin de rester seul pour réfléchir, acquiesça et rejoignit sa chambre.
Fin du flash back
Allongé depuis plus de deux heures sur son lit, dans cette grande maison vide, Christophe fixait le plafond sans parvenir à s’endormir, culpabilisant. Comment aurait-il pu trouver le sommeil, alors qu’il savait Adeline dehors avec ces deux types, par sa faute? Non, pas par sa faute, mais…Si. Si, quand même! Et que pouvaient-ils bien faire tous les trois? Le cerveau tourmenté de Christophe lui ramenait en mémoire ces images de Ben et Franck en train de la toucher, de l’embrasser! De se vautrer sur elle! Comment pouvait-elle supporter ça? Couchait-elle avec eux? Se pouvait-il qu’ils lui fassent l’amour. Non! Non! Christophe ne pouvait envisager ça! Son Adeline n’était pas une traînée! Ce n’était pas le genre de fille à coucher dès le premier soir, et il en était sûr, encore moins depuis le viol!
Un bruit dans l’escalier le sortit de ses pensées, et il écouta distraitement les bruits du couloir, essayant de deviner lequel de ses amis était rentré le premier. Se rendant rapidement compte que du bruit provenait de la chambre voisine, celle de Manuela, il se redressa et dressa l’oreille, le cœur battant, cherchant à savoir si elle était seule, et ce qu’elle faisait. Après un court moment d’hésitation, il se leva et se dirigea vers la chambre de la jeune femme dont la porte était restée grande ouverte. Voyant ce qu’Adeline faisait, Christophe resta figée une seconde, essayant de comprendre. Que faisaient ces valises sur le lit? Et ces tas de vêtements éparpillés tout autour? Qu’est-ce que ça voulait dire?
Christophe incrédule:-Adeline?
La jeune femme qui ne l’avait pas entendu se retourna vers lui, surprise, et lui adressa un regard noir!
Manuela agressive:-T’es là toi!
Christophe s’avançant vers elle, calme:-Adeline (lui prenant le poignet pour qu’elle le regarde)qu’est-ce que tu fais?
Manuela dégageant son bras:-Ca se voit pas ce que je fais? J’me barre de cette baraque! Voilà ce que je fais!
Christophe:-Mais…(essayant de rester calme) Tu ne peux pas partir! Et puis, où tu vas aller? C’est ici chez toi!
Manuela:-Ben plus maintenant! Et j’suis majeure et vaccinée! J’fais ce que je veux! (s’énervant) Y’en a marre que vous vous preniez tous pour mes parents! Toi, José, Linda! Mais foutez-moi la paix! J’ai pas besoin de vous!
Christophe la retenant, la fixant dans les yeux:-On veut t’aider!
Manuela:-Mais faut vous le dire comment! J’ai pas besoin d’aide! J’vais très bien! C’est vous qui me gâchez la vie!
Christophe:-Non! C’est toi qui es en train de te gâcher la vie! Tu fais n’importe quoi! Et moi je veux pas que tu aies des regrets! Que tu fasses des conneries et…
Manuela le coupant:-J’m’amuse! C’est de mon âge! Vous êtes tous coincés! Vous ne pigez rien!
Christophe:-Si! Si on comprend que t’es en train de te détruire Adeline! Et moi j’peux pas te laisser faire ça!
Manuela criant et pleurant:-Y’a plus d’Adeline! Y’a longtemps qu’elle est morte!
Christophe la retenant toujours:-Non! Non elle n’est pas morte! Elle est là! Elle est devant moi! Regarde-moi!
Manuela le repoussant violemment:-Laisse-moi! Rentre chez toi! J’veux plus te voir!
Christophe ne cédant pas:-Non! Non, je ne te laisserai pas!
Manuela:-De toute façon, c’est moi qui me casse! (le fixant méchamment)
Christophe soutenant son regard:-Tu peux toujours partir, mais moi j’te laisserai pas!
Manuela acide:-Tu ferais mieux de te trouver une fille! Ca t’occuperait et tu me foutrais la paix!
Christophe:-J’peux pas te foutre la paix!
Manuela:-Mais moi j’peux te pourrir la vie!
Christophe:-Fais ce que tu veux! J’prends le risque! Tu peux faire ce que tu veux, j’te lâcherai jamais! (la fixant dans les yeux, la retenant, décidé) Pas tant que t’auras besoin de moi!
Manuela pleurant, se débâtant:-J’ai pas besoin de toi! J’ai pas besoin de toi!
Christophe l’enserra dans ses bras, tentant de la calmer, tandis qu’elle le frappait de rage et de colère.
Christophe sans fléchir:-Chut…Chut…
Manue! Regarde-moi! Si toi tu ne t’aimes pas, moi je t’aime!
Les mots de Christophe n’eurent pas immédiatement l’effet escompté, mais peu à peu, la jeune femme sembla tout de même se calmer. Perdre en rage et en colère. Alors il la serra plus fort, mais plus tendrement aussi, la berçant doucement, sa joue posée contre la tête de la jeune femme. « Chut » répéta-t-il, tout en l’aidant à s’assoir sur le lit. « Ca va aller, je te le promets. Ca va aller » Des sanglots secouaient Manuela: pour la première fois depuis son retour, il la voyait laisser échapper sa peine sans tenter de fuir. Au contraire: elle s’accrochait à lui comme elle se serait accrochée à une bouée, essayant de sortir la tête de l’eau. Et il la soutenait: il ne la laisserait pas se noyer dans sa douleur. Il l’aimait trop, elle comptait trop. Et il lui avait dit, sans réfléchir. Parce qu’il ne savait plus quoi faire. Parce qu’il fallait qu’elle sache, qu’elle comprenne que non, il ne la laisserait pas. Non, il n’abandonnerait pas, parce que ce n’était pas lutter pour elle qui était trop difficile, mais bien ne rien faire et la perdre.
Ils restèrent ainsi, sans rien dire, près d’une heure, jusqu’à ce qu’on sonne à la porte d’entrée. Christophe soupira: il n’avait aucune envie d’aller ouvrir. Un second appel lui provoqua un grognement et il se décida tout de même à laisser Manuela quelques minutes pour aller ouvrir au visiteur indésirable.
Christophe se détachant d’elle doucement:-Reste là ma puce, je reviens…
Elle hocha la tête et se réfugia, ses genoux remontés devant elle, dans un coin de son lit, son oreiller serré contre elle. Elle se sentait si mal, si vide, si perdue surtout. Elle serra les paupières aussi fort qu’elle le pouvait et rejeta la tête en arrière, en appui contre le mur. Qu’est-ce qu’elle avait fait? Qu’est-ce qu’elle faisait? Son regard se posa sur la valise entamée posée au sol et son cœur se serra. Toutes ses certitudes avaient disparu. Qu’allait-elle faire? Partir avec Ben et Franck? Rester ici, avec ses amis? Avec Lui, Christophe? Elle ne savait plus. Elle entendit du bruit en bas et tendit l’oreille: une dispute. Elle serra un peu plus fort son coussin contre elle, reconnaissant la voix de ses deux « joujoux » qui s’adressaient avec colère à Christophe. Un sanglot s’échappa de sa bouche, malgré elle…La voix de Christophe résonna à son tour.
-Elle ne viendra pas avec vous! Foutez-lui la paix!
-Ah ouais! Ben on va lui demander!
-Dégagez de cette maison!
-On dégagera dès que Manuela sera avec nous! (Appelant) Manuela! Poupée! Viens là, y’a ton chien de garde qui essaye de nous empêcher de te voir!
-Je vous interdis de monter! Vous n’avez rien à faire chez nous!
Un bruit de chute suivit.
-Ca, le guignol, tu vas me le payer! Tiens-le Franck, que je lui refasse le portrait!
Ils se battaient…Manuela se crispa et, hésitante, repoussa son oreiller et sortit de sa chambre. Depuis le palier, elle vit Ben et Franck qui s’acharnaient sur Christophe, tandis que celui-ci se défendait tant qu’il pouvait. Elle resta figée quelques secondes avant de hurler « Arrêtez! ». Les trois hommes stoppèrent immédiatement, relevant les yeux vers elle. « Arrêtez » répéta-t-elle.
Franck:-Eh! T’énerve pas poussin! C’est pas notre faute, c’est ton guignol de copain qui veut encore rien comprendre!
Christophe essuyant sa lèvre en sang:-Adeline…
Ben moqueur:-On t’a déjà dit qu’elle s’appelait Manuela! Hein princesse?
Manuela un peu perdue:-Ou…oui…
Ben lui tendant la main:-On est venus t’aider à porter tes valises, tu viens?
Manuela:-Je…
Franck:-Où sont tes affaires?
Manuela paumée:-Elles…En haut, mais…
Franck fronçant les sourcils, regardant tour à tour Manuela et Christophe:-Y’a un malaise?
Manuela:-Non…Non…Y’a…
Christophe intervenant:-Elle n’a plus envie de vous suivre! Alors fichez-lui la paix et dégagez de la maison!
Ben fixant Manuela:-Ça, c’est à elle de décider! Pas à toi espèce de crétin! Princesse?
Christophe sentait ses poings le démanger et ne se retenait qu’avec difficulté, attendant sûrement autant que Ben et Franck la réponse de la jeune femme. Elle passa son regard des uns aux autres et baissa les yeux. Elle inspira profondément et évita le regard de Christophe.
Manuela:-Je reviendrai chercher mes affaires plus tard…
Christophe tentant de la retenir :-Manue!
Elle évita à nouveau son regard et, tandis que Franck, le sourire triomphant, lui prenait le bras, elle suivit les deux garçons. Christophe ne devait et ne pouvait pas la laisser faire. Surtout pas. « Manue! » répéta-t-il tandis qu‘elle s‘apprêtait à franchir la porte à la suite des deux autres « Ne fais pas ça! ».
Manuela stoppa un instant mais ne se retourna pas, puis, entraînée par Ben et Franck, elle quitta la maison.
Christophe se précipita derrière eux: elle ne pouvait pas! Elle devait rester ici, avec eux, avec lui, et enfin accepter leur aide! Il la rattrapa à quelques mètres, et l’attrapa par l’épaule.
Christophe:-Manue! Qu’est-ce que tu fais?!
Ben le repoussant:-Elle vient avec nous, alors tu lui fiches la paix!
Franck le bousculant à son tour:-T’as perdu: Game-over! Capish?
Christophe les repoussant à son tour:-C’est pas un jeu!
Franck sarcastique:-Mais t’as perdu quand même! Manue est à nous! (passant sa main sur la nuque de la jeune fille), hein poupée?
Manuela sursauta au contact de cette main et recula, un éclair de terreur dans son regard. Christophe le remarqua immédiatement et se placa entre elle et Franck!
Franck surpris et mécontent:-A quoi tu joues Manuela! Tu n’aimes plus que je te touche!
Ben riant:-Je t’ai toujours dit qu’elle préférait mes caresses! (Attirant la jeune femme à lui? La touchant). N’est-ce pas Manuela?
Sans répondre, les yeux remplis de panique, au bord des larmes, Manuela s’accrocha au regard de Christophe comme dans un appel au secours silencieux, avant de murmurer « Je m’appelle Adeline» .
Mais déjà Christophe avait empoigné Ben par le col de son tee-shirt et l’avait projeté en arrière pour qu’il retire ses mains d’Adeline. La colère et la fureur l’envahissaient totalement, plus qu’elles ne l’avaient jamais fait. Franck se précipita sur Christophe, et Adeline, sans savoir comment, se mit à hurler « Au secours! » tandis que ses deux soi-disant amis s’acharnaient sur Christophe qui était bien décidé à ne pas se laisser faire. Un passant, alerté pas les cris de la jeune femme se précipita pour aider le jeune homme, tandis qu’un autre était parti prévenir les gendarmes. Bientôt maîtrisés, Ben et Franck lancèrent contre Adeline et Christophe un long chapelet de menaces jusqu’à l’arrivée des services de l’ordre. Adeline, elle, s’était réfugiée dans les bras de Christophe, ses doigts accrochés à son tee-shirt, et pleurait, répétant en boucle « Pardon, pardon… »
Il la berça doucement, il la berça longtemps, avant qu’elle ne parvienne à se calmer. Une fois Ben et Franck partis avec les gendarmes et la promesse faite à ces derniers de venir faire leur déposition un peu plus tard, il l’entraîna dans la maison, et se posa avec elle sur le canapé.
Christophe tentant de la rassurer:-Chut…C’est pas grave…
Adeline se répétant:-Pardon…
Christophe la serrant contre lui, l’embrassant sur le front:-C’est rien…C’est rien…
Adeline:-J’voulais pas…j’voulais pas…
Christophe la regardant dans les yeux:-Je sais.
Manuela posant sa main sur le visage du jeune homme, culpabilisant:-Tu saignes…Et tu es plein de bleus…
Christophe avec un léger sourire:-Ils sont plus abîmés que moi…Le principal c’est que tu sois là…
Elle lui rendit son sourire et baissa les yeux avant d’enfouir sa tête dans le cou du jeune homme et de lui murmurer « merci ». Il posa sa joue contre sa tête et n’ajouta rien. Même s’il ne lui avouerait pas, il avait eu peur. Peur de la perdre encore, peur de ne pas réussir à la retenir, peur tout simplement. Il la sentait trembler tout contre lui et son cœur s’en serrait plus encore.
Quand les autres arrivèrent quelques minutes plus tard, ils étaient toujours là, dans cette même position, sur ce même canapé.
Linda sa main devant sa bouche:-My God…
José abasourdi:-Ma…Manue, Christophe? Mais qu’est-ce qui s’est passé? (faisant référence aux blessures de Christophe) Qu’est-ce qui t’est arrivé?
Laly:-Vous vous êtes battus? Lequel des deux a gagné?
Christophe riant:-Adeline!
Laly:-Normal, on est les meilleures!
Bénédicte s’accroupissant auprès d’Adeline:-Manue? Ca va?
Adeline, le regard un peu perdu:-Je m’appelle Adeline…
Bénédicte répétant un peu surprise:-Adeline…
Christophe serrant la main d‘Adeline, expliquant:-On a eu une après-midi mouvementée…
José:-On dirait bien oui.
Christophe confiant:-Mais maintenant ça va aller…(changeant de sujet) Vous étiez tous ensemble?
José:-Hein…Euh, ouais, on a été prendre un verre à la cafète. Mais tu veux pas nous expliquer?
Christophe regarda Manuela qui approuva d’un léger mouvement de tête, et laissa échapper un long soupir avant de demander à ses amis de s’asseoir et de leur faire un récit succinct des événements.
Tout le monde se sentit soulagé de savoir qu’Adeline se soit enfin sortie de l’emprise de Ben et Franck, mais personne ne fit de commentaire. Pas même Laly. Comme elle l’avait fait plus tôt avec Christophe, Adeline, la gorge serrée, leur murmura « Pardon ».
José:-Pardon de quoi Manue?
Adeline:-De tout…de tout ça…de tout ce que je vous ai fait subir, je…
Linda la coupant, la serrant dans ses bras, l’embrassant sur la joue:-Ne sois pas désolée, le principal pour nous c’est que tu sois là…
Adeline accepta l’étreinte de son amie pour la première fois depuis des semaines et les deux filles pleurèrent dans les bras l’une de l’autre.
Adeline avouant dans un souffle:-Je vais pas bien…
Bénédicte lui prenant la main:-On sait Manue…
José l’embrassant sur la tête, adressant un regard de reconnaissance à Christophe:-On est là. Avec toi…
Laly émue, l‘embrassant:-Tu te débarrasseras pas si facilement de nous…Et même, tu sais quoi? Je vais te faire ma fameuse soupe!
Adeline posant sa main sur le bras de son amie:-Merci ma Laly, mais…Pas maintenant. S’il-te-plaît…
Laly:-Ben d’accord. Tout à l’heure alors!
Christophe prenant la main d’Adeline:-Tu veux aller t’allonger un peu? (Elle approuve d’un signe de tête, il l‘aide à se relever) Viens…
Allongée sur son lit, Christophe assis auprès d’elle, et ses affaires dispersées à droite à gauche de la pièce, Adeline poussa un long soupir.
Adeline:-Je suis tellement fatiguée…
Christophe:-Essaye de dormir un peu…
Adeline:-Je ne crois pas que je pourrais, j’ai…
Christophe, lui caressant les cheveux: Je reste près de toi, tu ne crains rien. (la voyant toujours hésitante) Tu veux bien essayer? Pour moi?
Adeline:-D’accord…
Elle ferma les yeux et, la tête reposée sur les genoux de Christophe, se laissa bercer par la douceur de ses caresses dans ses cheveux et par sa présence rassurante. Elle s’endormit finalement sans s’en rendre compte…
Deux mois plus tard:
Quelqu’un frappa à sa porte et Adeline sursauta et laissa retomber le pull qu’elle tenait, avant de se ressaisir et d’inviter son visiteur à entrer.
Christophe:-Adeline? (Elle lui répondit d’un sourire rayonnant)Je ne t’embête pas?
Adeline:-Non, j’avais presque fini.
Christophe:-Moi, ça y’est, je suis prêt à décoller…
Adeline:-Tes bagages sont prêts?
Christophe:-Oui, tout est prêt…Tu es sûre que ça va aller?
Adeline: Je crois…
Christophe:-Tu vas voir, je suis sûr que tu vas adorer New-York! (s’inquiétant) Je me demande juste si…Les autres ne vont pas trop te manquer?
Adeline souriant:-On va tous se retrouver à Sydney dans moins de deux mois, je devrais pouvoir y arriver…Christophe (Après une pause)Je suis contente qu’Hélène et Nicolas se marient.
Adeline:-Et puis (faisant le tour de la pièce du regard) j’ai besoin de changer d’air…De voir autre chose, ici…(elle laissa sa phrase en suspension)
Christophe approuvant en silence:-New-York sera parfait pour ça.
Adeline lui souriant timidement:-Du moment que tu es avec moi…
Christophe:-Je t’ai promis, je serai là tant que tu auras besoin de moi
Adeline levant les yeux vers lui:-Toujours?
Christophe, hésitant un instant, posant doucement sa main sur sa joue, sans détacher son regard du sien, avança timidement son visage vers le sien et frôla de ses lèvres celles de la jeune femme. Elle se laissa faire, frissonnant d’émotion autant que d’appréhension, et le jeune homme lui déposa un tendre baiser auquel elle répondit bientôt, un peu maladroitement, tout en douceur.
Christophe dans un souffle, sans quitter ses lèvres:-Pour toujours…
Fin
« Je m’appelle Adeline»
Nuit noire. Des bruits, des ombres, des mouvements devant la fenêtre…Manuela avait beau tenter de se raisonner, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur. Une peur permanente, irraisonnée, qui ne la lâchait plus une seule seconde, qui l’empêchait de respirer, de fermer l’œil chaque nuit dès qu’elle se retrouvait seule. Dormir. Elle voulait seulement dormir. Oublier juste pour quelques heures ce cauchemar dans lequel elle vivait depuis ce jour maudit! Les filles s’étaient relayées à son chevet durant les premières nuits, et puis elle avait fait semblant. Semblant d’aller mieux, semblant d’être capable de surmonter tout ça. Mais comment vivre maintenant? Comment…Comment continuer, sortir de cette terreur qui la maintenait prisonnière de ses griffes? Une larme coula sur sa joue, puis une seconde, et tout un torrent qu’elle avait contenu dans la journée devant ses amis, se montrant « forte et courageuse ». Les impressionnant tous. Le croyant en tout cas, car ses amis n’étaient pas dupes. Ils la connaissaient trop bien pour ça, et s’inquiétaient pour elle en permanence, la voyant s’enfoncer dans son mal-être et devenir agressive un peu plus chaque jour.
Dans la cuisine, attablé devant un café, José fixait le fond de sa tasse d’un air absent, complètement démuni devant la souffrance qu’endurait son amie. « Si seulement Hélène et Nico avaient été là » pensa-t-il une énième fois. S’ils avaient été là…Qu’est-ce que ça aurait changé? Pas grand-chose sûrement…Bénédicte avait raison sur ce point. Mais eux au moins auraient, sans doute, su quoi faire, tandis que lui…Il avait l’impression de nager à contre courant, que tout ce qu’il pouvait tenter ne servait à rien. Manuela allait toujours aussi mal et rien ni personne ne semblait pouvoir l’aider. Personne…José repensa soudain à une idée qu’Olivier avait lancée la veille pendant la répétition… « Et si on appelait Christophe? C’est encore lui qui la connait le mieux Manuela! » Sur le coup, l’idée lui avait semblé stupide, mais en y réfléchissant bien…Ils devaient tenter le coup! Il se leva soudainement, sous le regard surpris des filles et de Jimmy, et attrapa le téléphone sur le plan de travail.
Bénédicte:-A qui tu téléphones à cette heure-ci?
José, le téléphone à l’oreille:-A Olivier!
Jimmy surpris, cherchant à comprendre:-Olivier? Mais qu’est-ce que tu lui veux à 11h00 du soir à Olivier?
José:-Faut qu’on aide Manuela…
Cynthia:-Ca c’est certain, mais qu’est-ce qu’Olivier vient faire là-dedans?
José soulagé entendant Olivier lui répondre:-Allô? Olivier?[…]C’est José![…]Ouais, excuse-moi, mais c’est une urgence là![…]Faut qu’t’appelles Christophe et qu’tu le préviennes pour Manuela. Dis-lui c’que tu veux, mais faut qu’il rentre!
La bande regarda José, surprise: faire revenir Christophe pour sauver Manuela, tous y avaient pensé à un moment ou un autre, mais tous aussi avaient fini par y renoncer. Tous sauf lui, le seul contre, au départ.
Quatre jours plus tard, aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
Olivier avait réussi à joindre Christophe assez rapidement, et lui avait expliqué, succinctement, la situation. Passé le premier choc, Christophe avait, sans réfléchir, accepté de rentrer le plus vite possible en France. Accepté n’était même pas le mot, car il avait pris la décision bien avant qu’Olivier n’ait besoin de le lui demander, et quelques heures plus tard, il avait rappelé pour dire qu’il serait au vol de 11h17, jeudi.
Quatre jours étaient passés, et Jeudi était enfin arrivé, au grand soulagement de José qui depuis ce fameux soir était persuadé d’avoir pris la bonne décision et d’avoir trouvé la meilleure solution pour Manuela. L’avion de Christophe venait d’atterrir quelques minutes plus tôt et, les yeux fixés sur le flot des passagers qui descendaient du New-York -Paris, José, accompagné d’Olivier et Nathalie, recherchait impatiemment son ami du regard.
Nathalie soudain, désignant du doigt:-Le voilà!
José:-Où ça?
Nathalie:-Là-bas! Il arrive!
Christophe leur fit signe et s’approcha d’eux aussi vite qu’il le put, les serrant tour à tour dans ses bras.
Olivier :-T’as fait bon voyage?
Christophe:-Ca va…(s’inquiétant) Comment va Adeline?
José s’assombrissant:-C’est pas la joie…J’suis content que tu sois là…
Christophe triste:-Vous auriez dû me prévenir plus tôt, j’comprends toujours pas comment…Pourquoi…
Olivier posant sa main sur son bras:-On se pose tous ces questions, malheureusement y’a pas de réponse. Ces trois pourris sont en prison…
Nathalie complétant:-Et Manuela s’est construit sa propre prison…On dirait qu’elle se punit de ce qu’ils lui ont fait…
Christophe poussant un long soupir:-Elle est où là? Encore sortie avec les deux gugusses dont Olivier m’a parlé?
José fronçant les sourcils:-J’espère pas! Ils n’ont rien de bon pour elle ces deux là! Quand je les vois, j’ai juste envie de les massacrer!
Olivier:-J’te rassure, moi aussi!
Christophe furieux:-Si j’en croise un, à mon avis, je vais pas me contenter d’avoir envie d’les massacrer: j’vais me les faire!
Les trois autres regardèrent Christophe surpris: ils l’avaient rarement vu tenir de tels propos. Mais ils savaient que quand il s’agissait de Manuela, tout était différent…
Aussitôt après que Christophe eut récupéré ses bagages, tous quatre reprirent le chemin de la maison, sans trop savoir ce qu’ils allaient faire, ou même dire à Manuela à propos du retour de Christophe. Parce qu’il avait évidemment été hors de question de prévenir la jeune femme qui, depuis le début de sa descente aux enfers, refusait systématiquement leur aide à tous. A tous…Christophe n’était justement pas tous. C’était quelqu’un de particulier pour Manuela, et c’est ce qui faisait sa force parmi eux. Ancien amour, meilleur ami, confident. L’une des trois facettes de Christophe ou la compilation des trois feraient peut-être toute la différence dans la tentative désespérée qu’ils menaient depuis des semaines d’aider leur amie. C’était en tout cas ce qu’ils espéraient.
Ils accusèrent leur première déception en arrivant à la maison: A peine avaient-ils franchi le pas de la porte que leurs amis, qui les attendaient impatiemment, leur apprirent que malgré leurs efforts, Manuela était sortie une fois de plus avec Ben et Franck ; d’après ce qu’elle avait daigné leur apprendre, ces derniers devaient l’emmener au restaurant. Pour le reste, la réplique de Manuela avait claqué comme un coup sec :« Mêlez-vous de vos fesses, est-ce que moi je vous demande de me rendre des comptes sur vos emplois du temps? »
Christophe était resté sans voix quand Linda lui avait raconté la matinée, et le reste. Une partie tout du moins. Il y en avait tant à dire, et chacun avait des choses à ajouter sur le sujet. Jimmy, qui se sentait coupable, avait tenu à présenter ses excuses à Christophe. Mais celui-ci l’avait rassuré aussitôt: il ne lui en voulait pas, et ne le tenait en aucun cas responsable du viol de Manuela.
Comme ils n’avaient pour le moment aucun moyen d’agir, ils commencèrent par installer Christophe dans la chambre d’amis, puis déjeunèrent. Ensuite, et sur les conseils des filles, le jeune homme décida de faire le tour des lieux que fréquentaient en général Manuela, Ben et Franck. Laly tenta de lui imposer sa présence, mais celui-ci réussit à lui faire comprendre qu’il valait mieux qu’il voie Manuela seul.
Christophe commença par la cafétéria mais, au bout d’une heure, fatigué et sans aucun résultat, il décida de lever le camp et de tenter un autre endroit. La salle de sport peut-être? Alors qu’il s’apprêtait à sortir de la cafét’, l’esprit ailleurs, le jeune homme bouscula quelqu’un qui le repoussa aussitôt en arrière.
Homme:-Tu peux pas faire un peu attention où tu marches, gros naze?
Christophe releva la tête vers l’homme, s’apprêtant à lui faire des excuses, quand il se figea soudain. Face à lui, entourée de l’homme qui lui criait dessus, et d’un autre homme à l’air tout aussi antipathique, se trouvait Manuela. Cette dernière s’était figée elle aussi, tant la surprise de le voir là était grande. Tous les sentiments se mêlaient soudain en elle: joie, tristesse, peur, trahison, reconnaissance, honte, colère.
Christophe accrochant son regard à elle:-Adeline…
Ben, se marrant, à Manuela:-T’entends comme il t’appelle l’autre naze ? « Adeline »! (A Christophe, ironique) Tu te trompes de fille pauv’ con! T’es qu’un miro! Achète- toi des lunettes! Ca t’évitera peut-être de foncer dans les gens!
Christophe sans s’occuper de lui, répétant:-Adeline? Qu’est-ce que tu fais?
Manuela sortant de sa torpeur, agressive, regardant Ben et Franck:-J’m’amuse! Ca se voit pas? Et toi, qu’est-ce que tu fous là! Laisse-moi deviner! Les autres t’ont appelé au secours je parie! Ca m’étonne qu’ils aient pas encore fait débarquer Hélène et Nicolas tiens! (riant jaune)
Christophe doux mais ferme:-On est inquiets pour toi Manue!
Manuela:-J’vois pas pourquoi! Je vais très bien! Tu le vois pas?
Christophe:-Tu n’es pas dans ton état normal…
Manuela:-Mon état normal? Qu’est-ce que t’en sais toi de mon état normal? Tu t’es barré à l’autre bout du monde!
Christophe blessé:-Adeline…
Manuela le défiant du regard:-Ca suffit! J’ai plus envie de discuter! Ben, Franck? Vous venez, on se tire!
Ben:-Ouais, on s’barre! (reposant Christophe)Y’a trop de pollution ici!
Franck prenant Manuela par la taille:-Allez, viens poulette! J’ai bien envie de rentrer à la maison!
Christophe sentait son sang bouillir à l’intérieur, ses narines se pinçaient sous le coup de la colère. Il devait se retenir pour ne pas sauter au cou de ces types qui posaient leurs sales mains sur Manuela.
Manuela offrit son cou aux baisers de Ben et Franck, mais quand son regard rencontra celui de Christophe, elle les repoussa, honteuse, et précipita leur départ. Elle se détestait. Elle refusait que Christophe puisse la voir ainsi, qu’il voie ce qu’elle était devenue. Le jugement du jeune homme comptait pour elle plus que celui de n’importe qu’elle autre personne. Elle ne supportait pas de voir dans ses yeux de la déception et de la peine. Christophe, trop abasourdi par le spectacle que venait de lui offrir Manuela, et qui était bien loin de l’image qu’il conservait de la jeune femme, ne parvint pas à réagir quand elle quitta la cafétéria. Il resta un moment, debout, là, au milieu de la foule, à fixer cette double porte par laquelle elle avait disparu avec ces deux types, avant de bouger enfin.
Il ne rentra pas tout de suite à la maison, beaucoup trop secoué par cette rencontre, et alla marcher le long des bords de Seine pour réfléchir. Qu’allait-il faire maintenant? Que pouvait-il faire? La jeune femme qu’il venait de rencontrer n’était plus Adeline, son Adeline-ou Manuela, comme elle se faisait appeler aujourd’hui-, il ne la reconnaissait plus. Elle qui était si douce, si pudique autrefois. Elle avait tellement changé. Pourtant, dans son regard, il avait cru un instant apercevoir l’Adeline d’autrefois.
Au bout d’une heure à marcher sans but précis, il finit par rentrer à la maison et avouer son échec à ses amis. Ceux-ci lui sourirent tristement, tentant de le rassurer. Manuela s’était enfermée sur elle depuis trop longtemps pour qu’en un instant, comme par magie, tout redevienne comme avant. Christophe avait haussé une épaule. Il savait qu’ils avaient raison, mais cela ne le consolait pas pour autant.
La journée se passa sans que Manuela ne réapparaisse. Ils dînèrent sans elle, puis, malgré leur inquiétude, allèrent se coucher les uns après les autres.
Dans sa chambre, allongé dans le noir, Christophe ne parvenait pas à trouver le sommeil. Les yeux fixés sur les chiffres luminescents du radio réveil, il regardait le temps s’écouler lentement tandis que dans sa tête se bousculaient les questions. Il était trois heures du matin: où pouvait bien être Adeline? Que pouvait-elle faire? Avec qui? Tout ce qu’il parvenait à s’imaginer en réponse à ces questions ne faisait que renforcer ses craintes. L’oreille aux aguets, il guettait le moindre petit bruit dans la maison, espérant l’entendre rentrer. Il savait qu’il ne pourrait pas s’endormir tant qu’il ne la saurait pas à l’abri entre ces murs. Soudain, alors qu’il ne s’y attendait plus, et alors qu’il s’apprêtait à se retourner pour la énième fois, il sursauta en entendant la porte d’entrée grincer. Il se redressa instantanément, hésita une seconde, et se leva. Depuis le palier, il observa Manuela qui était assise sur le canapé, la tête entre ses mains, et son cœur se serra. Elle avait l’air si fragile ainsi. Il ne rêvait que d’une chose, descendre, la prendre dans ses bras et lui promettre que tout irait bien. Mais il savait que ce n’était pas une bonne idée. Pas maintenant. C’était encore trop tôt. Mais pourtant…Il ne pouvait rester sans rien faire. Il se passa une main sur le crâne et poussa un profond soupir avant de se décider à aller la rejoindre au salon. L’entendant descendre l’escalier derrière elle, elle sursauta, avant de lui lancer un regard de défi auquel il ne répondit pas.
Christophe:-Salut…
Manuela agressive:-Qu’est-ce que tu fais debout? Tu m’surveilles?
Christophe restant à distance raisonnable d’elle:-J’étais inquiet. Tu aurais dû nous dire que tu rentrais tard!
Manuela s’énervant aussitôt:-T’es pas mon père! J’ai pas de compte à te rendre!
Christophe:-Non, c’est vrai, je ne suis pas ton père! (ironique)Excuse-moi de m’inquiéter!
Manuela:-C’est bon! Lâche-moi!
Christophe en colère:-J’te lâche oui! Mais ça n’empêchera pas que je m’inquiète pour toi! J’pige pas ce que tu fous avec ces deux abrutis! Tu vaux tellement mieux que ça!
Manuela s‘énervant aussi:-Qu’est-ce que tu peux savoir toi?
Christophe:-J’en sais assez pour avoir compris que tu mens quand tu dis que tu vas bien!
Manuela appuyant sur ses mots:-Je vais très bien! Le seul truc qui ne va pas, c’est toi! Tu me fatigues! J’monte me coucher!
Joignant le geste à la parole, elle passa devant lui sans lui accorder un regard, et s’éloigna dans les escaliers. Il la regarda monter les marches le cœur gros, et se laissa retomber dans le fauteuil, fatigué: Si Manuela refusait de lui parler, ou même de l’écouter, comment pourrait-il l’aider? Il se passa la main dans ses longs cheveux détachés et soupira. De fatigue. De lassitude. De peine. Avant de monter se coucher à son tour. Sur le palier, il ne put s’empêcher de marquer un arrêt devant la chambre de Manuela, et de frôler la poignée du bout de ses doigts avant de se reprendre: il valait mieux la laisser dormir, ce soir toute discussion resterait vaine. Il se recoucha et, un peu rassuré de savoir Manuela dans son lit, finit par s’endormir.
Quand il se réveilla le lendemain, ou plutôt quelques heures plus tard, Christophe constata que les autres étaient tous partis. Tous, à l’exception de Manuela qu’il entendait s’agiter derrière sa porte de chambre. Il décida de préparer un plateau pour le petit déjeuner et de le lui monter, trouvant en ça une excuse pour frapper à sa porte. Elle ne lui ouvrit pas tout de suite, mais au bout de quelques minutes, finit par répondre aux coups frappés à sa porte. En le voyant ainsi face à elle, un magnifique plateau à la main, elle ne put s’empêcher de lui sourire, avant de reprendre, presque instantanément, son visage sombre.
Christophe brisant le silence:-Salut…
Manuela:-Salut!
Christophe désignant la nourriture:-J’me suis dit que t’avais peut-être faim. (devant son silence) J’peux entrer?
Manuela hésita quelques secondes, manquant de lui répondre non, mais finalement, sans rien dire, s’écarta de la porte et le laissa entrer tandis qu’elle s’asseyait sur son lit.
Christophe refusant de laisser le silence s’installer, posant le plateau sur un meuble:-J’te dérange pas j’espère?
Manuela un peu perdue:-Ca va.
Christophe content:-Super! (lui tendant un verre) Tiens, j’ai pressé des oranges comme tu les aimes.
Manuela touchée:-Merci Christophe.
Christophe:-De rien. (voyant ses yeux fatigués) Tu as dormi un peu?
Manuela se refugia, le nez dans son verre, pour ne pas avoir à répondre tout de suite. Tristement, Christophe regardait les cernes foncées qui marquaient très visiblement le visage de la jeune femme.
Manuela mal à l’aise:-Ouais…(Avouant) J’ai connu mieux.
Christophe:-Je me doute…
Il lui posa sa main sur la sienne, mais elle la retira vivement, comme si elle la brûlait.
Christophe:-Excuse-moi.
Manuela sans rien dire, se leva de son lit, enfila ses pantoufles et sortit de la chambre, précisant simplement d’une voix décidée:-Faut qu’j’prenne ma douche!
Christophe soupira. Malgré un léger mieux, elle refusait toujours tout contact, et continuait à se refermer sur elle-même.
La toilette de la jeune femme dura plus d’une heure, et quand enfin il l’entendit descendre au salon, Christophe eut envie d’essayer encore de lui parler. Elle ne lui en laissa pas le temps, précisant qu’elle devait sortir « tout de suite! » En insistant bien sur ces derniers mots, les accompagnant d’un regard agressif!
Christophe avec un regard noir:-Très bien! Fais ce que tu veux! Si tu préfères être avec ces deux…(se retenant)Plutôt qu’avec nous!
Manuela:-Ben et Franck sont…(cynique) Distrayants! Vous, vous êtes ennuyeux à mourir!
Christophe:-Si tu penses qu’avoir une vie normale avec des gens qui vous aiment et qu’on aime c’est ennuyeux, alors t’as raison: on est ennuyeux! Mais tes deux abrutis ne t’apporteront jamais ce dont tu as besoin!
Manuela:-Qu’est-ce que t’en sais ce dont j’ai besoin?
Christophe sûr de lui:-Je te connais!
Manuela:-Ouais, c’est ça! Bon j’peux me barrer maintenant? On m’attend!
Christophe lâchant prise pour le moment:-Fais ce que tu veux! J’vais pas t’attacher de toute façon!
Avant de partir, elle posa un regard sur Christophe qui fit comprendre à ce dernier qu’enfouie tout au fond, sa Adeline d’autrefois existait toujours. Mais il avait l’impression qu’il allait falloir creuser profondément pour la retrouver.
Les jours qui suivirent se passèrent sur le même modèle: Christophe essayait de lui parler, elle se refermait. Ils se disputaient, elle partait. Elle passait du temps avec ses deux soit disant amis, Christophe bouillait, attendant son retour avec une impatience de plus en plus vive. Même José et Olivier avaient fini par s’avouer que Christophe n’était finalement peut-être pas leur solution miracle. Alors quelle solution? Ils n’avaient plus d’autre idée! Que pouvaient-ils faire de plus qu’ils n’avaient pas déjà tenté? Si tous se refusaient à baisser les bras, le moral était au plus bas. Même les solutions les plus désespérées leurs semblaient perdues d’avance. Prévenir Hélène et Nicolas? A quoi bon? Si Christophe ne parvenait à rien, était-il réellement utile de faire traverser à leurs amis 15 000km par les airs pour un résultat sans doute similaire? Non…Faire hospitaliser Manuela? Sous quel prétexte? C’était peut-être la solution, qui sait? Mais elle seule aurait pu prendre la décision, et ils doutaient fortement qu’elle accueille l’idée avec joie et bienveillance. Encore moins maintenant: depuis le retour de Christophe, elle était devenue plus agressive et plus distante encore. Olivier et José en étaient désolés pour leur ami. Tous l’étaient. Christophe, lui, essayait de ne pas trop se laisser toucher par les mots derrières lesquels, il le savait, Manuela se cachait en un mécanisme de défense. Il ne devait pas les prendre pour lui, ne pas la fuir, ni l’agresser à son tour, au risque de la perdre vraiment. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, et quelquefois, ses propres paroles dépassaient sa pensée.
Comme ce matin. Il s’en voulait terriblement. Tout avait pourtant assez bien commencé. Elle était descendue à l’heure du petit déjeuner -chose rare s’il en était dernièrement-avait marmonné un « bonjour » à tous, ce qui leur avait presque rendu le sourire, s’était emparée des croissants de Laly, si surprise et heureuse qu’elle n’avait pas râlé, et s’était assise sur un des tabourets du bar, les y observant en silence.
Flash back
Christophe plein d’espoir:-Tu ne voudrais pas plutôt t’assoir avec nous? (se décalant un peu) Y’a de la place encore.
Manuela le regardant avec dédain:-J’crois pas, non! J’suis très bien où je suis!
Christophe:-Mais c’est pas pratique pour parler, (se levant pour aller la chercher) S’il-te-plaît!
Manuela le repoussant:-Lâche-moi! J’ai pas envie de vous parler moi! J’ai rien à vous dire! Et puisqu’on ne peut pas déjeuner tranquillement ici (lançant son croissant avec colère) J’me casse!
Christophe qui n‘avait encore pas dormi, pour la troisième nuit consécutive, avait du mal à se contenir face aux regards de mépris et à la défiance dont faisait preuve envers lui Manuela.
Christophe sans réfléchir:-C’est ça! Fais c’que tu veux! J’te retiens pas!
Manuela ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Elle lui lança alors un regard noir, attrapa ses affaires et quitta la maison folle de rage, José lancé à sa suite.
A peine les mots étaient-ils sortis de la bouche de Christophe que celui-ci s’en était voulu terriblement. Mais c’était trop tard.
Revenant à pas traînants sans être parvenu à rattraper Manuela, José adressa à son ami un regard d’incompréhension.
José sarcastique:-Génial! (le pouce en l’air)Bravo!
Christophe honteux, la tête basse:-Je suis désolé…J’sais pas c’qui m’a pris.
Linda lui prenant la main:-T’inquiète pas, on comprend. C’est pas facile, hein…
Christophe avouant:-Non, vraiment pas facile.
Il poussa un soupir de découragement , et se prit la tête entre les mains, visiblement épuisé.
Bénédicte lui souriant tristement:-Tu devrais aller t’allonger un peu. A ce rythme là, tu ne tiendras plus longtemps…
Le jeune homme hésita mais, devant l’évidence -il ne serait bon à rien dans un tel état de fatigue-, et son besoin de rester seul pour réfléchir, acquiesça et rejoignit sa chambre.
Fin du flash back
Allongé depuis plus de deux heures sur son lit, dans cette grande maison vide, Christophe fixait le plafond sans parvenir à s’endormir, culpabilisant. Comment aurait-il pu trouver le sommeil, alors qu’il savait Adeline dehors avec ces deux types, par sa faute? Non, pas par sa faute, mais…Si. Si, quand même! Et que pouvaient-ils bien faire tous les trois? Le cerveau tourmenté de Christophe lui ramenait en mémoire ces images de Ben et Franck en train de la toucher, de l’embrasser! De se vautrer sur elle! Comment pouvait-elle supporter ça? Couchait-elle avec eux? Se pouvait-il qu’ils lui fassent l’amour. Non! Non! Christophe ne pouvait envisager ça! Son Adeline n’était pas une traînée! Ce n’était pas le genre de fille à coucher dès le premier soir, et il en était sûr, encore moins depuis le viol!
Un bruit dans l’escalier le sortit de ses pensées, et il écouta distraitement les bruits du couloir, essayant de deviner lequel de ses amis était rentré le premier. Se rendant rapidement compte que du bruit provenait de la chambre voisine, celle de Manuela, il se redressa et dressa l’oreille, le cœur battant, cherchant à savoir si elle était seule, et ce qu’elle faisait. Après un court moment d’hésitation, il se leva et se dirigea vers la chambre de la jeune femme dont la porte était restée grande ouverte. Voyant ce qu’Adeline faisait, Christophe resta figée une seconde, essayant de comprendre. Que faisaient ces valises sur le lit? Et ces tas de vêtements éparpillés tout autour? Qu’est-ce que ça voulait dire?
Christophe incrédule:-Adeline?
La jeune femme qui ne l’avait pas entendu se retourna vers lui, surprise, et lui adressa un regard noir!
Manuela agressive:-T’es là toi!
Christophe s’avançant vers elle, calme:-Adeline (lui prenant le poignet pour qu’elle le regarde)qu’est-ce que tu fais?
Manuela dégageant son bras:-Ca se voit pas ce que je fais? J’me barre de cette baraque! Voilà ce que je fais!
Christophe:-Mais…(essayant de rester calme) Tu ne peux pas partir! Et puis, où tu vas aller? C’est ici chez toi!
Manuela:-Ben plus maintenant! Et j’suis majeure et vaccinée! J’fais ce que je veux! (s’énervant) Y’en a marre que vous vous preniez tous pour mes parents! Toi, José, Linda! Mais foutez-moi la paix! J’ai pas besoin de vous!
Christophe la retenant, la fixant dans les yeux:-On veut t’aider!
Manuela:-Mais faut vous le dire comment! J’ai pas besoin d’aide! J’vais très bien! C’est vous qui me gâchez la vie!
Christophe:-Non! C’est toi qui es en train de te gâcher la vie! Tu fais n’importe quoi! Et moi je veux pas que tu aies des regrets! Que tu fasses des conneries et…
Manuela le coupant:-J’m’amuse! C’est de mon âge! Vous êtes tous coincés! Vous ne pigez rien!
Christophe:-Si! Si on comprend que t’es en train de te détruire Adeline! Et moi j’peux pas te laisser faire ça!
Manuela criant et pleurant:-Y’a plus d’Adeline! Y’a longtemps qu’elle est morte!
Christophe la retenant toujours:-Non! Non elle n’est pas morte! Elle est là! Elle est devant moi! Regarde-moi!
Manuela le repoussant violemment:-Laisse-moi! Rentre chez toi! J’veux plus te voir!
Christophe ne cédant pas:-Non! Non, je ne te laisserai pas!
Manuela:-De toute façon, c’est moi qui me casse! (le fixant méchamment)
Christophe soutenant son regard:-Tu peux toujours partir, mais moi j’te laisserai pas!
Manuela acide:-Tu ferais mieux de te trouver une fille! Ca t’occuperait et tu me foutrais la paix!
Christophe:-J’peux pas te foutre la paix!
Manuela:-Mais moi j’peux te pourrir la vie!
Christophe:-Fais ce que tu veux! J’prends le risque! Tu peux faire ce que tu veux, j’te lâcherai jamais! (la fixant dans les yeux, la retenant, décidé) Pas tant que t’auras besoin de moi!
Manuela pleurant, se débâtant:-J’ai pas besoin de toi! J’ai pas besoin de toi!
Christophe l’enserra dans ses bras, tentant de la calmer, tandis qu’elle le frappait de rage et de colère.
Christophe sans fléchir:-Chut…Chut…
Manue! Regarde-moi! Si toi tu ne t’aimes pas, moi je t’aime!
Les mots de Christophe n’eurent pas immédiatement l’effet escompté, mais peu à peu, la jeune femme sembla tout de même se calmer. Perdre en rage et en colère. Alors il la serra plus fort, mais plus tendrement aussi, la berçant doucement, sa joue posée contre la tête de la jeune femme. « Chut » répéta-t-il, tout en l’aidant à s’assoir sur le lit. « Ca va aller, je te le promets. Ca va aller » Des sanglots secouaient Manuela: pour la première fois depuis son retour, il la voyait laisser échapper sa peine sans tenter de fuir. Au contraire: elle s’accrochait à lui comme elle se serait accrochée à une bouée, essayant de sortir la tête de l’eau. Et il la soutenait: il ne la laisserait pas se noyer dans sa douleur. Il l’aimait trop, elle comptait trop. Et il lui avait dit, sans réfléchir. Parce qu’il ne savait plus quoi faire. Parce qu’il fallait qu’elle sache, qu’elle comprenne que non, il ne la laisserait pas. Non, il n’abandonnerait pas, parce que ce n’était pas lutter pour elle qui était trop difficile, mais bien ne rien faire et la perdre.
Ils restèrent ainsi, sans rien dire, près d’une heure, jusqu’à ce qu’on sonne à la porte d’entrée. Christophe soupira: il n’avait aucune envie d’aller ouvrir. Un second appel lui provoqua un grognement et il se décida tout de même à laisser Manuela quelques minutes pour aller ouvrir au visiteur indésirable.
Christophe se détachant d’elle doucement:-Reste là ma puce, je reviens…
Elle hocha la tête et se réfugia, ses genoux remontés devant elle, dans un coin de son lit, son oreiller serré contre elle. Elle se sentait si mal, si vide, si perdue surtout. Elle serra les paupières aussi fort qu’elle le pouvait et rejeta la tête en arrière, en appui contre le mur. Qu’est-ce qu’elle avait fait? Qu’est-ce qu’elle faisait? Son regard se posa sur la valise entamée posée au sol et son cœur se serra. Toutes ses certitudes avaient disparu. Qu’allait-elle faire? Partir avec Ben et Franck? Rester ici, avec ses amis? Avec Lui, Christophe? Elle ne savait plus. Elle entendit du bruit en bas et tendit l’oreille: une dispute. Elle serra un peu plus fort son coussin contre elle, reconnaissant la voix de ses deux « joujoux » qui s’adressaient avec colère à Christophe. Un sanglot s’échappa de sa bouche, malgré elle…La voix de Christophe résonna à son tour.
-Elle ne viendra pas avec vous! Foutez-lui la paix!
-Ah ouais! Ben on va lui demander!
-Dégagez de cette maison!
-On dégagera dès que Manuela sera avec nous! (Appelant) Manuela! Poupée! Viens là, y’a ton chien de garde qui essaye de nous empêcher de te voir!
-Je vous interdis de monter! Vous n’avez rien à faire chez nous!
Un bruit de chute suivit.
-Ca, le guignol, tu vas me le payer! Tiens-le Franck, que je lui refasse le portrait!
Ils se battaient…Manuela se crispa et, hésitante, repoussa son oreiller et sortit de sa chambre. Depuis le palier, elle vit Ben et Franck qui s’acharnaient sur Christophe, tandis que celui-ci se défendait tant qu’il pouvait. Elle resta figée quelques secondes avant de hurler « Arrêtez! ». Les trois hommes stoppèrent immédiatement, relevant les yeux vers elle. « Arrêtez » répéta-t-elle.
Franck:-Eh! T’énerve pas poussin! C’est pas notre faute, c’est ton guignol de copain qui veut encore rien comprendre!
Christophe essuyant sa lèvre en sang:-Adeline…
Ben moqueur:-On t’a déjà dit qu’elle s’appelait Manuela! Hein princesse?
Manuela un peu perdue:-Ou…oui…
Ben lui tendant la main:-On est venus t’aider à porter tes valises, tu viens?
Manuela:-Je…
Franck:-Où sont tes affaires?
Manuela paumée:-Elles…En haut, mais…
Franck fronçant les sourcils, regardant tour à tour Manuela et Christophe:-Y’a un malaise?
Manuela:-Non…Non…Y’a…
Christophe intervenant:-Elle n’a plus envie de vous suivre! Alors fichez-lui la paix et dégagez de la maison!
Ben fixant Manuela:-Ça, c’est à elle de décider! Pas à toi espèce de crétin! Princesse?
Christophe sentait ses poings le démanger et ne se retenait qu’avec difficulté, attendant sûrement autant que Ben et Franck la réponse de la jeune femme. Elle passa son regard des uns aux autres et baissa les yeux. Elle inspira profondément et évita le regard de Christophe.
Manuela:-Je reviendrai chercher mes affaires plus tard…
Christophe tentant de la retenir :-Manue!
Elle évita à nouveau son regard et, tandis que Franck, le sourire triomphant, lui prenait le bras, elle suivit les deux garçons. Christophe ne devait et ne pouvait pas la laisser faire. Surtout pas. « Manue! » répéta-t-il tandis qu‘elle s‘apprêtait à franchir la porte à la suite des deux autres « Ne fais pas ça! ».
Manuela stoppa un instant mais ne se retourna pas, puis, entraînée par Ben et Franck, elle quitta la maison.
Christophe se précipita derrière eux: elle ne pouvait pas! Elle devait rester ici, avec eux, avec lui, et enfin accepter leur aide! Il la rattrapa à quelques mètres, et l’attrapa par l’épaule.
Christophe:-Manue! Qu’est-ce que tu fais?!
Ben le repoussant:-Elle vient avec nous, alors tu lui fiches la paix!
Franck le bousculant à son tour:-T’as perdu: Game-over! Capish?
Christophe les repoussant à son tour:-C’est pas un jeu!
Franck sarcastique:-Mais t’as perdu quand même! Manue est à nous! (passant sa main sur la nuque de la jeune fille), hein poupée?
Manuela sursauta au contact de cette main et recula, un éclair de terreur dans son regard. Christophe le remarqua immédiatement et se placa entre elle et Franck!
Franck surpris et mécontent:-A quoi tu joues Manuela! Tu n’aimes plus que je te touche!
Ben riant:-Je t’ai toujours dit qu’elle préférait mes caresses! (Attirant la jeune femme à lui? La touchant). N’est-ce pas Manuela?
Sans répondre, les yeux remplis de panique, au bord des larmes, Manuela s’accrocha au regard de Christophe comme dans un appel au secours silencieux, avant de murmurer « Je m’appelle Adeline» .
Mais déjà Christophe avait empoigné Ben par le col de son tee-shirt et l’avait projeté en arrière pour qu’il retire ses mains d’Adeline. La colère et la fureur l’envahissaient totalement, plus qu’elles ne l’avaient jamais fait. Franck se précipita sur Christophe, et Adeline, sans savoir comment, se mit à hurler « Au secours! » tandis que ses deux soi-disant amis s’acharnaient sur Christophe qui était bien décidé à ne pas se laisser faire. Un passant, alerté pas les cris de la jeune femme se précipita pour aider le jeune homme, tandis qu’un autre était parti prévenir les gendarmes. Bientôt maîtrisés, Ben et Franck lancèrent contre Adeline et Christophe un long chapelet de menaces jusqu’à l’arrivée des services de l’ordre. Adeline, elle, s’était réfugiée dans les bras de Christophe, ses doigts accrochés à son tee-shirt, et pleurait, répétant en boucle « Pardon, pardon… »
Il la berça doucement, il la berça longtemps, avant qu’elle ne parvienne à se calmer. Une fois Ben et Franck partis avec les gendarmes et la promesse faite à ces derniers de venir faire leur déposition un peu plus tard, il l’entraîna dans la maison, et se posa avec elle sur le canapé.
Christophe tentant de la rassurer:-Chut…C’est pas grave…
Adeline se répétant:-Pardon…
Christophe la serrant contre lui, l’embrassant sur le front:-C’est rien…C’est rien…
Adeline:-J’voulais pas…j’voulais pas…
Christophe la regardant dans les yeux:-Je sais.
Manuela posant sa main sur le visage du jeune homme, culpabilisant:-Tu saignes…Et tu es plein de bleus…
Christophe avec un léger sourire:-Ils sont plus abîmés que moi…Le principal c’est que tu sois là…
Elle lui rendit son sourire et baissa les yeux avant d’enfouir sa tête dans le cou du jeune homme et de lui murmurer « merci ». Il posa sa joue contre sa tête et n’ajouta rien. Même s’il ne lui avouerait pas, il avait eu peur. Peur de la perdre encore, peur de ne pas réussir à la retenir, peur tout simplement. Il la sentait trembler tout contre lui et son cœur s’en serrait plus encore.
Quand les autres arrivèrent quelques minutes plus tard, ils étaient toujours là, dans cette même position, sur ce même canapé.
Linda sa main devant sa bouche:-My God…
José abasourdi:-Ma…Manue, Christophe? Mais qu’est-ce qui s’est passé? (faisant référence aux blessures de Christophe) Qu’est-ce qui t’est arrivé?
Laly:-Vous vous êtes battus? Lequel des deux a gagné?
Christophe riant:-Adeline!
Laly:-Normal, on est les meilleures!
Bénédicte s’accroupissant auprès d’Adeline:-Manue? Ca va?
Adeline, le regard un peu perdu:-Je m’appelle Adeline…
Bénédicte répétant un peu surprise:-Adeline…
Christophe serrant la main d‘Adeline, expliquant:-On a eu une après-midi mouvementée…
José:-On dirait bien oui.
Christophe confiant:-Mais maintenant ça va aller…(changeant de sujet) Vous étiez tous ensemble?
José:-Hein…Euh, ouais, on a été prendre un verre à la cafète. Mais tu veux pas nous expliquer?
Christophe regarda Manuela qui approuva d’un léger mouvement de tête, et laissa échapper un long soupir avant de demander à ses amis de s’asseoir et de leur faire un récit succinct des événements.
Tout le monde se sentit soulagé de savoir qu’Adeline se soit enfin sortie de l’emprise de Ben et Franck, mais personne ne fit de commentaire. Pas même Laly. Comme elle l’avait fait plus tôt avec Christophe, Adeline, la gorge serrée, leur murmura « Pardon ».
José:-Pardon de quoi Manue?
Adeline:-De tout…de tout ça…de tout ce que je vous ai fait subir, je…
Linda la coupant, la serrant dans ses bras, l’embrassant sur la joue:-Ne sois pas désolée, le principal pour nous c’est que tu sois là…
Adeline accepta l’étreinte de son amie pour la première fois depuis des semaines et les deux filles pleurèrent dans les bras l’une de l’autre.
Adeline avouant dans un souffle:-Je vais pas bien…
Bénédicte lui prenant la main:-On sait Manue…
José l’embrassant sur la tête, adressant un regard de reconnaissance à Christophe:-On est là. Avec toi…
Laly émue, l‘embrassant:-Tu te débarrasseras pas si facilement de nous…Et même, tu sais quoi? Je vais te faire ma fameuse soupe!
Adeline posant sa main sur le bras de son amie:-Merci ma Laly, mais…Pas maintenant. S’il-te-plaît…
Laly:-Ben d’accord. Tout à l’heure alors!
Christophe prenant la main d’Adeline:-Tu veux aller t’allonger un peu? (Elle approuve d’un signe de tête, il l‘aide à se relever) Viens…
Allongée sur son lit, Christophe assis auprès d’elle, et ses affaires dispersées à droite à gauche de la pièce, Adeline poussa un long soupir.
Adeline:-Je suis tellement fatiguée…
Christophe:-Essaye de dormir un peu…
Adeline:-Je ne crois pas que je pourrais, j’ai…
Christophe, lui caressant les cheveux: Je reste près de toi, tu ne crains rien. (la voyant toujours hésitante) Tu veux bien essayer? Pour moi?
Adeline:-D’accord…
Elle ferma les yeux et, la tête reposée sur les genoux de Christophe, se laissa bercer par la douceur de ses caresses dans ses cheveux et par sa présence rassurante. Elle s’endormit finalement sans s’en rendre compte…
Deux mois plus tard:
Quelqu’un frappa à sa porte et Adeline sursauta et laissa retomber le pull qu’elle tenait, avant de se ressaisir et d’inviter son visiteur à entrer.
Christophe:-Adeline? (Elle lui répondit d’un sourire rayonnant)Je ne t’embête pas?
Adeline:-Non, j’avais presque fini.
Christophe:-Moi, ça y’est, je suis prêt à décoller…
Adeline:-Tes bagages sont prêts?
Christophe:-Oui, tout est prêt…Tu es sûre que ça va aller?
Adeline: Je crois…
Christophe:-Tu vas voir, je suis sûr que tu vas adorer New-York! (s’inquiétant) Je me demande juste si…Les autres ne vont pas trop te manquer?
Adeline souriant:-On va tous se retrouver à Sydney dans moins de deux mois, je devrais pouvoir y arriver…Christophe (Après une pause)Je suis contente qu’Hélène et Nicolas se marient.
Adeline:-Et puis (faisant le tour de la pièce du regard) j’ai besoin de changer d’air…De voir autre chose, ici…(elle laissa sa phrase en suspension)
Christophe approuvant en silence:-New-York sera parfait pour ça.
Adeline lui souriant timidement:-Du moment que tu es avec moi…
Christophe:-Je t’ai promis, je serai là tant que tu auras besoin de moi
Adeline levant les yeux vers lui:-Toujours?
Christophe, hésitant un instant, posant doucement sa main sur sa joue, sans détacher son regard du sien, avança timidement son visage vers le sien et frôla de ses lèvres celles de la jeune femme. Elle se laissa faire, frissonnant d’émotion autant que d’appréhension, et le jeune homme lui déposa un tendre baiser auquel elle répondit bientôt, un peu maladroitement, tout en douceur.
Christophe dans un souffle, sans quitter ses lèvres:-Pour toujours…
Fin

Avrildemai-

Nombre de messages: 908
Age: 31
Date d'inscription: 19/07/2009
Re: 29 : FF : Après le viol de Manuela, Christophe, prévenu par Olivier, revient.
Waouuuuuuuuuuuuuuuuuh
Quelle petite merveille cette fic !!!
Merci mon Hélo
A chaque instant, je me suis demandé si Christophe allait réussir !!!
Ca n'a ni été trop vite, no trop long, juste ce qu'il faut !!
C'est superbement bien écrit, je n'ai eu aucun mal à me mettre la situation dans la tête, je voyais même les images dans ma tête.
C'était pas gagné car pour l'avoir vécu dans la série avec Linda, on imagine l'état et l'agressivité de Manuela à cette période alors là face à Christophe, c'était pas gagné pour lui. Il n'a jamais abandonné évitant du coup ce qui c'était passé en vraie dans la série.
Christophe is the best !!!!! Il l'aime son Adeline et il a été capable de tout plaquer pour l'aider et en plus les années ont fait que Manue s'est aperçue de l'homme qu'était Christophe en lui ouvrant son coeur et pour toujours comme elle le demande !!!
J'ai eu des moments ou mes larmes coulaient mais la fin fut si belle que je n'ai pas su me retenir et éclatée en pleurs, trop sensible mais c'était une histoire belle !!!
L'année prochaine, je réfléchirais à d'autres sujets et puis je demander un truc supplémentaire ???
Peut-il y avoir une petite suite ? Allllleeeeeeeeeeeeeeeezzzz, je veux voir ce que ça donnerait en continuant !!!!!!!
Maintenant j'ai un gros défi faire aussi bien que toi.
Quelle petite merveille cette fic !!!
Merci mon Hélo
A chaque instant, je me suis demandé si Christophe allait réussir !!!
Ca n'a ni été trop vite, no trop long, juste ce qu'il faut !!
C'est superbement bien écrit, je n'ai eu aucun mal à me mettre la situation dans la tête, je voyais même les images dans ma tête.
C'était pas gagné car pour l'avoir vécu dans la série avec Linda, on imagine l'état et l'agressivité de Manuela à cette période alors là face à Christophe, c'était pas gagné pour lui. Il n'a jamais abandonné évitant du coup ce qui c'était passé en vraie dans la série.
Christophe is the best !!!!! Il l'aime son Adeline et il a été capable de tout plaquer pour l'aider et en plus les années ont fait que Manue s'est aperçue de l'homme qu'était Christophe en lui ouvrant son coeur et pour toujours comme elle le demande !!!
J'ai eu des moments ou mes larmes coulaient mais la fin fut si belle que je n'ai pas su me retenir et éclatée en pleurs, trop sensible mais c'était une histoire belle !!!
L'année prochaine, je réfléchirais à d'autres sujets et puis je demander un truc supplémentaire ???
Peut-il y avoir une petite suite ? Allllleeeeeeeeeeeeeeeezzzz, je veux voir ce que ça donnerait en continuant !!!!!!!
Maintenant j'ai un gros défi faire aussi bien que toi.

Celine-

Nombre de messages: 386
Age: 28
Localisation: La Chaussée Saint-Victor (41)
Date d'inscription: 27/04/2009
Re: 29 : FF : Après le viol de Manuela, Christophe, prévenu par Olivier, revient.
C'est une très jolie histoire, bravo Hélo.
Christophe était très touchant dans cette FF et tu as réussis à me le faire aimer encore +
Bravo la miss ^^
Christophe était très touchant dans cette FF et tu as réussis à me le faire aimer encore +
Bravo la miss ^^

Jonathan- Nombre de messages: 705
Age: 25
Date d'inscription: 17/05/2007
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» Après la réunion du 08/02/10
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