15: Suite à l'épisode 39 LVA, Nicolas part rejoindre Hélène en Australie.
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15: Suite à l'épisode 39 LVA, Nicolas part rejoindre Hélène en Australie.
Sophie et moi n'avons pas eu le temps de la finir mais promis: vous l'aurez tres tres vite ^^

Avrildemai-

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Age: 31
Date d'inscription: 19/07/2009
Re: 15: Suite à l'épisode 39 LVA, Nicolas part rejoindre Hélène en Australie.
merci mais tinquiete pas!!!!
nous même on aurait voulu faire plus mais des allers retours trèèès fréquents vers une certaine destination(lol) ces dernieres semaines nous ont contraint de mettre de cotés les créa...
nous même on aurait voulu faire plus mais des allers retours trèèès fréquents vers une certaine destination(lol) ces dernieres semaines nous ont contraint de mettre de cotés les créa...

sandrineetflorent- Nombre de messages: 32
Date d'inscription: 11/11/2010
Re: 15: Suite à l'épisode 39 LVA, Nicolas part rejoindre Hélène en Australie.
je me demande bien vers où
!!!
Ne vous inquiètez pas: elle est bien entammée, mais on ne voulait pas la bacler! ^^
Ne vous inquiètez pas: elle est bien entammée, mais on ne voulait pas la bacler! ^^

Avrildemai-

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Date d'inscription: 19/07/2009
Re: 15: Suite à l'épisode 39 LVA, Nicolas part rejoindre Hélène en Australie.
Avrildemai a écrit:je me demande bien vers où!!!
Ne vous inquiètez pas: elle est bien entammée, mais on ne voulait pas la bacler! ^^
Ah bon, vous voyagez souvent vous?
Elle est en bonne voie donc si on garde le rythme, ce sera pour très bientôt

kimmy- Nombre de messages: 457
Date d'inscription: 04/11/2008
Re: 15: Suite à l'épisode 39 LVA, Nicolas part rejoindre Hélène en Australie.
Cadeau pour vous 2 de la part de Sophie et moi!
Merci à Melodie pour ses corrections
Guillaume:-Toujours aussi romantique, hein!
Nicolas:-Ouais.
Guillaume:-A propos, Hélène va bien. Elle t’embrasse.
Nicolas troublée:- Hélène?
Guillaume:-Tu l’as pas oubliée
Nicolas un peu triste:- C’est pas le genre de fille qu’on oublie comme ça tu sais.
Guillaume sûr de lui:-Elle non plus ne t’a pas oublié.
Nicolas s‘accrochant à ses mots:-C’est vrai?
Guillaume:-Ouais.
Jeanne se levant, gênée:-Bon excusez-moi, j’ai des choses à faire!
Nicolas regarda Jeanne rentrer vers la cabane, mais se retourna rapidement vers son ami.
Guillaume embêté:-J’ai gaffé, non?
Nicolas ailleurs:-Hein? Non, non. Non, non. (hésitant) Elle va bien?
Guillaume:-Oui, elle va bien.
Nicolas:-Elle sait que t’es là?
Guillaume:-Oui. Elle m’a même chargé de t’embrasser. Tiens(joignant le geste à la parole et embrassant Nicolas sur la joue.)et au fait, j’oubliais!
Nicolas amusé:-Arrête! (prenant un air triste et embarrassé)Et elle est comment au fait?
Guillaume emballé:-Comme avant: elle a pas changé!
Nicolas baissa la tête, le cœur gros et se gratta la tête avant de relever les yeux vers son ami et de prendre son courage à deux mains pour demander « Elle a un mec? »
Guillaume:-Non. Enfin, j’crois pas. (sûr de lui) En tout cas, rien de sérieux. Pis tu sais, à mon avis, elle pense toujours à toi.
Nicolas triste, la gorge serrée:-Ca, ça m’étonnerait. (détournant le regard, sentant les larmes venir)
Guillaume:-Tu sais, le temps, ça arrange bien les choses.
Nicolas:-Ca dépend des choses! (préférant détourner la conversation) En tout cas, ça me fait bien plaisir de te revoir. (se relevant)Allez viens, je vais te faire découvrir mon île aux trésors.
Nicolas rejoignit Jeanne à la cabane, et tous trois partirent jusqu’au bateau.
Hélène…Malgré tous ses efforts, le jeune homme était resté un peu ailleurs toute la journée. Cette conversation avec son ami l’avait troublé bien plus qu’il ne voulait le laisser paraitre. Avoir des nouvelles d’Hélène, c’était si doux et si dur à la fois. Perdu dans ses pensées, il se repassait les paroles de Guillaume dans sa tête, avec l’impérieuse envie de demander plus, mais à la fois avec la peur de découvrir des choses qui le ferait souffrir un peu plus si c’était possible. Dire qu’il avait cru pouvoir guérir d‘elle. Que sa rencontre avec Jeanne ferait taire tous les sentiments qui vivaient toujours en lui pour Hélène. Son Hélène. Ca n’avait été qu’un leurre, une simple illusion. Comment aurait-il pu oublier son premier amour. « Mon seul amour » rectifia-t-il mentalement. Seul le fait de savoir qu’elle non plus ne l’avait pas remplacé le soulageait un peu. Et Guillaume qui lui affirmait qu’elle pensait toujours à lui. « Si seulement » , soupira-t-il. Si seulement elle pensait à lui, autant que lui pensait à elle.
La nuit était tombée sur Love Island et, assis seul sur la plage, face à la mer, Nicolas ne pouvait s’empêcher de penser à Hélène, aux paroles de Guillaume, de s’imaginer la revoir. Il se l’imaginait si fort que ça lui faisait mal, mais il n’empêcha pas les larmes de lui couler sur les joues. C’était étrange; depuis qu’il était sur cette île, il était toujours parvenu à ne pas craquer, à rester fort, mais le simple fait d’avoir de ses nouvelles le rendait à nouveau fragile. A fleur de peau.
Il se passa la main dans les cheveux, serrant les yeux aussi fort qu’il le pouvait et poussa un long soupir. A l’intérieur de ses paupières, des images d’Hélène lui souriant s’étaient imprimées. Il se mordit la lèvre, et se retourna enfin vers la cabane où Jeanne dormait, puis à nouveau sur l’horizon. Que devait-il faire? Que pouvait-il faire? Continuer à faire semblant? Continuer à se mentir, en espérant que ses mensonges deviennent vérités un jour? Ou bien partir? Tenter d’aller vérifier cet espoir fou qu’Hélène puisse l’aimer toujours, qu’elle ait pu lui pardonner?
Nicolas avisa José endormi dans le hamac devant la cabane, et se décida à le réveiller. Il avait besoin de parler. Tout de suite. Avant de devenir fou. Lui saurait lui dire quoi faire. Du moins, l’espérait-il.
Nicolas secouant son ami:-José? José réveille toi, faut que je te parle!
José émergeant, grognant:-Putain, quelle heure il est?
Nicolas gêné, regardant sa montre:-3h30.
José sursautant:-3h30? Qu’est-ce qui te prend de me réveiller à cette heure-ci?
Nicolas avouant:-J’suis pas très bien. Faut que je te parle.
José inquiet, se redressant:-Qu’est-ce qu’il y a? T’as un problème?
Nicolas ne sachant comment dire:-Non. Enfin…(se passant la main sur le visage)J’suis dans la merde José…
José:-Pourquoi?
Nicolas:-J’crois qu’j’aime toujours Hélène. (se reprenant) J’en suis même sûr.
José ravi, n’en croyant pas ses oreilles:-Quoi? Mais…C’est génial ça! (se reprenant) Enfin…C’est pas facile c’est sûr.
Nicolas:-C’est le moins qu’on puisse dire…
José:-T’as parlé avec ton pote?
Nicolas:-Ouais, justement…Enfin… Un peu.
José curieux:-Et qu’est-ce qu’il t’a dit?
Nicolas:-Qu’elle ne m’a pas oublié, mais…
José:-Mais quoi?
Nicolas:-Je ne sais pas…(la gorge serrée) Si elle ne peut pas me pardonner?
José:-Faut que t’ailles en Australie Nico! Même si t’avais qu’une chance sur 1 million que ça reparte avec Hélène, faudrait que tu y ailles! Tu peux pas rater ça!
Nicolas hésitant:-Et la marina? Et Jeanne? Et…
José maintenant bien réveillé, le coupant:-Tu te cherches de fausses excuses là Nico! Si t’aimes Hélène, tu t’en fous de tout ça! La marina je vais gérer, et Jeanne, soit tu ne lui dois rien, soit tu ne m’as pas tout dit!
Nicolas:-Qu’est-ce que tu veux dire?
José:-T’es avec elle?
Nicolas:-Avec elle? Jeanne?
José:-Ben oui, Jeanne! Qui d’autre?
Nicolas gêné:-Non, bien sûr que non! Enfin…on s’est embrassés quelques fois, mais…J’me sentais pas prêt, et j’lui ai demandé d’attendre.
José:-Ok. Bon, ben, au moins maintenant tu sais pourquoi t’étais pas prêt.
Nicolas:-Ouais…José?
José:-Oui?
Nicolas:-Ca me gêne de te demander ça, mais…Tu pourrais me prêter de l’argent pour le billet d’avion?
José ravi:-Non seulement, je vais te prêter du fric, mais en plus c’est moi qui te conduirai à l’aéroport à la 1ère heure!
Nicolas reconnaissant:-Merci…
José avec un clin d’œil:-Tout ce que je te demande en échange, c’est de nous ramener Hélène quand tu reviendras.
Nicolas touché:-J’te promets de tout faire pour, en tout cas.
José:-J’te fais confiance pour ça!
José avait déposé Nicolas à l’aéroport dès l’aube, et celui-ci était parvenu à trouver une place dans le premier avion en partance pour Sydney. Demain, il serait en Australie. Demain, il serait près d’elle, il pourrait la voir, lui parler, s’expliquer. Enfin. L’espérait-il en tout cas. Mais si elle refusait? Si elle ne voulait plus jamais le voir? Si Guillaume s’était trompé? Peut-être aurait-il dû appeler avant de partir, ou…Il était mort de trouille, et à mesure que les heures défilaient, cette peur ne faisait qu’augmenter. Il passa une énième fois nerveusement sa main dans la poche de son jeans pour vérifier que la clé de l’appartement de Guillaume était toujours là. Ce dernier la lui avait donnée sans hésitation quand Nicolas lui avait confié qu’il repartait en Australie dans le but de reconquérir Hélène, et lui avait souhaité « bonne chance », un large sourire aux lèvres. Guillaume semblait sûr de lui. Pourquoi cela ne parvenait-il pas à rassurer Nicolas?
Le jeune homme plongea son regard à travers le hublot, et laissa son front reposer contre la vitre, son esprit vagabondant à travers ses souvenirs. Il était fatigué, mais beaucoup trop nerveux pour parvenir à trouver le sommeil. Près de lui, un couple de jeunes mariés en route vers leur voyage de noces passait son temps à s’embrasser. Il sourit tristement et se prit à imaginer que c’était Hélène et lui. Se passant la main dans les cheveux, s’étirant, il soupira et regarda sa montre pour la énième fois depuis le décollage.
A 9h42, heure locale, l’avion se posa enfin sur le sol australien, et Nicolas, courbaturé et fatigué, en descendit tout aussi perdu qu’à son départ de Love Island. Perdu, mais déterminé. Déterminé à savoir. A la voir. Parce qu’après ces 26 heures de vol, de réflexions, d’interrogations, il en avait plus que jamais besoin. Il récupéra ses valises, avala un café près de l’aéroport, et prit la route du nouvel appartement d’Hélène dont Guillaume lui avait donné l’adresse avant son départ. Dans le même quartier qu’ils habitaient autrefois elle et lui, presque la même rue.
Il s’arrêta au pied de l’immeuble et leva les yeux jusqu’au 3ème étage, cherchant à deviner quelles fenêtres étaient les siennes. Puis, il prit son courage à deux mains, pénétra dans le hall, et monta les escaliers jusqu’à son palier et s’arrêta devant l’appartement 9-C.
Il prit son inspiration, hésita un long moment, et se décida après plusieurs longues minutes de tergiversations à frapper à cette porte, se surprenant même à espérer qu’elle ne soit pas là. La porte s’ouvrit cependant, mais au lieu d’Hélène, c’est un homme d’une quarantaine d’années, plutôt charmant, qui se tenait dans l’embrasure. Nicolas sursauta et se raidit à cette apparition. Se pouvait-il qu’il se soit trompé de porte? D’immeuble? Ou bien…
L’homme:-Bonjour.
Nicolas:-Euh…(troublé)bonjour, je…Je crois que je me suis trompé de…
L’homme surpris:-Vous cherchiez quelqu’un?
Nicolas:-Je…Non. Enfin oui, mais…Je crois que je me suis trompé.
L’homme aimable:-Je peux peut-être vous aider?
Nicolas perdu:-Je ne crois pas. Je…Je cherchais une amie, elle vivait ici…
L’homme souriant:-Hélène?
Nicolas sursautant:-Ou…oui…
L’homme bienveillant:-Elle vit toujours là. Elle est sortie, mais si vous voulez rentrer pour l’attendre?
Nicolas sentit son cœur se briser à cet instant. Hélène vivait toujours là. Là où vivait cet homme. Elle l’avait remplacé. Maintenant il savait. Il avait traversé les océans plein d’espoir, et son monde venait de s’écrouler sur le pas de cette porte. Il sentit sa gorge se serrer dangereusement, et lutta contre les larmes qui menaçaient d’apparaître.
L’homme:-Vous entrez?
Nicolas fuyant:-Non. Non merci. Je…J’n’ai pas beaucoup de temps, j’passais juste comme ça. Je…Je dois partir.
L’homme:-Très bien. Vous voulez que je lui dise que vous êtes passé? Au fait (lui tendant la main)Je m’appelle William Blake. Et vous?
Nicolas serrant la main sans conviction:-Non…Non, c’est pas la peine. Ne lui dites rien.
William (alors que Nicolas s’éloignait déjà):-Et votre nom?
Nicolas dévala rapidement les marches sans prendre la peine de se retourner pour répondre à William. Arrivé en bas de l’escalier, il s’adossa au mur et ferma les yeux, essayant de réaliser. Un autre homme…Il y avait un autre dans sa vie. Guillaume s’était trompé. Il balança rageusement son poing contre le mur, et ne réagit même pas à la douleur, tant sa souffrance intérieure était plus intense. Il regarda à peine ses articulations rougies de sang avant d’enfoncer ses mains au fond de ses poches et de marcher sous le lourd soleil australien de ce mois d’août jusqu’au port où il se laissa tomber lourdement sur un banc, face à l’immensité de cet océan qu’il venait de traverser, à peine quelques heures plus tôt, pour un mirage. Il sortit enfin son billet d’avion de son sac à dos et regarda la date retour. Dans une semaine, jour pour jour. Une semaine…Un siècle. A cet instant, il ne rêvait que d’une chose: être loin d’ici. N’avoir jamais rencontré cet homme qui avait pris sa place auprès de la femme qu’il aimait et qu’il ne pouvait s’empêcher d’imaginer l’embrassant, la touchant, lui faisant l’amour. Et ca le rendait malade. Malade de jalousie, malade d‘amour. Il se prit la tête entre les mains avec l’impression de devenir fou. Il le savait: tout était de sa faute. Il l’avait perdue par sa faute, et ça ne faisait que rendre les choses plus difficiles encore.
Les jours qui suivirent, Nicolas s’enferma chez Guillaume. Quatre jours sans sortir, sans donner de nouvelles à qui que ce soit. Sa messagerie de portable débordait d’appels, mais il s’en moquait. Il n’avait pas envie de parler à qui que ce soit. Pas envie d’entendre leurs encouragements ou qu’ils lui disent combien ils étaient désolés pour lui. Non. Vraiment pas envie. Les regrets le rongeaient suffisamment pour ajouter leurs maux à sa peine. C’était trop tard: la vie les avait séparés, pour toujours.
J’aurais voulu te dire
Mais j’ai mis trop de temps
Et tous mes souvenirs
S’effacent maintenant.
J’aurais voulu te dire
Que mon cœur m’a laissé croire
Mais j’ai dépassé la route
Qui croisait ton histoire.
Il avait cru être pouvoir continuer sans elle, et maintenant, il s’en savait incapable. Elle avait su continuer sans lui. C’était là toute la différence.
Alors qu’il tournait une fois de plus en rond dans l’appartement, il s’approcha de la fenêtre et regarda au loin. Le port en face et la baie, avec au fond son célèbre opéra, sur le Bennelong Point, où il avait conduit Hélène une fois, juste parce qu’il savait qu’elle en rêvait, le Sydney Harbour, la Parramatta river qui serpentait dans toute la ville et passait tout près de la maison de la grand-mère de la jeune femme, un peu plus près de lui, le Pyrmont Bridge, sur lequel il avait l’habitude de se balader, le quartier de Paddington et ses maisons victoriennes, où ils rêvaient un jour de s’installer pour y voir grandir leurs enfants, le Royal Botanic Garden où ils se promenaient parfois …Tout, absolument tout dans cette ville le ramenait à son histoire avec Hélène, et surtout Centennial Park. Leur balade du dimanche. Il observa un long moment cette tache verte sur son paysage, avant de se décider à sortir. Sa première sortie depuis ces 4 jours. Comme un pèlerinage sur le lieu de son bonheur perdu. Avant de sortir, il jeta un œil dans le miroir et soupira à l’image de ce jeune homme négligé qui se reflétait dans cette glace. Il ne s’était pas rasé, pas plus qu’il ne s’était coiffé ou changé depuis son arrivée ici. A peine avait-il fait une légère toilette. A quoi bon? Il n’avait à plaire à personne, Hélène n’était plus libre. Devant l’état lamentable de son tee-shirt, il décida d’en changer tout de même, et de se coiffer, mais il laissa sa barbe telle quelle.
Une heure plus tard
Nicolas déambulait dans les allées de Centennial Park à la recherche de ses souvenirs. Les yeux fermés, il laissait le soleil, déjà haut, lui caresser le visage, s’imaginant la main d’Hélène sur sa peau. Ils avaient passé tellement d’heures en tête à tête dans ce parc. Ils y avaient pique-niqué, y avaient fait de longues promenades à pieds et à vélo, ils y avaient même fait l’amour…Une seule fois. Une merveilleuse fois. Nicolas se souvenait parfaitement de ce jour là, du lieu, des circonstances, des mots qu’ils avaient échangés même.
Flash back
Nicolas et Hélène s’étaient levés particulièrement tôt ce matin pour leur promenade dominicale, dans l’espoir de pouvoir observer, à cette heure du jour, la faune qui peuplait le Centennial Park. Nicolas avait garé la voiture sur Oxford Street et, blottis l’un contre l’autre dans la voiture, ils avaient attendu l’heure d’entrer dans le parc. L’endroit était désert. Les joggeurs, si nombreux en général, pas encore levés. Il faisait déjà beau et presque clair. Main dans la main, Hélène et Nicolas avançaient doucement à travers les pelouses et les bosquets, s’arrêtant régulièrement pour observer ici où là une famille de lapins ou d’opossums qui se baladaient tranquillement, certaines d’être à l’abri, d’écureuils malins qui passait d’arbres en arbres, ou de chauve-souris retardataires qui rentrait se coucher.
Hélène s’arrêtant face au lac:-C’est magnifique!
Nicolas l’enlaçant:-C’est vrai…
Hélène amusée:-Tu ne m’en veux plus de t’avoir tiré du lit si tôt?
Nicolas l’embrassant dans le cou:-Je ne vois pas comment je pourrais t’en vouloir, du moment qu’on est tous les deux (lui passant la main dans les cheveux) pour moi tout va bien.
Il se pencha vers elle et lui déposa un long baiser sur les lèvres et elle se blottit tout contre lui, laissant reposer sa tête contre son torse.
Hélène(après un silence):-Je me sens tellement bien avec toi
Nicolas lui caressant le dos d‘un geste automatique:-Moi aussi ma puce. Je t’aime!
Hélène l‘embrassant:-Je t’aime aussi…
Nicolas répondit au baiser de sa fiancée avec passion et envie, laissant vagabonder un peu plus ses mains sur le corps de la jeune femme qui chercha d’abord à le repousser, effrayée que l’on puisse les surprendre mais, prise dans la vague de caresses que lui prodiguait son fiancé et qu’elle ne pouvait s’empêcher de lui rendre, elle le laissa finalement l’entraîner dans un endroit discret, à l’abri des regards, et lui faire l’amour comme il ne lui avait jamais fait.
Fin du flash back
Nicolas déambula longtemps le long des sentiers, longea ces massifs de fleurs aux couleurs chatoyantes qu’Hélène aimait tant, se laissant envahir par ses souvenirs heureux, se remémorant toutes leurs balades, tous les moments magiques qu’ils avaient partagés dans ce parc…leur jardin extraordinaire comme ils aimaient l’appeler.
Il se laissa tomber sur un banc qui faisait face à l’étang et se laissa absorber par la contemplation des promeneurs qui flânaient : des couples d’amoureux, des parents qui encourageaient leurs bambins qui roulaient pour la première fois à vélo, des étudiants…
Des centaines de fois, il crut apercevoir Hélène parmi les jeunes filles qui passaient devant lui et chaque fois, il ne pouvait s’empêcher d’espérer voir encore une fois son joli sourire, sa longue chevelure blonde…
Soudain, il retint son souffle : cette fois, c’était réellement elle! Avant même qu’il n’ait pu faire un geste, leurs regards se croisèrent et il vit l’étonnement se marquer sur son visage. Elle se figea et imperceptiblement s’éloigna de l’homme qui était à ses côtés…le même homme que Nicolas avait eu la désagréable surprise de rencontrer quelques jours plus tôt…cet homme qu’il détestait sans même le connaître…cet homme qui lui volait la femme qu’il aimait.
Un instant, il fut tenter de prendre la fuite mais finit pourtant par se lever et se diriger vers le « couple ».
Hélène : Nicolas ?
Nicolas : Salut ! (de mauvaise grâce, à William) Bonjour !
Hélène : Nicolas, mais qu’est-ce que tu fais là ?
Nicolas (bredouillant) : Je…Enfin…Je suis…
William (venant en aide à Nicolas) : Enchanté de faire votre connaissance Nicolas !
L’homme lui adressa un clin d’œil discret de manière à lui faire comprendre qu’il ne révèlerait pas à Hélène qu’ils s’étaient déjà croisés. Nicolas se força à lui serrer la main puis reporta son attention sur la jeune femme.
Hélène : William, je te présente Nicolas…un ami…Nicolas, je te présente William…mon…
William : Je vais vous laisser, vous avez certainement plein de choses à vous dire ! On se retrouve à la maison Hélène ?
Hélène (embarrassée) : Merci William…A tout à l’heure !
Ils regardèrent William s’éloigner sans qu’aucun d’eux n’ose prononcer un mot, gênés de se retrouver seuls pour la première fois depuis leur rupture.
Nicolas : Tu veux marcher un peu ?
Hélène : Comme tu veux…
Nicolas : Ou on pourrait aller s’asseoir sur…
Hélène (murmurant) : Notre banc ?
Le jeune homme se tourna vers elle, croisa son regard et y déchiffra à la fois un sentiment de peur et de trouble. Sans la quitter des yeux, il approcha timidement sa main de son visage et lui caressa la joue. Au contact de ses doigts sur sa peau, elle ferma un instant les yeux.
Hélène : Nicolas, je…Tu…
Nicolas (lui souriant) : Tu m’as tellement manqué…
Elle ne lui répondit pas, le cœur serré. Lui aussi, il lui avait manqué. Tellement. Beaucoup trop. Et elle recommençait seulement à essayer de vivre sans lui…à comprendre qu’elle ne le reverrait sans doute jamais. Mais il était là, près d’elle. Elle pouvait respirer son parfum, redécouvrir ses traits…Il avait changé. Les cheveux courts lui allaient merveilleusement, et ses yeux bleus posés sur elle lui paraissaient plus clairs encore. Son visage semblait fatigué, il avait l’air plus…négligé, plus triste aussi. Si loin et pourtant si proche de celui dont elle était tombée amoureuse au premier jour. Elle baissa les yeux et, le suivant, s’installa avec lui sur le banc, en silence .
J’aurais voulu te dire
Qu’il y a eu toi et moi
Et que c’est tout
Tout ce que je ne voulais pas
Nicolas essayant de paraître naturel:-Il a l’air gentil…
Hélène troublée:-Qui ça?
Nicolas difficilement:-Ton ami…
Hélène réalisant:-Ah…William? Oui…(regardant la direction par où il étaient venus) oui, il est très gentil c’est vrai.
Nicolas évita son regard, espérant qu’elle ne puisse lire dans le sien. Il se sentait si mal, et si bien à la fois. Elle était si près de lui que s’il n’avait qu’un peu déplacé sa main, il aurait pu la toucher. Mais il n’en avait pas le droit. Plus le droit. Il l’avait perdu…
Nicolas inspirant profondément:-Est-ce que…Est-ce que tu vas bien?Je veux dire…
Hélène hochant la tête, avec un léger sourire:-Ça va…Et toi?
Nicolas:-Moi…(réfléchissant)Ça va…
Ils restèrent quelques secondes sans rien dire. A se regarder, tout simplement.
Hélène tout bas:-Pourquoi es-tu revenu?
« Pour toi » , pensa-t-il sans oser l’avouer de peur de la mettre mal à l’aise, ou pire de la faire fuir. Alors quoi répondre? « Je ne sais pas » murmura-t-il finalement…
Nicolas:-Je crois que…J’en avais besoin…
Hélène hocha la tête comme pour lui dire qu’elle comprenait, et hésitante demanda:-Tu…Tu restes longtemps?
Nicolas gêné:-Je rentre dans trois jours…
Hélène:-Trois jours?
Nicolas avouant:-Oui…Il y a déjà quatre jours que je suis là…
Hélène perdue:-Quatre jours? Quatre jours, mais…Pourquoi tu…(déchirée, incrédule) Tu voulais repartir sans venir me voir?
Nicolas, le regard bas, le cœur serré n’osa pas répondre. Non…Non, il ne l’avait pas voulu ! La voir avait même était sa seule motivation pour revenir ici, dans ce pays. Mais comment lui dire la douleur qu’il avait ressentie à la vue de William? De quel droit? Hélène, la voix pressante, demanda « Nicolas? » . Il releva les yeux et leurs regards s’accrochèrent et ne se lâchèrent plus. Le temps était suspendu…Elle répéta « Nicolas? »
Nicolas simplement:-Non…
Hélène ne comprenant pas:-Alors pourquoi tu…?
Nicolas:-Parce que…J’voulais pas t’embêter et…
Hélène:-Mais…
Nicolas n’y tenant plus, lui avouant:-Je t’aime toujours, Hélène…(la voyant si perdue, se relevant)Mais… Excuse-moi…J’aurais pas dû! Il vaut mieux que je parte!
J’aurais voulu te dire
Mais puisque nos larmes ont séché
A quoi bon se souvenir que nous
N’a jamais existé
Il se releva avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir et s’éloigna d’elle. Vite, très vite. Il avait envie de pleurer. Il se sentait nul! Pourquoi lui avait-il dit? Pourquoi n’avait-il pas su garder ça pour lui?
Seule sur son banc, figée, Hélène pleurait. Doucement. Sans un bruit. Elle n’avait pas été capable de réagir. De répondre quoi que ce soit. De le retenir…
Elle regarda longtemps dans la direction par laquelle il avait disparu. Il avait suffi qu’elle recroise son regard une seule seconde pour qu’elle se rende compte qu’elle s’était bercée d’illusions ces derniers mois en pensant avoir réussi à envisager sa vie sans lui. En dépit de tout ce qui avait pu se passer entre eux, elle l’aimait toujours mais, effrayée, elle l’avait quand même laissé partir.
Perdue dans ses sombres pensées, elle n’avait pas remarqué que le soleil s’était couché et que la température avait diminué de plusieurs degrés. Dans sa petite robe d’été, elle frissonna et se décida finalement à rentrer, redoutant déjà de devoir affronter William. Il devinerait probablement au premier regard à quel point elle se sentait perdue.
Son ami l’attendait dans le salon. Il lui sourit et l’invita à s’asseoir près de lui.
William : Ca s’est bien passé avec Nicolas ?
Hélène : Hum hum
William (avec douceur) : C’est ton Nicolas je suppose ?
Hélène (baissant la tête) : Oui…
William : Ca va ?
Hélène : Je suis juste un peu surprise, je ne m’attendais pas à le voir !
William la fixa un instant et constata à quel point elle avait l’air désemparée de l’avoir revu. Même s’ils en avaient peu parlé, il connaissait toute son histoire avec Nicolas et savait combien il avait compté et comptait certainement encore pour elle.
William : C'est normal...Hélène, tu sais que tu peux tout me dire ?
Hélène : Je sais…mais il n’y a rien à dire…vraiment rien…
William : Tu l’aimes encore n’est-ce pas ?
Mais je t’aime tellement
Que j’espère ne plus te revoir
Tu me manques tellement
Que je vis sans le savoir
Hélène : C’est de l’histoire ancienne…
William : Hélène, pas à moi s’il te plaît !
Hélène : William...
William : Je te connais bien tu sais...
Hélène souriant tristement:-Je sais...
William: Je sais comme il a compté pour toi, c'est normal si tu l'aimes encore…
Hélène:-Je ne sais pas si je l'ai...
William l'interrompant, posant doucement sa main sur son avant-bras:-Hélène!
Hélène détournant la tête:-Je croyais que je commençais à l’oublier mais…
William, doux : Il est revenu pour toi ?
Hélène:-Peut-être...
William lui confessant:-Il est venu ici il y a quelques jours...Il te cherchait, et (lui caressant la joue) il avait l'air aussi malheureux que toi...
Hélène (avouant) : Il m’a dit qu’il m’aimait toujours !
William (lui souriant) : Qu’est-ce que tu attends pour aller le retrouver ?
Hélène : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée…
William : Pourquoi? Puisque vous vous aimez tous les deux ?
Hélène : Parce que...
William surpris:-Parce que?
Hélène les yeux baissés, la gorge serrée:-J’ai peur William! Je ne supporterais pas de le perdre à nouveau !
William lui prenant la main, tentant de la rassurer: Je sais que tu as beaucoup souffert, mais tu risques de passer à côté de ton bonheur si tu n’y vas pas !
Hélène les larmes aux yeux: Pourquoi tu me dis tout ça William ?
William : Pourquoi ? Parce que tu es mon amie, et que je t’ai dit que je t’aime... Tu sais Hélène, aimer quelqu’un c’est aussi vouloir qu’il soit heureux…même si c’est avec un autre !
Hélène (touchée) : Merci William…J’ai de la chance d’avoir un ami comme toi!
William (la prenant dans ses bras) : C'est moi qui ai de la chance de t'avoir. (l'embrassant sur le front) Allez, file vite !
Et je t’aime tellement
Que j’n’arrive pas à t’en vouloir
Tu me manques tellement
Que j’oublie encore trop souvent
De regarder autour
Et je n’ai pas encore trouvé l’amour
Hélène avait marché jusqu’à l’appartement de Guillaume. Tantôt rapidement, tantôt lentement, presque à reculons, partagée entre sa peur de le revoir et l’envie immense qu’elle en avait. Souvent tentée de faire demi-tour, de repartir, là-bas, près de William et de son amitié rassurante. Près de William où elle ne risquait pas de souffrir. Mais pas non plus d’être pleinement entière, heureuse. Amoureuse tout simplement.
Elle connaissait le chemin par cœur, et ses pas l’avait conduite jusqu’au pied de l’immeuble de Guillaume sans même qu’elle ait à y réfléchir. Elle soupira, hésitante, et composa le code d’accès de la porte. Encore une quarantaine de marches, un long couloir, cinq ou six paillassons, et elle serait face à lui. Face à sa porte plutôt…« Et après? » se demanda-t-elle tandis qu’elle était restée figée dans le hall d’entrée, son regard fixé sur les escaliers. « Et après? » c’était la grande question. Qu’allait-elle dire? Qu’allait-elle faire? Quelle serait sa réaction à lui? Il lui avait dit qu’il l’aimait toujours, mais était-ce suffisant, et n’était-ce pas simplement un rêve impossible? La sonnerie d’un ascenseur arrivé à destination la fit sursauter, la sortant de ses pensées, et elle se décida, sans trop savoir si c‘était une bonne idée, à gravir les marches qui la séparaient encore de Nicolas. Arrivée devant la porte de l’appartement 208, elle leva la main, pour sonner, mais n’en fit rien, resta un moment, suspendue dans son geste et finalement, laissa retomber son bras le long de son corps, le cœur serré. A quoi bon remuer le passer? Tout cela ne servirait qu’à la faire souffrir encore…D’un geste désespéré, elle caressa doucement la porte du bout des doigts, tandis que des larmes inondaient son visage. Elle se sentait si mal. Si fatiguée. Pourquoi avait-il fallu qu’il revienne? Elle laissa son front reposer sur le bois froid de la porte, ravala un sanglot, et après un dernier regard, s’éloigna vers l’escalier. C’était trop dur. Elle n’était pas assez forte pour ça. Elle descendit la première marche, puis une seconde, mais une sensation étrange, une appréhension soudaine, la poussèrent à s’arrêter et à regarder à nouveau vers l’appartement, avec l’impression qu’elle devait absolument sonner à cette porte maintenant. Pourquoi cette angoisse soudaine? La peur des regrets? Un trop grand besoin de lui? L’instinct qu’il avait besoin d‘elle? La combinaison des trois peut-être… Elle n’aurait pu l’expliquer, et ne pouvait l‘ignorer. Elle remonta avec précipitation et sans hésiter cette fois, toqua à la porte. Quelques secondes passèrent avant qu’un bruit de pas ne se fasse entendre à l’intérieur. Les battements de son cœur s’emballèrent plus encore. Ses mains tremblaient. Son corps entier en réalité. Le cliquetis significatif d’une porte qu’on déverrouille. La poignée de porte qui s’abaisse de l’intérieur: elle ne pouvait plus reculer cette fois-ci. Sa respiration s’accéléra: il était là, devant elle, l’air surpris, le visage triste et perdu venant s’éclairer d’un petit sourire à sa vue…
Nicolas presque murmurant, refusant d’y croire:-Hélène…
Elle, ne pouvait détacher son regard du sien. De ses yeux bleus délavés qui avaient sans aucun doute récemment versé des larmes. Ils restèrent sur le pas de cette porte de longues secondes en silence, avant que les yeux de la jeune femme ne se posent sur la main du jeune homme. Une bouteille de whisky…Elle répondit enfin, dans le même murmure, « Nicolas… »
Il porta sa main libre au visage d’Hélène, comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, et le caressa doucement d’un lent mouvement du pouce. Elle posa sa main sur la sienne et lui sourit doucement.
Hélène:-Est-ce que…Je peux entrer?
Nicolas hésita une seconde avant de s’écarter de la porte pour lui laisser la place. Elle l’observa encore une seconde, avant d’oser pénétrer dans l’appartement. Les yeux de Nicolas ne la quittaient pas. Il entra à sa suite et referma la porte derrière eux. Hélène stoppa en plein milieu du couloir: le salon était complètement dévasté, comme si une tempête était passée par là.« j'étais...En train de faire du rangement » tenta-t-il de se justifier, toute en reposant sur un meuble la bouteille de whisky, encore pleine, qu’il avait à la main. Hélène se retourna vers lui et l’observa. Il ressemblait à un petit garçon fautif. Elle lui sourit, touchée. Nicolas avouant « Je suis désolé…Je ne sait pas ce qui m’a pris ». Elle haussa une épaule et détourna à nouveau le regard. Il posa sa main sur le bras de la jeune femme, la tête basse. Elle s’approcha du meuble, et prit la bouteille des mains, sans rien dire. Il savait qu’elle n’avait jamais aimé le voir boire, mais c’était si difficile.
Nicolas honteux, sachant ce qu‘elle pensait:-J’ai cru que…Ça m’aiderait à oublier. Je suis désolé…
Hélène sans se retourner:-L’alcool n’arrange rien Nicolas…
Nicolas:-Peut-être, mais…
J’aurais voulu te dire
Combien ça fait mal de vivre
Que l’amour
ne s’apprend pas dans les livres.
Hélène:-Mais….?
Nicolas soupirant:-Je ne sais pas. Fallait que…Je m’anesthésie, pour arrêter de…
Hélène se rapprochant de lui, l’obligeant à la regarder, timidement:-Arrêter quoi?
Nicolas une boule dans la gorge, dans un souffle:-De penser à toi, à nous…A tout ce que j’ai perdu…(les larmes aux yeux) Et que ça me rend fou…
J’aurais voulu te dire
Même s’il est déjà trop tard
Qu’aujourd’hui j’ai compris
Que l’on existe pas à part
J’aurais voulu te dire
Mais ça n’a plus d’importance
Il n’y a que dans les films
Qu’on a une deuxième chance
Le cœur d’Hélène se serra et manqua un battement et elle s’avança tout près de lui, pour se blottir contre son torse. Surpris, le jeune homme poussa un long soupir de bien-être, glissant ses bras autour d’elle, et enfouissant son nez dans ses cheveux. Elle sentait si bon. Il était si bien. Il pouvait presque sentir son cœur battre. Doucement, il laissa sa main courir jusqu’à la sienne et leurs doigts s’entremêlèrent comme s’ils voulaient s’emprisonner…Elle releva les yeux, s’éloignant un peu de lui, et leurs regards s’intensifièrent. Doucement, sans brusquer les choses, elle se hissa sur la pointe des pieds et leurs souffles se mêlèrent. Le cœur prêt à exploser, Nicolas n’osait plus bouger. Les lèvres d’Hélène frôlèrent bientôt les siennes. Tendrement. Timidement. N’y tenant plus, il mêla alors ses baisers aux siens, sa bouche à la sienne. Jusqu’à bout de souffle. Et toujours sans prononcer un mot, il l’entraîna jusqu’au canapé qu’il débarrassa et où ils s’assirent blottis l’un contre l’autre. Il l’embrassa longuement dans les cheveux, puis reposa sa joue contre sa tête, lui caressant d’un geste quasi automatique la peau nue de son épaule, du bout des doigts.
Hélène se redressa un peu, se tourna vers lui et lui caressa doucement le visage, comme pour mémoriser chaque courbe, chaque creux, chaque détail de celui-ci, et continua dans les cheveux, avant de lui murmurer « Moi aussi, je t’aime toujours. Tellement… » Il lui sourit, et lui prit un long et tendre baiser, murmurant à son tour « Je sais pas vivre sans toi… »
Elle se blottit un peu plus contre lui et lui sourit. Comment avait-elle pu survivre tant de temps sans lui? Elle ferma les yeux et se laissa envahir par son odeur, par la chaleur de sa peau, par ses douces caresses et ses baisers légers. C’était comme s’il n’y avait plus rien autour…
Longtemps ils firent l’amour. Fusionnant et ne faisant plus qu’un. Une unité. Un tout. La reconstruction d’une harmonie parfaite.
Epilogue 6 mois plus tard:
Nicolas et Hélène étaient rentrés ensemble de Sydney, pour la plus grande joie de tous leurs amis, mais pour la leur avant tout. Ils s’étaient installés ensemble à la cabane, redécouvrant les joies de la vie à deux. Nicolas se montrait aux petits soins pour Hélène, plus amoureux que jamais et il lui avait demandé de l‘épouser. Elle avait évidemment accepté, folle de joie, et ils avaient rapidement annoncé la nouvelle à toute la bande: En décembre, ils se marieraient, entourés de leurs parents et amis. Dans 3 mois…
Hélène était allée regarder le soleil se coucher sur la mer en attendant le retour de Nicolas. L’air un peu triste, soucieuse…Quand il arriva, elle ne l’entendit pas approcher, trop perdue dans ses pensées, et sursauta quand elle sentit ses bras entourer sa taille.
Nicolas amusé, l’embrassant dans le cou:-Je t’ai fait peur?
Hélène se retournant face à lui, se blottissant dans ses bras:-Non, juste surprise…
Nicolas:-Où étais tu partie?
Hélène un peu tristement:-Nulle part…
Nicolas inquiet:-Ben si: Dis-moi!
Hélène soupirant, avouant:-En Australie…
Nicolas blêmit:-En Australie? Ma puce, je…
Hélène plongeant ses yeux tristes dans les siens:-Non…C’est t’en fais pas…C’est juste…Nicolas, il faut que je te dise quelque chose…
Nicolas l’encourageant, prenant sa main:-Dis-moi…Qu’est-ce qui se passe?
Hélène:-Tu sais…Enfin tu te rappelles ce que je t’ai dit après ton départ la…
Nicolas finissant pour elle, sachant combien c’était douloureux:-Ta fausse couche? (elle hocha la tête) Si tu savais comme je m’en veux encore et…
Hélène ne le laissant pas finir:-Nicolas, je suis enceinte…De 6 semaines déjà…
Nicolas incrédule:-Quoi? (réalisant) Mais…Mais c’est génial! (La serrant dans ses bras, les larmes aux yeux)Oh mon amour si tu savais comme je t’aime!
Hélène paniquée:-Mais Nicolas, si jamais…
Nicolas:-Si jamais quoi?
Hélène:-Si jamais je le perdais…Je ne sais pas si je m’en remettrais…
Nicolas fronçant le front:-Hé…(sa main sur son ventre) Il ne lui arrivera rien, ne t’en fais pas: je te le promets!
Hélène:-Mais Nicolas…?
Nicolas:-Tout va bien se passer…Je suis là…(l’embrassant) Je suis là. Pour toi et pour lui.
Il lui déposa un baiser sur les lèvres et elle esquissa son premier sourire depuis son retour.
Nicolas lui caressant le ventre, promettant:-Je vais veiller sur toi. Tu sais que tu es ce que j’ai de plus précieux au monde…
Hélène:-Je t’aime!
Nicolas:-Moi aussi, je t’aime…
Hélène souriant soudain:-On va avoir un petit problème je crois…
Nicolas surpris:-Lequel?
Hélène posant sa main sur la sienne:-Je ne rentrerai plus dans ma robe en décembre…
Nicolas avec un immense sourire, l’embrassant dans le cou:-Tu sais quoi? On s’en fou! Le principal, c’est toi, moi et notre bébé!
Fin
Merci à Melodie pour ses corrections
J'aurais voulu te dire
Guillaume:-Toujours aussi romantique, hein!
Nicolas:-Ouais.
Guillaume:-A propos, Hélène va bien. Elle t’embrasse.
Nicolas troublée:- Hélène?
Guillaume:-Tu l’as pas oubliée
Nicolas un peu triste:- C’est pas le genre de fille qu’on oublie comme ça tu sais.
Guillaume sûr de lui:-Elle non plus ne t’a pas oublié.
Nicolas s‘accrochant à ses mots:-C’est vrai?
Guillaume:-Ouais.
Jeanne se levant, gênée:-Bon excusez-moi, j’ai des choses à faire!
Nicolas regarda Jeanne rentrer vers la cabane, mais se retourna rapidement vers son ami.
Guillaume embêté:-J’ai gaffé, non?
Nicolas ailleurs:-Hein? Non, non. Non, non. (hésitant) Elle va bien?
Guillaume:-Oui, elle va bien.
Nicolas:-Elle sait que t’es là?
Guillaume:-Oui. Elle m’a même chargé de t’embrasser. Tiens(joignant le geste à la parole et embrassant Nicolas sur la joue.)et au fait, j’oubliais!
Nicolas amusé:-Arrête! (prenant un air triste et embarrassé)Et elle est comment au fait?
Guillaume emballé:-Comme avant: elle a pas changé!
Nicolas baissa la tête, le cœur gros et se gratta la tête avant de relever les yeux vers son ami et de prendre son courage à deux mains pour demander « Elle a un mec? »
Guillaume:-Non. Enfin, j’crois pas. (sûr de lui) En tout cas, rien de sérieux. Pis tu sais, à mon avis, elle pense toujours à toi.
Nicolas triste, la gorge serrée:-Ca, ça m’étonnerait. (détournant le regard, sentant les larmes venir)
Guillaume:-Tu sais, le temps, ça arrange bien les choses.
Nicolas:-Ca dépend des choses! (préférant détourner la conversation) En tout cas, ça me fait bien plaisir de te revoir. (se relevant)Allez viens, je vais te faire découvrir mon île aux trésors.
Nicolas rejoignit Jeanne à la cabane, et tous trois partirent jusqu’au bateau.
Hélène…Malgré tous ses efforts, le jeune homme était resté un peu ailleurs toute la journée. Cette conversation avec son ami l’avait troublé bien plus qu’il ne voulait le laisser paraitre. Avoir des nouvelles d’Hélène, c’était si doux et si dur à la fois. Perdu dans ses pensées, il se repassait les paroles de Guillaume dans sa tête, avec l’impérieuse envie de demander plus, mais à la fois avec la peur de découvrir des choses qui le ferait souffrir un peu plus si c’était possible. Dire qu’il avait cru pouvoir guérir d‘elle. Que sa rencontre avec Jeanne ferait taire tous les sentiments qui vivaient toujours en lui pour Hélène. Son Hélène. Ca n’avait été qu’un leurre, une simple illusion. Comment aurait-il pu oublier son premier amour. « Mon seul amour » rectifia-t-il mentalement. Seul le fait de savoir qu’elle non plus ne l’avait pas remplacé le soulageait un peu. Et Guillaume qui lui affirmait qu’elle pensait toujours à lui. « Si seulement » , soupira-t-il. Si seulement elle pensait à lui, autant que lui pensait à elle.
La nuit était tombée sur Love Island et, assis seul sur la plage, face à la mer, Nicolas ne pouvait s’empêcher de penser à Hélène, aux paroles de Guillaume, de s’imaginer la revoir. Il se l’imaginait si fort que ça lui faisait mal, mais il n’empêcha pas les larmes de lui couler sur les joues. C’était étrange; depuis qu’il était sur cette île, il était toujours parvenu à ne pas craquer, à rester fort, mais le simple fait d’avoir de ses nouvelles le rendait à nouveau fragile. A fleur de peau.
Il se passa la main dans les cheveux, serrant les yeux aussi fort qu’il le pouvait et poussa un long soupir. A l’intérieur de ses paupières, des images d’Hélène lui souriant s’étaient imprimées. Il se mordit la lèvre, et se retourna enfin vers la cabane où Jeanne dormait, puis à nouveau sur l’horizon. Que devait-il faire? Que pouvait-il faire? Continuer à faire semblant? Continuer à se mentir, en espérant que ses mensonges deviennent vérités un jour? Ou bien partir? Tenter d’aller vérifier cet espoir fou qu’Hélène puisse l’aimer toujours, qu’elle ait pu lui pardonner?
Nicolas avisa José endormi dans le hamac devant la cabane, et se décida à le réveiller. Il avait besoin de parler. Tout de suite. Avant de devenir fou. Lui saurait lui dire quoi faire. Du moins, l’espérait-il.
Nicolas secouant son ami:-José? José réveille toi, faut que je te parle!
José émergeant, grognant:-Putain, quelle heure il est?
Nicolas gêné, regardant sa montre:-3h30.
José sursautant:-3h30? Qu’est-ce qui te prend de me réveiller à cette heure-ci?
Nicolas avouant:-J’suis pas très bien. Faut que je te parle.
José inquiet, se redressant:-Qu’est-ce qu’il y a? T’as un problème?
Nicolas ne sachant comment dire:-Non. Enfin…(se passant la main sur le visage)J’suis dans la merde José…
José:-Pourquoi?
Nicolas:-J’crois qu’j’aime toujours Hélène. (se reprenant) J’en suis même sûr.
José ravi, n’en croyant pas ses oreilles:-Quoi? Mais…C’est génial ça! (se reprenant) Enfin…C’est pas facile c’est sûr.
Nicolas:-C’est le moins qu’on puisse dire…
José:-T’as parlé avec ton pote?
Nicolas:-Ouais, justement…Enfin… Un peu.
José curieux:-Et qu’est-ce qu’il t’a dit?
Nicolas:-Qu’elle ne m’a pas oublié, mais…
José:-Mais quoi?
Nicolas:-Je ne sais pas…(la gorge serrée) Si elle ne peut pas me pardonner?
José:-Faut que t’ailles en Australie Nico! Même si t’avais qu’une chance sur 1 million que ça reparte avec Hélène, faudrait que tu y ailles! Tu peux pas rater ça!
Nicolas hésitant:-Et la marina? Et Jeanne? Et…
José maintenant bien réveillé, le coupant:-Tu te cherches de fausses excuses là Nico! Si t’aimes Hélène, tu t’en fous de tout ça! La marina je vais gérer, et Jeanne, soit tu ne lui dois rien, soit tu ne m’as pas tout dit!
Nicolas:-Qu’est-ce que tu veux dire?
José:-T’es avec elle?
Nicolas:-Avec elle? Jeanne?
José:-Ben oui, Jeanne! Qui d’autre?
Nicolas gêné:-Non, bien sûr que non! Enfin…on s’est embrassés quelques fois, mais…J’me sentais pas prêt, et j’lui ai demandé d’attendre.
José:-Ok. Bon, ben, au moins maintenant tu sais pourquoi t’étais pas prêt.
Nicolas:-Ouais…José?
José:-Oui?
Nicolas:-Ca me gêne de te demander ça, mais…Tu pourrais me prêter de l’argent pour le billet d’avion?
José ravi:-Non seulement, je vais te prêter du fric, mais en plus c’est moi qui te conduirai à l’aéroport à la 1ère heure!
Nicolas reconnaissant:-Merci…
José avec un clin d’œil:-Tout ce que je te demande en échange, c’est de nous ramener Hélène quand tu reviendras.
Nicolas touché:-J’te promets de tout faire pour, en tout cas.
José:-J’te fais confiance pour ça!
José avait déposé Nicolas à l’aéroport dès l’aube, et celui-ci était parvenu à trouver une place dans le premier avion en partance pour Sydney. Demain, il serait en Australie. Demain, il serait près d’elle, il pourrait la voir, lui parler, s’expliquer. Enfin. L’espérait-il en tout cas. Mais si elle refusait? Si elle ne voulait plus jamais le voir? Si Guillaume s’était trompé? Peut-être aurait-il dû appeler avant de partir, ou…Il était mort de trouille, et à mesure que les heures défilaient, cette peur ne faisait qu’augmenter. Il passa une énième fois nerveusement sa main dans la poche de son jeans pour vérifier que la clé de l’appartement de Guillaume était toujours là. Ce dernier la lui avait donnée sans hésitation quand Nicolas lui avait confié qu’il repartait en Australie dans le but de reconquérir Hélène, et lui avait souhaité « bonne chance », un large sourire aux lèvres. Guillaume semblait sûr de lui. Pourquoi cela ne parvenait-il pas à rassurer Nicolas?
Le jeune homme plongea son regard à travers le hublot, et laissa son front reposer contre la vitre, son esprit vagabondant à travers ses souvenirs. Il était fatigué, mais beaucoup trop nerveux pour parvenir à trouver le sommeil. Près de lui, un couple de jeunes mariés en route vers leur voyage de noces passait son temps à s’embrasser. Il sourit tristement et se prit à imaginer que c’était Hélène et lui. Se passant la main dans les cheveux, s’étirant, il soupira et regarda sa montre pour la énième fois depuis le décollage.
A 9h42, heure locale, l’avion se posa enfin sur le sol australien, et Nicolas, courbaturé et fatigué, en descendit tout aussi perdu qu’à son départ de Love Island. Perdu, mais déterminé. Déterminé à savoir. A la voir. Parce qu’après ces 26 heures de vol, de réflexions, d’interrogations, il en avait plus que jamais besoin. Il récupéra ses valises, avala un café près de l’aéroport, et prit la route du nouvel appartement d’Hélène dont Guillaume lui avait donné l’adresse avant son départ. Dans le même quartier qu’ils habitaient autrefois elle et lui, presque la même rue.
Il s’arrêta au pied de l’immeuble et leva les yeux jusqu’au 3ème étage, cherchant à deviner quelles fenêtres étaient les siennes. Puis, il prit son courage à deux mains, pénétra dans le hall, et monta les escaliers jusqu’à son palier et s’arrêta devant l’appartement 9-C.
Il prit son inspiration, hésita un long moment, et se décida après plusieurs longues minutes de tergiversations à frapper à cette porte, se surprenant même à espérer qu’elle ne soit pas là. La porte s’ouvrit cependant, mais au lieu d’Hélène, c’est un homme d’une quarantaine d’années, plutôt charmant, qui se tenait dans l’embrasure. Nicolas sursauta et se raidit à cette apparition. Se pouvait-il qu’il se soit trompé de porte? D’immeuble? Ou bien…
L’homme:-Bonjour.
Nicolas:-Euh…(troublé)bonjour, je…Je crois que je me suis trompé de…
L’homme surpris:-Vous cherchiez quelqu’un?
Nicolas:-Je…Non. Enfin oui, mais…Je crois que je me suis trompé.
L’homme aimable:-Je peux peut-être vous aider?
Nicolas perdu:-Je ne crois pas. Je…Je cherchais une amie, elle vivait ici…
L’homme souriant:-Hélène?
Nicolas sursautant:-Ou…oui…
L’homme bienveillant:-Elle vit toujours là. Elle est sortie, mais si vous voulez rentrer pour l’attendre?
Nicolas sentit son cœur se briser à cet instant. Hélène vivait toujours là. Là où vivait cet homme. Elle l’avait remplacé. Maintenant il savait. Il avait traversé les océans plein d’espoir, et son monde venait de s’écrouler sur le pas de cette porte. Il sentit sa gorge se serrer dangereusement, et lutta contre les larmes qui menaçaient d’apparaître.
L’homme:-Vous entrez?
Nicolas fuyant:-Non. Non merci. Je…J’n’ai pas beaucoup de temps, j’passais juste comme ça. Je…Je dois partir.
L’homme:-Très bien. Vous voulez que je lui dise que vous êtes passé? Au fait (lui tendant la main)Je m’appelle William Blake. Et vous?
Nicolas serrant la main sans conviction:-Non…Non, c’est pas la peine. Ne lui dites rien.
William (alors que Nicolas s’éloignait déjà):-Et votre nom?
Nicolas dévala rapidement les marches sans prendre la peine de se retourner pour répondre à William. Arrivé en bas de l’escalier, il s’adossa au mur et ferma les yeux, essayant de réaliser. Un autre homme…Il y avait un autre dans sa vie. Guillaume s’était trompé. Il balança rageusement son poing contre le mur, et ne réagit même pas à la douleur, tant sa souffrance intérieure était plus intense. Il regarda à peine ses articulations rougies de sang avant d’enfoncer ses mains au fond de ses poches et de marcher sous le lourd soleil australien de ce mois d’août jusqu’au port où il se laissa tomber lourdement sur un banc, face à l’immensité de cet océan qu’il venait de traverser, à peine quelques heures plus tôt, pour un mirage. Il sortit enfin son billet d’avion de son sac à dos et regarda la date retour. Dans une semaine, jour pour jour. Une semaine…Un siècle. A cet instant, il ne rêvait que d’une chose: être loin d’ici. N’avoir jamais rencontré cet homme qui avait pris sa place auprès de la femme qu’il aimait et qu’il ne pouvait s’empêcher d’imaginer l’embrassant, la touchant, lui faisant l’amour. Et ca le rendait malade. Malade de jalousie, malade d‘amour. Il se prit la tête entre les mains avec l’impression de devenir fou. Il le savait: tout était de sa faute. Il l’avait perdue par sa faute, et ça ne faisait que rendre les choses plus difficiles encore.
Les jours qui suivirent, Nicolas s’enferma chez Guillaume. Quatre jours sans sortir, sans donner de nouvelles à qui que ce soit. Sa messagerie de portable débordait d’appels, mais il s’en moquait. Il n’avait pas envie de parler à qui que ce soit. Pas envie d’entendre leurs encouragements ou qu’ils lui disent combien ils étaient désolés pour lui. Non. Vraiment pas envie. Les regrets le rongeaient suffisamment pour ajouter leurs maux à sa peine. C’était trop tard: la vie les avait séparés, pour toujours.
J’aurais voulu te dire
Mais j’ai mis trop de temps
Et tous mes souvenirs
S’effacent maintenant.
J’aurais voulu te dire
Que mon cœur m’a laissé croire
Mais j’ai dépassé la route
Qui croisait ton histoire.
Il avait cru être pouvoir continuer sans elle, et maintenant, il s’en savait incapable. Elle avait su continuer sans lui. C’était là toute la différence.
Alors qu’il tournait une fois de plus en rond dans l’appartement, il s’approcha de la fenêtre et regarda au loin. Le port en face et la baie, avec au fond son célèbre opéra, sur le Bennelong Point, où il avait conduit Hélène une fois, juste parce qu’il savait qu’elle en rêvait, le Sydney Harbour, la Parramatta river qui serpentait dans toute la ville et passait tout près de la maison de la grand-mère de la jeune femme, un peu plus près de lui, le Pyrmont Bridge, sur lequel il avait l’habitude de se balader, le quartier de Paddington et ses maisons victoriennes, où ils rêvaient un jour de s’installer pour y voir grandir leurs enfants, le Royal Botanic Garden où ils se promenaient parfois …Tout, absolument tout dans cette ville le ramenait à son histoire avec Hélène, et surtout Centennial Park. Leur balade du dimanche. Il observa un long moment cette tache verte sur son paysage, avant de se décider à sortir. Sa première sortie depuis ces 4 jours. Comme un pèlerinage sur le lieu de son bonheur perdu. Avant de sortir, il jeta un œil dans le miroir et soupira à l’image de ce jeune homme négligé qui se reflétait dans cette glace. Il ne s’était pas rasé, pas plus qu’il ne s’était coiffé ou changé depuis son arrivée ici. A peine avait-il fait une légère toilette. A quoi bon? Il n’avait à plaire à personne, Hélène n’était plus libre. Devant l’état lamentable de son tee-shirt, il décida d’en changer tout de même, et de se coiffer, mais il laissa sa barbe telle quelle.
Une heure plus tard
Nicolas déambulait dans les allées de Centennial Park à la recherche de ses souvenirs. Les yeux fermés, il laissait le soleil, déjà haut, lui caresser le visage, s’imaginant la main d’Hélène sur sa peau. Ils avaient passé tellement d’heures en tête à tête dans ce parc. Ils y avaient pique-niqué, y avaient fait de longues promenades à pieds et à vélo, ils y avaient même fait l’amour…Une seule fois. Une merveilleuse fois. Nicolas se souvenait parfaitement de ce jour là, du lieu, des circonstances, des mots qu’ils avaient échangés même.
Flash back
Nicolas et Hélène s’étaient levés particulièrement tôt ce matin pour leur promenade dominicale, dans l’espoir de pouvoir observer, à cette heure du jour, la faune qui peuplait le Centennial Park. Nicolas avait garé la voiture sur Oxford Street et, blottis l’un contre l’autre dans la voiture, ils avaient attendu l’heure d’entrer dans le parc. L’endroit était désert. Les joggeurs, si nombreux en général, pas encore levés. Il faisait déjà beau et presque clair. Main dans la main, Hélène et Nicolas avançaient doucement à travers les pelouses et les bosquets, s’arrêtant régulièrement pour observer ici où là une famille de lapins ou d’opossums qui se baladaient tranquillement, certaines d’être à l’abri, d’écureuils malins qui passait d’arbres en arbres, ou de chauve-souris retardataires qui rentrait se coucher.
Hélène s’arrêtant face au lac:-C’est magnifique!
Nicolas l’enlaçant:-C’est vrai…
Hélène amusée:-Tu ne m’en veux plus de t’avoir tiré du lit si tôt?
Nicolas l’embrassant dans le cou:-Je ne vois pas comment je pourrais t’en vouloir, du moment qu’on est tous les deux (lui passant la main dans les cheveux) pour moi tout va bien.
Il se pencha vers elle et lui déposa un long baiser sur les lèvres et elle se blottit tout contre lui, laissant reposer sa tête contre son torse.
Hélène(après un silence):-Je me sens tellement bien avec toi
Nicolas lui caressant le dos d‘un geste automatique:-Moi aussi ma puce. Je t’aime!
Hélène l‘embrassant:-Je t’aime aussi…
Nicolas répondit au baiser de sa fiancée avec passion et envie, laissant vagabonder un peu plus ses mains sur le corps de la jeune femme qui chercha d’abord à le repousser, effrayée que l’on puisse les surprendre mais, prise dans la vague de caresses que lui prodiguait son fiancé et qu’elle ne pouvait s’empêcher de lui rendre, elle le laissa finalement l’entraîner dans un endroit discret, à l’abri des regards, et lui faire l’amour comme il ne lui avait jamais fait.
Fin du flash back
Nicolas déambula longtemps le long des sentiers, longea ces massifs de fleurs aux couleurs chatoyantes qu’Hélène aimait tant, se laissant envahir par ses souvenirs heureux, se remémorant toutes leurs balades, tous les moments magiques qu’ils avaient partagés dans ce parc…leur jardin extraordinaire comme ils aimaient l’appeler.
Il se laissa tomber sur un banc qui faisait face à l’étang et se laissa absorber par la contemplation des promeneurs qui flânaient : des couples d’amoureux, des parents qui encourageaient leurs bambins qui roulaient pour la première fois à vélo, des étudiants…
Des centaines de fois, il crut apercevoir Hélène parmi les jeunes filles qui passaient devant lui et chaque fois, il ne pouvait s’empêcher d’espérer voir encore une fois son joli sourire, sa longue chevelure blonde…
Soudain, il retint son souffle : cette fois, c’était réellement elle! Avant même qu’il n’ait pu faire un geste, leurs regards se croisèrent et il vit l’étonnement se marquer sur son visage. Elle se figea et imperceptiblement s’éloigna de l’homme qui était à ses côtés…le même homme que Nicolas avait eu la désagréable surprise de rencontrer quelques jours plus tôt…cet homme qu’il détestait sans même le connaître…cet homme qui lui volait la femme qu’il aimait.
Un instant, il fut tenter de prendre la fuite mais finit pourtant par se lever et se diriger vers le « couple ».
Hélène : Nicolas ?
Nicolas : Salut ! (de mauvaise grâce, à William) Bonjour !
Hélène : Nicolas, mais qu’est-ce que tu fais là ?
Nicolas (bredouillant) : Je…Enfin…Je suis…
William (venant en aide à Nicolas) : Enchanté de faire votre connaissance Nicolas !
L’homme lui adressa un clin d’œil discret de manière à lui faire comprendre qu’il ne révèlerait pas à Hélène qu’ils s’étaient déjà croisés. Nicolas se força à lui serrer la main puis reporta son attention sur la jeune femme.
Hélène : William, je te présente Nicolas…un ami…Nicolas, je te présente William…mon…
William : Je vais vous laisser, vous avez certainement plein de choses à vous dire ! On se retrouve à la maison Hélène ?
Hélène (embarrassée) : Merci William…A tout à l’heure !
Ils regardèrent William s’éloigner sans qu’aucun d’eux n’ose prononcer un mot, gênés de se retrouver seuls pour la première fois depuis leur rupture.
Nicolas : Tu veux marcher un peu ?
Hélène : Comme tu veux…
Nicolas : Ou on pourrait aller s’asseoir sur…
Hélène (murmurant) : Notre banc ?
Le jeune homme se tourna vers elle, croisa son regard et y déchiffra à la fois un sentiment de peur et de trouble. Sans la quitter des yeux, il approcha timidement sa main de son visage et lui caressa la joue. Au contact de ses doigts sur sa peau, elle ferma un instant les yeux.
Hélène : Nicolas, je…Tu…
Nicolas (lui souriant) : Tu m’as tellement manqué…
Elle ne lui répondit pas, le cœur serré. Lui aussi, il lui avait manqué. Tellement. Beaucoup trop. Et elle recommençait seulement à essayer de vivre sans lui…à comprendre qu’elle ne le reverrait sans doute jamais. Mais il était là, près d’elle. Elle pouvait respirer son parfum, redécouvrir ses traits…Il avait changé. Les cheveux courts lui allaient merveilleusement, et ses yeux bleus posés sur elle lui paraissaient plus clairs encore. Son visage semblait fatigué, il avait l’air plus…négligé, plus triste aussi. Si loin et pourtant si proche de celui dont elle était tombée amoureuse au premier jour. Elle baissa les yeux et, le suivant, s’installa avec lui sur le banc, en silence .
J’aurais voulu te dire
Qu’il y a eu toi et moi
Et que c’est tout
Tout ce que je ne voulais pas
Nicolas essayant de paraître naturel:-Il a l’air gentil…
Hélène troublée:-Qui ça?
Nicolas difficilement:-Ton ami…
Hélène réalisant:-Ah…William? Oui…(regardant la direction par où il étaient venus) oui, il est très gentil c’est vrai.
Nicolas évita son regard, espérant qu’elle ne puisse lire dans le sien. Il se sentait si mal, et si bien à la fois. Elle était si près de lui que s’il n’avait qu’un peu déplacé sa main, il aurait pu la toucher. Mais il n’en avait pas le droit. Plus le droit. Il l’avait perdu…
Nicolas inspirant profondément:-Est-ce que…Est-ce que tu vas bien?Je veux dire…
Hélène hochant la tête, avec un léger sourire:-Ça va…Et toi?
Nicolas:-Moi…(réfléchissant)Ça va…
Ils restèrent quelques secondes sans rien dire. A se regarder, tout simplement.
Hélène tout bas:-Pourquoi es-tu revenu?
« Pour toi » , pensa-t-il sans oser l’avouer de peur de la mettre mal à l’aise, ou pire de la faire fuir. Alors quoi répondre? « Je ne sais pas » murmura-t-il finalement…
Nicolas:-Je crois que…J’en avais besoin…
Hélène hocha la tête comme pour lui dire qu’elle comprenait, et hésitante demanda:-Tu…Tu restes longtemps?
Nicolas gêné:-Je rentre dans trois jours…
Hélène:-Trois jours?
Nicolas avouant:-Oui…Il y a déjà quatre jours que je suis là…
Hélène perdue:-Quatre jours? Quatre jours, mais…Pourquoi tu…(déchirée, incrédule) Tu voulais repartir sans venir me voir?
Nicolas, le regard bas, le cœur serré n’osa pas répondre. Non…Non, il ne l’avait pas voulu ! La voir avait même était sa seule motivation pour revenir ici, dans ce pays. Mais comment lui dire la douleur qu’il avait ressentie à la vue de William? De quel droit? Hélène, la voix pressante, demanda « Nicolas? » . Il releva les yeux et leurs regards s’accrochèrent et ne se lâchèrent plus. Le temps était suspendu…Elle répéta « Nicolas? »
Nicolas simplement:-Non…
Hélène ne comprenant pas:-Alors pourquoi tu…?
Nicolas:-Parce que…J’voulais pas t’embêter et…
Hélène:-Mais…
Nicolas n’y tenant plus, lui avouant:-Je t’aime toujours, Hélène…(la voyant si perdue, se relevant)Mais… Excuse-moi…J’aurais pas dû! Il vaut mieux que je parte!
J’aurais voulu te dire
Mais puisque nos larmes ont séché
A quoi bon se souvenir que nous
N’a jamais existé
Il se releva avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir et s’éloigna d’elle. Vite, très vite. Il avait envie de pleurer. Il se sentait nul! Pourquoi lui avait-il dit? Pourquoi n’avait-il pas su garder ça pour lui?
Seule sur son banc, figée, Hélène pleurait. Doucement. Sans un bruit. Elle n’avait pas été capable de réagir. De répondre quoi que ce soit. De le retenir…
Elle regarda longtemps dans la direction par laquelle il avait disparu. Il avait suffi qu’elle recroise son regard une seule seconde pour qu’elle se rende compte qu’elle s’était bercée d’illusions ces derniers mois en pensant avoir réussi à envisager sa vie sans lui. En dépit de tout ce qui avait pu se passer entre eux, elle l’aimait toujours mais, effrayée, elle l’avait quand même laissé partir.
Perdue dans ses sombres pensées, elle n’avait pas remarqué que le soleil s’était couché et que la température avait diminué de plusieurs degrés. Dans sa petite robe d’été, elle frissonna et se décida finalement à rentrer, redoutant déjà de devoir affronter William. Il devinerait probablement au premier regard à quel point elle se sentait perdue.
Son ami l’attendait dans le salon. Il lui sourit et l’invita à s’asseoir près de lui.
William : Ca s’est bien passé avec Nicolas ?
Hélène : Hum hum
William (avec douceur) : C’est ton Nicolas je suppose ?
Hélène (baissant la tête) : Oui…
William : Ca va ?
Hélène : Je suis juste un peu surprise, je ne m’attendais pas à le voir !
William la fixa un instant et constata à quel point elle avait l’air désemparée de l’avoir revu. Même s’ils en avaient peu parlé, il connaissait toute son histoire avec Nicolas et savait combien il avait compté et comptait certainement encore pour elle.
William : C'est normal...Hélène, tu sais que tu peux tout me dire ?
Hélène : Je sais…mais il n’y a rien à dire…vraiment rien…
William : Tu l’aimes encore n’est-ce pas ?
Mais je t’aime tellement
Que j’espère ne plus te revoir
Tu me manques tellement
Que je vis sans le savoir
Hélène : C’est de l’histoire ancienne…
William : Hélène, pas à moi s’il te plaît !
Hélène : William...
William : Je te connais bien tu sais...
Hélène souriant tristement:-Je sais...
William: Je sais comme il a compté pour toi, c'est normal si tu l'aimes encore…
Hélène:-Je ne sais pas si je l'ai...
William l'interrompant, posant doucement sa main sur son avant-bras:-Hélène!
Hélène détournant la tête:-Je croyais que je commençais à l’oublier mais…
William, doux : Il est revenu pour toi ?
Hélène:-Peut-être...
William lui confessant:-Il est venu ici il y a quelques jours...Il te cherchait, et (lui caressant la joue) il avait l'air aussi malheureux que toi...
Hélène (avouant) : Il m’a dit qu’il m’aimait toujours !
William (lui souriant) : Qu’est-ce que tu attends pour aller le retrouver ?
Hélène : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée…
William : Pourquoi? Puisque vous vous aimez tous les deux ?
Hélène : Parce que...
William surpris:-Parce que?
Hélène les yeux baissés, la gorge serrée:-J’ai peur William! Je ne supporterais pas de le perdre à nouveau !
William lui prenant la main, tentant de la rassurer: Je sais que tu as beaucoup souffert, mais tu risques de passer à côté de ton bonheur si tu n’y vas pas !
Hélène les larmes aux yeux: Pourquoi tu me dis tout ça William ?
William : Pourquoi ? Parce que tu es mon amie, et que je t’ai dit que je t’aime... Tu sais Hélène, aimer quelqu’un c’est aussi vouloir qu’il soit heureux…même si c’est avec un autre !
Hélène (touchée) : Merci William…J’ai de la chance d’avoir un ami comme toi!
William (la prenant dans ses bras) : C'est moi qui ai de la chance de t'avoir. (l'embrassant sur le front) Allez, file vite !
Et je t’aime tellement
Que j’n’arrive pas à t’en vouloir
Tu me manques tellement
Que j’oublie encore trop souvent
De regarder autour
Et je n’ai pas encore trouvé l’amour
Hélène avait marché jusqu’à l’appartement de Guillaume. Tantôt rapidement, tantôt lentement, presque à reculons, partagée entre sa peur de le revoir et l’envie immense qu’elle en avait. Souvent tentée de faire demi-tour, de repartir, là-bas, près de William et de son amitié rassurante. Près de William où elle ne risquait pas de souffrir. Mais pas non plus d’être pleinement entière, heureuse. Amoureuse tout simplement.
Elle connaissait le chemin par cœur, et ses pas l’avait conduite jusqu’au pied de l’immeuble de Guillaume sans même qu’elle ait à y réfléchir. Elle soupira, hésitante, et composa le code d’accès de la porte. Encore une quarantaine de marches, un long couloir, cinq ou six paillassons, et elle serait face à lui. Face à sa porte plutôt…« Et après? » se demanda-t-elle tandis qu’elle était restée figée dans le hall d’entrée, son regard fixé sur les escaliers. « Et après? » c’était la grande question. Qu’allait-elle dire? Qu’allait-elle faire? Quelle serait sa réaction à lui? Il lui avait dit qu’il l’aimait toujours, mais était-ce suffisant, et n’était-ce pas simplement un rêve impossible? La sonnerie d’un ascenseur arrivé à destination la fit sursauter, la sortant de ses pensées, et elle se décida, sans trop savoir si c‘était une bonne idée, à gravir les marches qui la séparaient encore de Nicolas. Arrivée devant la porte de l’appartement 208, elle leva la main, pour sonner, mais n’en fit rien, resta un moment, suspendue dans son geste et finalement, laissa retomber son bras le long de son corps, le cœur serré. A quoi bon remuer le passer? Tout cela ne servirait qu’à la faire souffrir encore…D’un geste désespéré, elle caressa doucement la porte du bout des doigts, tandis que des larmes inondaient son visage. Elle se sentait si mal. Si fatiguée. Pourquoi avait-il fallu qu’il revienne? Elle laissa son front reposer sur le bois froid de la porte, ravala un sanglot, et après un dernier regard, s’éloigna vers l’escalier. C’était trop dur. Elle n’était pas assez forte pour ça. Elle descendit la première marche, puis une seconde, mais une sensation étrange, une appréhension soudaine, la poussèrent à s’arrêter et à regarder à nouveau vers l’appartement, avec l’impression qu’elle devait absolument sonner à cette porte maintenant. Pourquoi cette angoisse soudaine? La peur des regrets? Un trop grand besoin de lui? L’instinct qu’il avait besoin d‘elle? La combinaison des trois peut-être… Elle n’aurait pu l’expliquer, et ne pouvait l‘ignorer. Elle remonta avec précipitation et sans hésiter cette fois, toqua à la porte. Quelques secondes passèrent avant qu’un bruit de pas ne se fasse entendre à l’intérieur. Les battements de son cœur s’emballèrent plus encore. Ses mains tremblaient. Son corps entier en réalité. Le cliquetis significatif d’une porte qu’on déverrouille. La poignée de porte qui s’abaisse de l’intérieur: elle ne pouvait plus reculer cette fois-ci. Sa respiration s’accéléra: il était là, devant elle, l’air surpris, le visage triste et perdu venant s’éclairer d’un petit sourire à sa vue…
Nicolas presque murmurant, refusant d’y croire:-Hélène…
Elle, ne pouvait détacher son regard du sien. De ses yeux bleus délavés qui avaient sans aucun doute récemment versé des larmes. Ils restèrent sur le pas de cette porte de longues secondes en silence, avant que les yeux de la jeune femme ne se posent sur la main du jeune homme. Une bouteille de whisky…Elle répondit enfin, dans le même murmure, « Nicolas… »
Il porta sa main libre au visage d’Hélène, comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, et le caressa doucement d’un lent mouvement du pouce. Elle posa sa main sur la sienne et lui sourit doucement.
Hélène:-Est-ce que…Je peux entrer?
Nicolas hésita une seconde avant de s’écarter de la porte pour lui laisser la place. Elle l’observa encore une seconde, avant d’oser pénétrer dans l’appartement. Les yeux de Nicolas ne la quittaient pas. Il entra à sa suite et referma la porte derrière eux. Hélène stoppa en plein milieu du couloir: le salon était complètement dévasté, comme si une tempête était passée par là.« j'étais...En train de faire du rangement » tenta-t-il de se justifier, toute en reposant sur un meuble la bouteille de whisky, encore pleine, qu’il avait à la main. Hélène se retourna vers lui et l’observa. Il ressemblait à un petit garçon fautif. Elle lui sourit, touchée. Nicolas avouant « Je suis désolé…Je ne sait pas ce qui m’a pris ». Elle haussa une épaule et détourna à nouveau le regard. Il posa sa main sur le bras de la jeune femme, la tête basse. Elle s’approcha du meuble, et prit la bouteille des mains, sans rien dire. Il savait qu’elle n’avait jamais aimé le voir boire, mais c’était si difficile.
Nicolas honteux, sachant ce qu‘elle pensait:-J’ai cru que…Ça m’aiderait à oublier. Je suis désolé…
Hélène sans se retourner:-L’alcool n’arrange rien Nicolas…
Nicolas:-Peut-être, mais…
J’aurais voulu te dire
Combien ça fait mal de vivre
Que l’amour
ne s’apprend pas dans les livres.
Hélène:-Mais….?
Nicolas soupirant:-Je ne sais pas. Fallait que…Je m’anesthésie, pour arrêter de…
Hélène se rapprochant de lui, l’obligeant à la regarder, timidement:-Arrêter quoi?
Nicolas une boule dans la gorge, dans un souffle:-De penser à toi, à nous…A tout ce que j’ai perdu…(les larmes aux yeux) Et que ça me rend fou…
J’aurais voulu te dire
Même s’il est déjà trop tard
Qu’aujourd’hui j’ai compris
Que l’on existe pas à part
J’aurais voulu te dire
Mais ça n’a plus d’importance
Il n’y a que dans les films
Qu’on a une deuxième chance
Le cœur d’Hélène se serra et manqua un battement et elle s’avança tout près de lui, pour se blottir contre son torse. Surpris, le jeune homme poussa un long soupir de bien-être, glissant ses bras autour d’elle, et enfouissant son nez dans ses cheveux. Elle sentait si bon. Il était si bien. Il pouvait presque sentir son cœur battre. Doucement, il laissa sa main courir jusqu’à la sienne et leurs doigts s’entremêlèrent comme s’ils voulaient s’emprisonner…Elle releva les yeux, s’éloignant un peu de lui, et leurs regards s’intensifièrent. Doucement, sans brusquer les choses, elle se hissa sur la pointe des pieds et leurs souffles se mêlèrent. Le cœur prêt à exploser, Nicolas n’osait plus bouger. Les lèvres d’Hélène frôlèrent bientôt les siennes. Tendrement. Timidement. N’y tenant plus, il mêla alors ses baisers aux siens, sa bouche à la sienne. Jusqu’à bout de souffle. Et toujours sans prononcer un mot, il l’entraîna jusqu’au canapé qu’il débarrassa et où ils s’assirent blottis l’un contre l’autre. Il l’embrassa longuement dans les cheveux, puis reposa sa joue contre sa tête, lui caressant d’un geste quasi automatique la peau nue de son épaule, du bout des doigts.
Hélène se redressa un peu, se tourna vers lui et lui caressa doucement le visage, comme pour mémoriser chaque courbe, chaque creux, chaque détail de celui-ci, et continua dans les cheveux, avant de lui murmurer « Moi aussi, je t’aime toujours. Tellement… » Il lui sourit, et lui prit un long et tendre baiser, murmurant à son tour « Je sais pas vivre sans toi… »
Elle se blottit un peu plus contre lui et lui sourit. Comment avait-elle pu survivre tant de temps sans lui? Elle ferma les yeux et se laissa envahir par son odeur, par la chaleur de sa peau, par ses douces caresses et ses baisers légers. C’était comme s’il n’y avait plus rien autour…
Longtemps ils firent l’amour. Fusionnant et ne faisant plus qu’un. Une unité. Un tout. La reconstruction d’une harmonie parfaite.
Epilogue 6 mois plus tard:
Nicolas et Hélène étaient rentrés ensemble de Sydney, pour la plus grande joie de tous leurs amis, mais pour la leur avant tout. Ils s’étaient installés ensemble à la cabane, redécouvrant les joies de la vie à deux. Nicolas se montrait aux petits soins pour Hélène, plus amoureux que jamais et il lui avait demandé de l‘épouser. Elle avait évidemment accepté, folle de joie, et ils avaient rapidement annoncé la nouvelle à toute la bande: En décembre, ils se marieraient, entourés de leurs parents et amis. Dans 3 mois…
Hélène était allée regarder le soleil se coucher sur la mer en attendant le retour de Nicolas. L’air un peu triste, soucieuse…Quand il arriva, elle ne l’entendit pas approcher, trop perdue dans ses pensées, et sursauta quand elle sentit ses bras entourer sa taille.
Nicolas amusé, l’embrassant dans le cou:-Je t’ai fait peur?
Hélène se retournant face à lui, se blottissant dans ses bras:-Non, juste surprise…
Nicolas:-Où étais tu partie?
Hélène un peu tristement:-Nulle part…
Nicolas inquiet:-Ben si: Dis-moi!
Hélène soupirant, avouant:-En Australie…
Nicolas blêmit:-En Australie? Ma puce, je…
Hélène plongeant ses yeux tristes dans les siens:-Non…C’est t’en fais pas…C’est juste…Nicolas, il faut que je te dise quelque chose…
Nicolas l’encourageant, prenant sa main:-Dis-moi…Qu’est-ce qui se passe?
Hélène:-Tu sais…Enfin tu te rappelles ce que je t’ai dit après ton départ la…
Nicolas finissant pour elle, sachant combien c’était douloureux:-Ta fausse couche? (elle hocha la tête) Si tu savais comme je m’en veux encore et…
Hélène ne le laissant pas finir:-Nicolas, je suis enceinte…De 6 semaines déjà…
Nicolas incrédule:-Quoi? (réalisant) Mais…Mais c’est génial! (La serrant dans ses bras, les larmes aux yeux)Oh mon amour si tu savais comme je t’aime!
Hélène paniquée:-Mais Nicolas, si jamais…
Nicolas:-Si jamais quoi?
Hélène:-Si jamais je le perdais…Je ne sais pas si je m’en remettrais…
Nicolas fronçant le front:-Hé…(sa main sur son ventre) Il ne lui arrivera rien, ne t’en fais pas: je te le promets!
Hélène:-Mais Nicolas…?
Nicolas:-Tout va bien se passer…Je suis là…(l’embrassant) Je suis là. Pour toi et pour lui.
Il lui déposa un baiser sur les lèvres et elle esquissa son premier sourire depuis son retour.
Nicolas lui caressant le ventre, promettant:-Je vais veiller sur toi. Tu sais que tu es ce que j’ai de plus précieux au monde…
Hélène:-Je t’aime!
Nicolas:-Moi aussi, je t’aime…
Hélène souriant soudain:-On va avoir un petit problème je crois…
Nicolas surpris:-Lequel?
Hélène posant sa main sur la sienne:-Je ne rentrerai plus dans ma robe en décembre…
Nicolas avec un immense sourire, l’embrassant dans le cou:-Tu sais quoi? On s’en fou! Le principal, c’est toi, moi et notre bébé!
Fin

Avrildemai-

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