Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Message  Jonathan le Lun 14 Sep 2009 - 22:31

La naissance d'une star

Deux ans se sont écoulées depuis le départ de Manuela à Love Island, ces 2 années ont était très intense pour Manuela, elle a trouvé l’homme de sa vie et est devenue chanteuse.
Remontons un peu le temps pour revenir 2 ans avant…

Manuela avait quitté Love Island avec Linda il y a 3mois, elles avaient repris leur métier de mannequin mais Manuela ressentait une lassitude, ce qui lui plaisait c’est de chanter.
Linda voyait bien que son amie n’était + aussi épanouie dans ce qu’elle faisait et qu’elle commençait peu à peu à reporter les séances de photos.
Elle travaillait ce soir là avec un ami photographe qui est aussi producteur dans une maison de disque, elle lui fait écouter la chanson « Regarde maman » que Manuela avait chanté au Nelly’s, Linda avait toujours gardé cette cassette dans son sac, elle aimait l’écouter quand ca n’allait pas fort.
Le producteur aimait le timbre de voix de Manuela et voulait la rencontré le + tôt possible.
Linda rentra chez elle et annonça à Manuela qu’elle avait un rendez vous très important le lendemain à 10h et qu’elle aimerait qu’elle l’accompagne…

Le lendemain matin, Manuela et Linda vont au rendez vous, Manuela ne se doute pas de ce qui l’attend.
Elles entrent dans la maison de disque et Linda dit qu’elle a rendez vous avec Pascal, la secrétaire lui indique le chemin à suivre pour se rendre au bureau et les 2 amies s’y rendent.
Manuela entre dans le bureau et se demande ce qu’il se passe, Linda la suit mais ne lui a toujours rien dit.
Pascal leur dit bonjour, il regarde Manuela et lui dit qu’elle a une magnifique voix.
Manuela : Merci mais je ne comprends pas ce qu’il se passe, pourquoi suis-je ici ?
Pascal : Je vois que tu ne lui as rien dit, tu as eu raison…
Il se lève et met la chanson de Manuela, elle est sous le choc, elle ne s’attendait vraiment pas à ce que son amie donne un jour cette chanson à un producteur.
Pascal : La cassette n’est plus dans un très bon état, ca vous dérangerais de chanter cette chanson en live ?
Manuela est intimidé, Linda la regarde et lui fait un sourire, Manuela sait que son amie a fait ca pour la rendre heureuse et se met à chanter.
Pascal est sous le charme, il aime entendre la voix de Manuela et sait que le public tombera sous son charme.
Pascal : Magnifique, merci Manuela de m’avoir offert ce petit instant de bonheur.
Manuela : Je n’étais pas du tout préparé à chanter, j’ai du faire quelques fausses notes…
Linda : Mais arrête de te dénigrer, tu étais parfaite comme toujours.
Pascal : Linda a raison… Manuela est ce que vous accepteriez d’enregistrer cette chanson et de la sortir en single ?
Manuela toujours sous le choc : Euh… Oui bien sûr.
Pascal : Merci, on enregistre ca dans 1semaine si tu es d’accord.

Elles rentrent chez elles et mangent une petite salade.
Manuela : Mais tu es complètement folle toi !!! Jamais je n’aurais cru que tu donnerais la cassette à un producteur.
Linda : Je sais que tu n’es pas heureuse dans le métier qu’on fait, ton rêve c’est de chanter pas de poser pour des photographes. Je voulais te faire ce cadeau et te rendre heureuse comme tu le mérites.
Manuela : Merci ma chérie mais j’étais tétanisé quand il a mis la chanson, je m’attendais pas du tout à ca. Il a l’air sympa Pascal en +, ca change de ce pourri de Thomas Favas…
Linda : Pascal c’est une crème, un mec super qui sera toujours à ton écoute, il croit beaucoup en toi tu sais.
Manuela : Ca me fait super plaisir, j’ai l’impression d’être dans un rêve tellement tout ca arrive soudainement.

Deux mois se sont écoulés, Manuela a sorti son 1er single il y a une semaine, tout s’enchaine très vite pour elle.
Elle est invité sur les plus grande chaînes télé telle que TF1, France Télévision ou encore M6.
Le single s’est classé en 1ere position dès sa sortie, elle a était invité au JT de 20h de TF1 le jour de la sortie.
Pascal reçoit de nombreuse demande d’artiste qui veulent travailler avec elle et lui écrire des chansons.
Manuela se sent un peu dépassé face à tant de succès, Linda l’aide à garder les pieds sur terre, elle a même arrêté son boulot pour suivre Manuela partout.

Un soir, Pascal a invité Manuela et Linda au restaurant, il a une grande nouvelle pour elle.
Pendant le repas, Pascal annonce à Manuela qu’Alicia Keys cherche une chanteuse française pour faire sa première partie à Bercy !!!
Manuela : Pascal tu me fais peur, tu veux que je chante en 1ere partie d’Alicia Keys ?? J’adore cette chanteuse depuis son 1er album, j’ai toute ses chansons et là chanter sur scène avec elle c’est juste un truc de fou.
Linda : Quand à lieu le concert Pascal ?
Pascal : Le 21 octobre, dans un mois tout juste.
Manuela : Combien de chanson vais-je devoir chanter ?
Pascal : Il en faudrait 5 ou 6, si ta rencontre avec Alicia se passe bien, il se pourrait que tu chantes No One en duo avec elle.
Manuela : Waouw le truc de ouf !!! Tu va finir par me faire avoir une crise cardiaque toi avec tes nouvelles de fou.

Un mois plus tard, Manuela arrive à Bercy ou elle va rencontrer Alicia Keys.
Elle est stressée, elle à peur d’avoir l’air bête en chantant avant elle sur scène et que le public la hue.
Linda et Pascal sont à ses côtés, ils lui disent que tout va bien se passer.
Elle entre dans la loge et Alicia l’accueil avec un grand sourire, elle la met tout de suite à l’aise en lui racontant une anecdote qu’il s’est passé ce matin quand elle a essayé une robe et que celle-ci s’est déchiré.
Le courant passe bien entre les 2 filles et Alicia complimente Manuela sur sa voix, elle a écouté son single ce matin et même si elle ne comprend pas le français, elle a trouvé que Manu avait une voix magnifique.
Le concert va bientôt commencer, les filles ont répété le duo et Manuela s’apprête à faire son entrée sur scène devant un public en folie.
Elle chante 6 chansons, le public lui fait une standing ovation et Manuela se sent bien, elle est heureuse de voir le public l’applaudir avec tant d’enthousiasme.
Manuela annonce qu’Alicia va arriver et le public crie encore + fort, ils sont déchainés ce soir.
Alicia arrive et chante « No one » avec Manuela, le public applaudit et Alicia remercie Manuela d’avoir était aussi talentueuse.

A la fin du concert, le producteur d’Alicia vient voir Manuela et lui fait part de son intérêt de la prendre sous son aile aux USA et de lui faire sortir un album en anglais.
Manuela est étonné, elle doit réfléchir et demande au producteur si ca le dérange qu’elle lui donne sa réponse + tard, celui-ci accepte.
Beaucoup de stars sont venus assister au concert, ils sont dans l’espace VIP et applaudissent aussi Manuela quand elle arrive.
Pascal Obispo, Jenifer, Mimie Mathie et les autres parlent un à un avec Manuela et lui disent qu’une grande carrière s’offre à elle.
Alicia invite même Manuela à sortir en boite, elles font la fête dans la meilleure discothèque de Paris.

Quelques jours ont passés, Manuela est chez elle avec Linda et Bruno !!!
Manuela a revu Bruno il y a quelques jours, tout de suite ils sont tombés dans les bras l’un de l’autre comme avant.
Bruno n’était pas au courant que Manu est devenu une star, il vit à New York ou il travaille dans une maison de disque et il est venu à Paris pour accompagner Alicia Keys.
Bruno et Linda encourage Manuela à partir aux USA, de tenter sa chance là bas et de voir si le public apprécie son talent autant qu’en France.
Manuela a accepté l’offre du producteur d’Alicia Keys et elle part à New York avec Bruno et Linda.
Ils s’installent dans l’appartement de celui-ci, Manuela a pris quelques cours d’Anglais en accéléré et la maison de disque lui offre un coach pour l’aider à accentuer la langue.

Six mois se sont écoulés, Manuela sorti son 1er album en anglais il y a 2mois et c’est un vrai succès, elle a la chance de bénéficier du soutiens d’Alicia Keys et elles ont même enregistré un duo qui se trouve sur l’album de Manu.
Manuela est invitée dans plusieurs émissions télé et sa tournée aura lieu dans moins de 2mois.
Bruno et Linda l’aident à gérer sa carrière et son au petit soin pour leur amie.

C’est le grand soir, la tournée commence dans la plus belle salle de concert de New York, 10 000 fans sont venus assister au concert, Manuela y chante les chansons de son dernier album mais aussi 5 chansons en français car elle sait que beaucoup de francophones qui vivent à New York, sont venu la voir.
A la fin du concert, le public est heureux, Manuela leur a offert 2h30 très intense et c’est les larmes aux yeux qu’elle quitte la salle, elle est si heureuse aujourd’hui.

Elle quitte la salle, ils vont manger et Bruno lui fait livrer ses fleurs préférés.
Après le repas, Manuela ne se sent pas bien, elle va au wc et est malade.
Ils rentrent chez eux, elle se couche dans son lit et le lendemain matin quand elle se rêveille, Bruno fait venir le médecin, il ne voit rien et lui fait passer un test de grossesse qui s’avère possitif.
Manuela est enceinte !!!
Bruno : C’est le + beau jour de ma vie, on va être parent !!!
Manuela : C’est le + beau cadeau que la vie pouvait me faire, avoir un seul enfant de toi ca fait si longtemps que j’attendais ca.
Ils vont chez le gynécologue, il annonce à Manuela qu’elle est enceinte de 8semaines et que sa grossesse se passe bien.

Six mois ont passés, Manuela vient d’accoucher d’une petite fille, Myriam se porte bien et est le rayon de soleil de ses parents.

Fin.

Joyeux Noel Mymy Wink

Jonathan

Nombre de messages: 705
Age: 25
Date d'inscription: 17/05/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Message  Kadjinska le Sam 17 Oct 2009 - 13:07

Joyeux Noël Pitchoune ^___^
J'espère que tu apprécieras mon histoire.
Et merci pour m'avoir donner l'idée, je me suis bien amusée ^^

Merci également à Mélodie et Lel pour leur temps, leur relecture et leur travail sur cette fic ^____^




Did I tell you ?




Dans les loges…



- Tu trouves pas qu’elle a encore maigri ?...
- Et là, Johan est sortie de son bureau, verte de rage…
- Vous pourriez mettre la tête en arrière s’il vous plaît ?
- Rien à voir, tellement kitsch !...
- Mais SI ! La nana qui présente le journal sur Chanel 4…
- Attention, fermez les yeux !
- Les gars ! La patronne descend dans trois minutes, tenez-vous prêts !
Assise sur le fauteuil depuis bientôt vingt-cinq minutes, Manuela observait le poulailler qui caquetait tout autour d’elle. Des filles uniquement en jeans, certaines avec des casques sur les oreilles, d’autres des pinceaux à la main, d’autres passant et repassant avec une robe, un jean, un top… Des grands mecs baraqués marchaient dans tous les sens, l’un avec une caméra, l’autre avec un script… Tous en train de s’apostropher, se donner des conseils, se raconter leur vie (bien que ce soit plutôt celle des autres)… Ce n’était pas sa première télé, ce ne serait pas la dernière, mais Manuela s’amusait encore de ce spectacle, comme si c’était la première fois. C’était toujours la même chose : les costumières étaient copines avec les maquilleuses, qui haïssaient les techniciens, toujours en train de les presser « parce qu’ils avaient un planning à respecter », qui le leur rendaient bien.
C’était ça, un vrai plateau télé. Des embrouilles, des cafouillages, des ragots, et bien sûr, un maître des lieux. Sur ce plateau-ci, il s’agissait d’un coiffeur trentenaire blond, appelé Mac, surnommé « Langue de Pute ». Vous vouliez du potin ? Vous pouviez compter sur lui. A côté, Perez Hilton et son blog s’apparentaient à Gérard Melun et sa feuille de chou « Les Nouvelle de Sainte Maxence ». Vous ne savez pas qui est ce Gérard ni ce qu’est Les Nouvelles de Sante Maxence ? Personne ne sait. Ce qui prouve bien que…
- Le truc, c’est que nous coiffeurs sommes un peu comme les femmes de ménage dans les entreprises, avait expliqué Mac à Manuela après que cette dernière lui ait demandé si son surnom ne le dérangeait pas. La plupart des stars qui s’installent dans ce fauteuil ne s’intéressent pas à nous. On fait quasiment partie de la déco. Il suffit d’être un peu aimable, de savoir les brosser dans le sens du poil, et paf ! Elles vous racontent tout, et en détail ! Parfois, quand elles s’aperçoivent qu’elles m’en ont trop dit, elles se promettent de ne plus me parler. Sauf qu’elles prennent quand même leur conversation téléphonique devant moi. Et je ne vous parle pas de leurs agents !
Manuela aimait bien Mac. C’était un type beaucoup trop bavard et curieux, mais il restait très gentil, et surtout, très divertissant. Idéal lorsque le trac vous tordait le ventre.
Et à cet instant, Manuela était au bord de l’apoplexie. Cette semaine était la pire de sa vie, question stress. D’abord il y avait eu l’annonce. Maintenant cette émission. Et dans deux jours… L’angoisse…

Manuela ne voyait plus les visages, ne voyait plus les gens. Tapie dans l’ombre, elle ne comprenait même plus ce qu’il se disait, attendait simplement qu'on l’appelle. Le moindre frôlement la faisait sursauter, le moindre applaudissement lui donnait la nausée. Elle ne pourrait jamais faire ça… Elle s’était trompée. De voie, de personne, de rencontre… Ca n’était pas elle. Une erreur. Comment on faisait pour faire machine arrière ?
- Mesdames et messieurs… Un triomphe pour MANUELA !
Trop tard…




Que le spectacle commence !



Manuela respira une dernière fois, puis se lança sur le plateau. Sourire n’était pas difficile, au vu de l’émotion qui la submergeait. Voir autant de gens se lever pour elle, l’acclamer… C’était quelque chose dont elle n’avait toujours pas l’habitude, et qui la rendait euphorique.
Elle salua les gens de signes de la main. Elle rejoignit rapidement Oprah Winfrey, qu’elle embrassa chaleureusement. Puis, la présentatrice l’accompagna jusqu’au fauteuil, l’invitant à s’assoir. Les spectateurs applaudissaient toujours à tout rompre, sous les yeux amusés des deux femmes.
- Wahou ! Et bien… Quel accueil ! lança Oprah, marquant ainsi la fin des applaudissements.
- C’est en effet très impressionnant, répondit Manuela, les joues encore roses d’émotion. Je ne m’attendais pas à être aussi bien reçue.
- Ah bon ? Pourtant, vous êtes toujours la bienvenue, j’espère que vous le savez.
- C’est très gentil à vous, sourit Manuela.
Mais c’est pas pour ça que je viendrais plus souvent, ajouta mentalement Manuela
The Oprah Winfrey Show était l’un des talk show les plus regardés des Etats-Unis, avec près de trente millions de spectateurs en moyenne. Et l’on ne comptait plus les fois où Oprah avait été désignée comme personnalité la plus influente du monde par le magazine Forbes. Pourtant, Oprah restait une personne adorable. Elle avait la faculté de mettre les gens à l’aise, et savait où se trouvaient les limites à ne pas franchir pour ne pas embarrasser ses invités. Non, le seul vrai problème de ce show n’était ni sa présentatrice, ni son ambiance… C’était que c’était en direct. Et Manuela n’était pas sûre que ce soit une bonne idée.
- Alors, êtes-vous prête à commencer ? demanda Oprah en lança à Manuela un regard encourageant.
- Bien sûr, mentit cette dernière en affichant son plus beau sourire.
Ne pas penser que c’était en direct. Ne pas y penser. C’est une simple conversation entre amies. C’est tout. Entre amies et… trente millions de personnes. NON ! Elle ne devait pas penser à ça. Se concentrer sur Oprah. Juste sur Oprah.
- Nous sommes ensemble sur ce plateau pour une petite heure, annonça Oprah. Pour discuter de vous, de votre histoire, de votre parcours… Afin de permettre aux gens de tout simplement mieux vous connaître. Vous faites en général très peu de télé, lança Oprah, sans préciser si c’était une affirmation ou une question.
- C’est vrai ! Je… Ne suis pas vraiment à l’aise devant les caméras.
- Je m’estime d’autant plus chanceuse d’avoir réussi à vous faire venir jusqu’ici, alors, rit l’animatrice. Je crois que vous connaissez le principe de l’émission : on va faire défiler une photo sur cet écran en face de vous, photo qui aura un lien avec votre histoire, et que vous commenterez au fur et à mesure. Cela vous convient ?
- Parfaitement, acquiesça Manuela.
- Alors avant de vraiment commencer, je vais peut-être résumer votre carrière, afin de donner aux spectateurs un avant-goût de ce qui va suivre : vous êtes donc Manuela Lopez, vous avez 31 ans, et vous êtes chanteuse, notamment de la chanson « I need you », sortie il y a plus de cinq ans. Et aujourd’hui surtout, vous êtes ici suite à la sortie de votre troisième album « Did I tell you ? », et plus particulièrement, suite à votre nomination dans trois catégories aux Grammy Awards, pour l’Artiste Féminine de l’Année, l’Album de l’Année et la Chanson de l’Année pour « Catrina » !
Un tonnerre d’applaudissements fit sursauter Manuela, auquel se joignirent ceux d’Oprah.
Manuela les remercia tous d’un signe de tête, et l’animatrice poursuivit :
- Voilà donc pour le résumé très concentré de votre parcours. Mais nous n’allons pas parler que de cela. Vous avez aussi connu des moments très difficiles dans votre vie, dont vous souhaiterez peut-être parler un peu plus. Et de moments beaucoup plus heureux aussi… Vous êtes prête à commencer ? demanda l’animatrice après une légère pause.
- Je le suis.
- Parfait !


Dernière édition par Kadjinska le Sam 19 Déc 2009 - 23:17, édité 1 fois

Kadjinska

Féminin
Nombre de messages: 264
Age: 25
Localisation: Lille
Date d'inscription: 28/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Message  Kadjinska le Sam 17 Oct 2009 - 13:12

La France




- C’est la première photo que je vous propose de « raconter » aujourd’hui, annonça Oprah tandis que Manuela s’enfonçait dans le canapé. Pour les gens qui n’auraient pas pris géographie en classe, il s’agit de la France, ajouta-t-elle en direction du public.
- Exact, sourit Manuela. Mon pays d’origine.
- Vous y retournez de temps en temps ?
- Bien sûr ! J’y ai encore toute ma famille. C’est mon pays, mes racines… J’y retourne à peu près deux fois par an, pour les fêtes de Noël et les vacances d’été. Enfin, quand j’en ai !
- Les gens doivent être terriblement fiers de vous, là-bas.
- J’espère. A vrai dire, j’avais très peur que l’album sorte en France, j’ai retardé ce moment autant que j’ai pu.
- Tiens ? Pourquoi cela ?
- C’est assez difficile à dire… C’est vrai que les français ont un côté assez chauvin : lorsque c’est français, on aime, par principe. Mais j’avais aussi très peur qu’ils me jugent sévèrement, qu’ils se disent : « pourquoi les américains aiment autant ce qu’elle fait ?
C’est pas mieux qu’autre chose ! » ou encore « pourquoi elle préfère faire de la musique aux Etats-Unis, la France, c’est bien aussi ! »… Bref, oui, j’avais une grosse pression. Probablement parce que c’est important pour moi.
- Vous aviez quelque chose à leur prouver, quelque chose comme ça ?
- Un peu. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais oui, il doit y avoir un peu de ça.
- Alors la France, c’est aussi le pays où vous avez chanté pour la première fois…
- Oulà ! C’est vrai, mais pas de la même façon que je l’ai fait ici ! En France, je ne chantais que pour et avec mes amis. Lors de soirées, par exemple. Mais à l’époque, en aucun cas, je n’aurais pensé devenir chanteuse, en faire mon métier. C’était plus un passe-temps, quelque chose de vraiment personnel. Ca n’avait rien de comparable avec ce que je fais aujourd’hui !
- Justement, parlons un peu de ce que vous étiez, avant. Voici la nouvelle photo.


Manuela Mannequin




- Très jolie photo d’ailleurs.
- Merci.
- Ca a été votre premier métier, n’est-ce pas ? demanda Oprah. Mannequin.
- Oui. J’ai commencé en tant que professionnelle sur le tard, vers vingt-deux ans. Cette photo doit dater de mes vingt-trois ans.
- Ca vous a plu ?
- Beaucoup oui. Du moins dans les premiers temps. Même si tout n’est pas rose dans ce métier, il a quand même de sérieux avantages : les voyages, les vêtements que l’on porte, l’argent aussi, on ne va pas se mentir…
- Comment êtes-vous arrivée dans ce milieu, plutôt fermé ?
- Par piston ! rit Manuela. J’avais une amie mannequin, qui un jour m’a proposé de faire des photos avec elle. J’ai accepté, et adoré ! Et quelques jours plus tard, on m’a proposé de partir au Mexique pour faire d’autres photos, et puis ensuite j’ai enchaîné pendant près de deux ans.
- Ce que l’on sait moins, c’est que vous avez aussi fait des photos, non professionnelles, celles-ci…
- Exact, confirma doucement Manuela. J’ai fait des photos lorsque j’avais dix-sept ans… Dont je ne suis pas très fière.
- Que s’est-il passé ? demanda Oprah avec douceur.
- Et bien… A l’époque, j’avais besoin d’un peu d’argent, pour différentes raisons, commença Manuela, gênée. Un photographe m’a repérée par hasard dans la rue et m’a proposé plusieurs milliers de francs – l’ancienne monnaie française – pour faire quelques photos, et j’ai accepté, par naïveté. Au début, il ne s’est rien passé de spécial. C’est après que cela s’est compliqué… Et je me suis retrouvée à faire des photos de charme, sans même m’en apercevoir. Il faut bien comprendre qu’à dix-sept ans, on n’a pas toujours conscience du danger. J’étais là, devant l’objectif d’un photographe, qui me disait toutes les dix secondes que j’étais magnifique, très photogénique… Je me suis laissée amadouer, flatter… Je suis très, très loin d’en être fière.
- Pourtant, vous êtes loin d’être la première…
- Et très loin d’être la dernière. C’est pour ça que j’en parle aujourd’hui : parce qu’il y a probablement en ce moment même, d’autres filles, majeures comme mineures qui sont en train de se faire avoir. Ce que j’ai envie de faire comprendre aux gens, c’est d’abord que faire ce genre de photo est une grave bêtise. Mais ça ne fait pas de moi, de nous, de mauvaises personnes. Des erreurs, nous en faisons tous, sauf qu’elles n’ont pas toutes les mêmes conséquences. Et d’autre part, qu’avoir des rêves, c’est parfait. Que tout faire pour les réaliser impose le respect. Mais il est faux de penser qu’il faut tout accepter, céder à tous les sacrifices. Je comprends que des filles puissent vouloir être mannequin, chanteuse, actrice… Et qu’elles fassent tout ce qu’elles peuvent pour y parvenir, je suis l’une d’entre elle. Mais qu’elles ne se laissent pas avoir ! Les gens n’ont pas tous de bonnes intentions, et un bon mannequin, une bonne artiste, c’est aussi quelqu’un qui sait se protéger. Donc, quoique vous fassiez pour arriver à vos fins, soyez prudent ! Aimez-vous assez pour ne pas vouloir souffrir, vous laisser envahir par le remord ou la honte d’avoir fait quelque chose qui n’aurait été qu’une erreur de parcours. Et ne laissez pas les gens vous détruire : que ce soit avant en vous laissant amadouer, ou après en essuyant les moqueries, les jugements… Soyez fortes et ne faites jamais quelque chose dont vous n’avez pas envie.
Manuela reprit son souffle tandis que les spectateurs applaudirent son plaidoyer. Avait-elle réussi à faire passer son message ? Elle l’espérait. Dire tout cela l’avait requinquée. C’était l’un des deux passages de l’émission qu’elle redoutait le plus. L’un des plus difficiles. Jamais elle ne se serait crue capable de parler de ce genre de chose, surtout à la télévision. Pendant des heures, elle avait hésité… Il y aurait des conséquences à cette révélation. Les paparazzi ne manqueraient pas de se lancer à la recherche de ces photos… Les trouveraient-ils ?
« On ne parlera que de ce dont vous voulez parler. Il n’y a pas d’obligation. Si vous voulez vous rétracter, même au tout dernier moment, il n’y a pas de problème. C’est votre histoire, votre émission. Faites-moi savoir ce que vous voulez faire, et tout ira bien ».
Manuela pensa à ces mots, prononcés par Oprah tandis qu’elles préparaient l’émission. Et Manuela se sentit plus légère, lorsqu’elle vit dans les yeux de l’animatrice assise en face d’elle, la lueur de soutien. Elle avait réussi.
- Dieu merci – cette erreur de parcours, je peux la qualifier ainsi ? – ne vous a pas empêchée de faire une carrière de mannequin, ni de chanteuse.
- C’est vrai, j’ai eu beaucoup de chance. Mais je crois que je suis une fille chanceuse en général. J’ai eu des amis extraordinaires qui m’ont beaucoup soutenue, beaucoup apporté… Tout comme ma famille. Je ne peux pas me plaindre de cela.
- Et puis, au-delà de cet épisode, il y a eu quand même beaucoup de bons moments en tant que mannequin, je suppose.
- Bien sûr ! Beaucoup de belles rencontres, bien que toutes éphémères. Beaucoup de très beaux paysages, de voyages… Et puis, je suis aussi très contente d’avoir fait toutes ces photos ! Les gens ont souvent horreur des photos, alors ils se cachent, et le regrettent plus tard, lorsqu’ils ont cinquante ans. Ils veulent se replonger dans leurs souvenirs, mais n’ont aucune photo d’eux… Moi, au moins, j’en ai des centaines ! Et très jolies ! rit Manuela.
- Et puis surtout, c’est ce métier de mannequin qui vous a amenée à New-York ! Et c’est d’ailleurs la prochaine photo.



New York




Manuela but quelques gorgées d’eau en voyant la photo de New York apparaître à l’écran ; sa gorge s’étant asséchée d’un seul coup. Le voilà, le moment qu’elle redoutait tant. Plus que l’autre. Serait-elle assez forte ? Allait-elle trébucher ? Tomber ?
- Vous êtes donc arrivée à New York il y a plus de six ans maintenant. Comment êtes-vous arrivée ? Pour quelles raisons ? enchaîna Oprah, bien que consciente du trouble de la chanteuse.
- Pour des raisons professionnelles, articula Manuela en se forçant à sourire. J’avais vingt-cinq ans, et avec mon amie mannequin, on nous a proposé de faire de nouvelles photos pour une campagne de publicité, et le photographe était à New-York. A l’époque j’étais en vacances avec tous mes amis dans une île des Caraïbes. Du jour au lendemain, on a dû partir précipitamment pour aller à New York. On a fait les photos, tranquillement, et… Je ne sais pas pourquoi, soudain, je n’ai plus eu envie de partir de cette ville. Je m’y sentais comme chez moi. Ca a été une sensation très étrange. J’avais très envie de retrouver mes amis, mais… Je n’ai jamais pu ! En arrivant, j’ai retrouvé quelqu’un qui me manquait depuis très longtemps et… Ca a été une sorte d’évidence. Lorsque je rentrais le soir dans l’appartement qu’il nous avait prêté… Je me sentais enfin en paix. Dans une ville où personne ne me connaissait, où j’avais tout à découvrir… J’ai eu un vrai coup de foudre pour cet endroit, et je ne l’ai jamais quitté. C’est l’endroit le plus éclectique que j’ai jamais visité, et ça m’a… émerveillée.
L’émotion de Manuela parlant de New York était palpable et Oprah sourit à son tour. Mais pas pour longtemps.
- Pourtant, c’est à New York que vous avez décidé de mettre un terme à votre carrière de mannequin, suite à un violent traumatisme. Est-ce que… Est-ce que vous voulez nous en parler ? demanda doucement Oprah.
Manuela se mordit les lèvres, chercha le regard d’Oprah. L’animatrice attendait sa réponse, quelle qu’elle soit, semblait-il. Pour se donner du courage, Manuela pensa à toutes ces personnes qui comptaient sur elle, et qu’elle ne voulait pas décevoir. Toutes ces femmes, ses collègues, ses amies… Elle prit alors une profonde inspiration, et se décida.
- Lorsque, euh…
Par où commencer ? Comment le dire ? Avec quels mots ?
- Lorsque j’avais vingt-quatre ans, recommença Manuela après s’être éclairci la voix, il m’est arrivé… Quelque chose… De très douloureux. De très violent. Et je suis… Extrêmement gênée d’en parler aujourd’hui, bien que rien ne soit ma faute, et que l’on ne m’oblige à rien. Ma vie a… Radicalement changé en une seule nuit. Lorsque… j’ai été… Violée, par trois hommes.
Un « oh » surpris et dégoûté s’éleva dans l’assistance, ce qui fit baisser les yeux de Manuela. Sa respiration se troubla, et son expiration se saccada.
- Les circonstances n’ont pas tellement d’importance. Ce qui en a, c’est le fait que ça ait eu lieu. Et les conséquences que cela a pu avoir. Sur à peu près tout, poursuivit Manuela. Sur ma vision de la vie, sur ce que je pensais de moi, sur le regard que je pouvais porter sur les gens, que je les connaisse depuis des années ou que cela soit de simples passants…
Plusieurs souvenirs qu’elle haïssait lui revinrent en mémoire. Sa bouche se tordit de dégoût, tandis qu’elle se chargeait d’acidité.
- Vous avez voulu vous venger ? demanda Oprah, voyant que Manuela ne parvenait pas à continuer seule.
Le plus dur était fait. Maintenant que c’était annoncé, tout ce qui lui restait à faire était d’expliquer, de témoigner. Chose qu’elle avait faite si souvent qu’elle n’avait plus peur. C’était toujours douloureux, mais pas insurmontable.
- Bien sûr. Et je me suis vengée, avec l’aide d’une amie, reprit Manuela. Mais cela… Ne résout rien. Ne répare pas. C’est surtout ça qui fait le plus mal : c’est quelque chose que l’on ne peut pas réparer. Et ça ne… La vengeance n’aide pas parce que le traumatisme est beaucoup trop violent. Le viol, expliqua doucement Manuela, ce n’est pas seulement une agression physique. C’est une violation entière de votre être. Ca remet en cause tout ce que vous croyiez. Pendant très longtemps, j’ai cru que j’étais presque invincible, intouchable. Rien ne pourrait m’arriver. Mais le jour où on m’a violée… On m’a surtout prouvé à quel point j’étais faible. Sans défense. Je me suis rendue compte que j’étais incapable de me protéger. Et plus que la violence physique que l’on peut ressentir, mais qui finit par disparaître, c’est ce sentiment de ne pas être assez forte pour se protéger qui m’a fait le plus mal. Ca explique d’ailleurs pourquoi, après de telles violences, on ne supporte plus d’être touché, même lorsque l’on ne nous veut aucun mal. C’est une façon, je crois, de se prouver qu’on peut encore se protéger. Restaurer, quelque part, sa confiance en soi…
Oprah déglutit avec difficulté, mais sourit à Manuela.
- Vous avez l’air tellement forte. Jamais on n’aurait pu croire cela, en vous voyant.
- Et bien, ça fait sept ans maintenant. C’est… Encore très proche, en fait. Mais, j’ai eu de la chance. J’ai été très bien épaulée. Très aimée aussi, ce qui aide toujours beaucoup, même si sur le coup, on ne s’en rend pas compte. Aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas me laisser abattre, affirma Manuela. La vie est belle. C’est quelque chose de précieux, et je ne veux pas la gâcher. Même si j’y pense encore tous les jours, même si ça fait encore mal… C’est assez paradoxal avec ce que j’ai dit il ya deux minutes, je le sais, mais… Objectivement… C’est loin. Sept ans… Un jour, j’ai réalisé que je ferais une très grosse erreur… Si je n’essayais pas de passer au-dessus de ça. Ca a l’air facile, lorsque je dis ça. On doit avoir l’impression que j’ai décidé ça un matin et que j’ai réussi. Ca n’a pas été le cas du tout, ça m’a pris des années. Mais j’ai remonté la pente. Et aujourd’hui, j’ai beaucoup d’occasions d’être heureuse, ça me suffit pour ne pas me laisser sombrer.
Oprah sourit encore davantage à Manuela, et posa sa main sur la sienne, en signe de soutien. Manuela lui sourit en retour, et serra sa main, elle-aussi.
- Pour en revenir à mon métier de mannequin, reprit Manuela quelques instants plus tard, d’une voix redevenue parfaitement normale, il est clair que cet évènement a beaucoup joué. Parce que je ressentais trop la comparaison entre ce qui m’était arrivé, et le fait… D’être prise en photo. Répondre en permanence aux exigences des photographes, même s’ils étaient très gentils… J’avais sans cesse le sentiment d’être dominée, et je n’en pouvais plus. Et puis… Il y avait cette image de moi aussi, que j’ai détestée pendant très longtemps… Bref, tout un paquet de choses qui m’ont fait arrêter le mannequinat. Et qui ont expliqué aussi pourquoi je me suis mise à chanter.

Kadjinska

Féminin
Nombre de messages: 264
Age: 25
Localisation: Lille
Date d'inscription: 28/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Message  Kadjinska le Sam 17 Oct 2009 - 13:18

Les bars





Manuela rebut une gorgée d’eau, avant de regarder avec tendresse la nouvelle photo.
- Aaaah, enfin une période de ma vie que j’aime ! soupira-t-elle en riant.
- Enfin une belle période, effectivement, après tout ce qui vous est arrivé, appuya Oprah. On est donc là en 1997. Vous venez d’arriver à New York, après avoir décidé de rester… Que se passe-t-il à ce moment-là ?
- Et bien, après avoir décidé d’arrêter le mannequinat, je me suis retrouvée un peu sans rien. Je vivais avec Linda, mon amie mannequin – il est peut-être temps de dire son nom ! – chez un autre ami, Christophe, qui vivait aux Etats-Unis depuis quelques années et qui est musicien. Un soir alors que Linda était partie à Los Angeles pour faire des photos, j’ai commencé à écrire un texte, sur une musique composée par Christophe… Et tout est parti de là ! Christophe m’a présentée à un de ses amis, propriétaire d’un piano-bar, et je m’y suis rendue tous les soirs pendant près d’un an. Christophe composait les musiques, j’écrivais les textes, et j’allais les chanter… C’était vraiment une belle époque, sourit Manuela, une pointe de nostalgie dans la voix.
- C’est également à cette époque qu’ont été composées les chansons de votre premier album,
« For Me » ?
- Tout à fait. En fait, quand j’ai commencé à écrire, je ne parlais que de ma vie, de ce que je vivais. J’avais… Après ce qu’il m’était arrivé, besoin d’en parler. Mais bizarrement, je n’y arrivais pas. Mais le soir où j’ai composé ma première chanson, je me suis aperçue soudain… Qu’écrire… Etait beaucoup plus facile. Ca me venait spontanément. Je mettais enfin des mots sur ma douleur, et ça m’a fait… Enormément de bien. C’est pour ça que je n’ai plus jamais arrêté d’écrire ! ajouta Manuela en riant.
- Cette chanson, cette toute première, figure sur votre album ?
- Non. Non, désolée. C’était vraiment une chanson très personnelle, et... Quand il a fallu faire le choix des chansons pour l’album, ça a été la première que j’ai écartée.
- Dommage, regretta Oprah. Pour en revenir aux bars, enchaîna-t-elle, ça a été aussi l’occasion de faire vos premières scènes. Ca vous a plu ?
- J’ai adoré ! affirma immédiatement Manuela. J’aime tout dans cet exercice. Le trac que cela implique, le contact avec le public. Dans ce genre de bar, les gens ne viennent pas pour vous, vous ignorent ou vous critiquent… Parvenir à capter leur attention, à les entraîner dans votre univers musical… Il n’y a pas de plus belle récompense. C’est… Un plaisir au-delà de tout mot.




Manuela : Artiste engagée


- Alors vous chantez pendant un an dans ce piano-bar, puis vous êtes repérée par un producteur, qui vous fait enregistrer votre premier single : « I need you », neuf semaines en tête des ventes nationales. Puis votre premier Album, sobrement intitulé « For me », fait également un carton. Tandis que sort chez nous votre deuxième album
« Euphoria », le premier sort partout dans le monde : Europe, Asie, Amérique Latine… et connaît partout un véritable succès. Vous êtes d’ailleurs invitée à chanter pour le Live Aid, au profit de la recherche contre le SIDA. Puis vous rejoignez le collectif « A Song for Osia » où accompagnée de quarante autres artistes américains, vous chantez cette formidable chanson « Open your eyes », dont les bénéfices ont servis à construire un camp de réfugiés en Somalie. Enfin, on parlera de votre troisième album un peu plus tard. Pour le moment, j’aimerais discuter avec vous d’un tout autre sujet : votre engagement citoyen. Je viens de le dire, vous avez plusieurs fois chanté pour soutenir une cause. Mais vous avez aussi, et surtout créé votre propre association, qui s’appelle « As a Woman », et qui est active depuis deux ans.
- Exactement. Euh… Et bien, je crois qu’au vu de tout ce que je viens de raconter, il est inutile que j’explique vraiment pourquoi j’ai fondé cette association. Mais pour la présenter, c’est une association qui vise à… Pas vraiment lutter, parce que je ne sais pas exactement comment faire, mais plutôt aider les femmes qui subissent, tous les jours, certaines depuis des années et des années, des violences. De tous types : physiques, morales…
- Concrètement, vous pourriez expliquer aux spectateurs comment vous agissez ?
- Et bien, on a mis en place une ligne téléphonique pour les femmes qui ressentent le besoin de parler, qui ont besoin d’aide… On a un accueil de jour aussi, pour celles que le téléphone rebute. On essaie d’aider toutes ces femmes, de les conseiller, de leur insuffler de la force, mais également de l’amour, parce que pour la plupart, elles en manquent cruellement.
- Quelles sont les femmes concernées ?
- Toutes ! On a des femmes qui viennent nous voir parce qu’elles ont pu être victimes de viol, mais également des femmes battues, ou victimes de discrimination dans leur travail. Elles sont en général accueillies par des psychologues, et peuvent même former des groupes de paroles. L’important, c’est qu’elles ne soient pas isolées. On a des jeunes filles aussi qui viennent nous voir. En général, elles subissent des pressions psychologiques plutôt, de type racistes, ou qui ont trait aux problèmes de l’adolescence. Il y a quelques jours, une jeune fille de quatorze ans est venue nous voir parce qu’elle se faisait insulter tous les jours par des garçons de sa classe qui trouvent qu’elle a trop de poitrine… Dans ces cas-là, on essaie avant tout de l’aider à traverser cette période difficile. Et puis surtout, on vient de programmer une visite dans son établissement pour discuter de ces violences psychologiques, qui peuvent parfois dégénérer en violences physiques, et qu’il faut impérativement prévenir et empêcher. Voilà en gros le travail de notre association. Ne pas laisser ces femmes traverser leurs problèmes seules.
- Et c’est un merveilleux combat, souffla Oprah.




Did I Tell You ?



- Parlons un peu de cet album, maintenant. Enfin un sujet plus joyeux ! plaisanta Oprah. Pour le présenter un peu, on peut déjà dire que c’est votre 3e album, qu’il est sorti il y a quatre mois, et surtout qu’il est déjà double disque de platine ! Puisqu’il vient d’atteindre les 10 millions d’exemplaires vendus au Etats-Unis !
Les spectateurs ré-applaudirent Manuela, qui les remercia.
- C’est vrai que je suis assez surprise de ce résultat. Dix millions, c’est vraiment énorme ! Surtout sur une durée aussi courte.
- Etonnée, vraiment ? Pourtant, votre premier album s’est vendu à quinze millions d’exemplaires et le deuxième à seize millions. Ca vous surprend tant que ça que le troisième marche bien ?
- Un peu. Vous l’avez dit, les deux premiers ont extrêmement bien marché. J’avais déjà eu la pression lorsque le second est sorti. Là où le premier était très rock, le deuxième était plus électro. Je m’étais vraiment posé la question : « Est-ce ce que les gens attendent de moi ? Est-ce que je ne vais pas les décevoir ?…». Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais après le premier album, le succès a était tel qu’il y a eu une sorte de retour de bâton : certaines presses qui m’avaient encensée avait fini par saturer et à l’annonce de mon deuxième album, sans même l’avoir écouté, m’avaient prédit un flop retentissant. J’étais présentée comme la chanteuse d’un seul album, à la voix trop fluette, cataloguée jolie-poupée-sans-talent… Je l’avais assez mal vécu, et heureusement, ils ont eu tort sur toute la ligne ! Mais voilà, pour le troisième album, au vu des scores des précédents, j’ai eu également moins de pression de la part de ma maison de disque et j’ai voulu faire un album encore plus personnel que les deux premiers. Et je suis très heureuse de voir qu’il marche aussi bien, ça veut dire que les gens me suivent, sans s’occuper de savoir ce que mes détracteurs peuvent raconter sur moi.
- C’est vrai que c’est une très belle récompense pour vous. Et je suis très fière d’avoir participé à ce succès, puisque je l’ai moi-même acheté, le jour même de sa sortie !
- Alors là, je suis vraiment flattée ! Merci beaucoup, sourit Manuela.
- Il n’y a vraiment pas de quoi. Alors, parlez-nous un peu plus de cet album. Comment est-il né ?
- Alors il est né d’un très grand voyage. En fait, il y a deux ans, j’ai suivi… mon amoureux lors de sa tournée avec son groupe tout autour des Etats-Unis, et voilà, l’album est né de ces découvertes. C’était une tournée qui a compté trente-cinq dates, un peu partout dans le pays : New York bien sûr, mais aussi Miami, Nashville, Louiseville, Albuquerque, Las Vegas, San Francisco, Seattle… Bref, on a vu le pays en long, en large et en travers, et j’ai été vraiment étonnée et émerveillée de voir, sur un même territoire autant de paysages différents, de façon de penser, de façon de vivre… Je voulais rendre hommage à toutes ces choses que j’ai vues, à ce pays qui m’a si bien accueillie. En fait, cet album, c’est un vrai voyage que je raconte, étape par étape.
- Et c’est probablement pour cela que les américains l’aiment tant. Il donne envie de voir tous ces paysages, vous les décrivez tellement bien.
- Merci. Ca a vraiment été mon souci sur cet album, lorsque je l’ai finalisé : savoir si ce que je racontais dedans plairait aux gens qui vivent dans tous ces endroits, et donnerait aux autres l’envie d’aller les voir.
- Croyez-moi, ça marche ! affirma Oprah. Personnellement, la chanson « Catrina » sur la Nouvelle Orléans m’a vraiment bouleversée. Et j’ai trouvé la chanson sur Chicago très vraie ! Ce que j’aime aussi, c’est tout les mélanges musicaux auxquels vous avez recouru…
- C’est vrai que c’est un album très éclectique, musicalement. Tout simplement parce que je n’ai pas eu le choix ! rit Manuela. Chaque région que nous avons visitée a son propre style de musique. Et il m’aurait été très difficile de faire une chanson sur la Nouvelle Orléans sans chanter de jazz, ou de ne pas faire entendre de rap sur une musique pour Chicago. Pareil pour Seattle : comment passer à côté d’un morceau au piano ?
- C’est vrai que ça n’aurait pas rendu pareil… Alors, il est vrai que c’est un album sur le voyage. Mais il y également deux chansons, à la toute fin, qui là ne parlent plus des Etats-Unis, mais uniquement de vous, et surtout de votre famille. Je les ai personnellement trouvées très touchantes, il s’agit de « The Other Side » et « Tiny Hands ».
- Oui, c’est vrai. Ce sont deux chansons assez… Personnelles, puisque la première parle de mon amoureux, et la seconde de mon fils.
- Alors justement, le voici.


Dernière édition par Kadjinska le Jeu 29 Oct 2009 - 10:07, édité 1 fois

Kadjinska

Féminin
Nombre de messages: 264
Age: 25
Localisation: Lille
Date d'inscription: 28/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Message  Kadjinska le Sam 17 Oct 2009 - 13:24

Raphaël




- Il s’appelle Raphaël, c’est ça ? demanda Oprah en regardant la photo du petit garçon blond.
- C’est cela. C’est mon petit bout, sourit Manuela en posant sur la photo un regard plein de tendresse.
- Quel âge a-t-il ?
- Il va avoir trois ans dans quelques semaines. Déjà.
- Ca passe vite, hein ?
- Encore plus vite que ça ! rit Manuela.
- Alors, pour en revenir à votre album, vous avez écrit cette chanson pour lui « Tiny Hands ». On va en écouter un extrait, ça vous va ?
- Bien sûr !
Les premières notes de la chanson sortirent des haut-parleurs, puis la voix douce de Manuela.
« A hand, so tiny hand
A smile, so shinning smile…
»

Comme à chaque fois que Manuela réécoutait cette chanson, des centaines de souvenirs lui revinrent en mémoire. Cette dispute avec le père de Raphaël pour savoir s’ils devaient ou non l’emmener avec eux en tournée. Lui refusait, elle insistait. Cet après-midi où son père lui avait appris les premiers accords sur une basse…
« … Let me light your life
Like you light mine
».

- Mon Dieu, soupira Oprah, j’ai dû écouter cette chanson une bonne centaine de fois et pourtant, je ne m’en lasse pas !
- Moi c’est l’inverse. J’ai beaucoup de mal à l’écouter, lui apprit Manuela.
- Quoi ? Pourquoi ça ? s’étonna l’animatrice.
- Je ne sais pas. Je la trouve… Terriblement personnelle, j’ai beaucoup de mal à m’entendre dire tout ça, encore et encore. C’est vrai, pourtant, tout ce que j’y raconte, mais… Je ne sais pas, je suis toujours hyper-sensible lorsque je l’écoute.
- En tout cas, c’est un merveilleux cadeau pour Raphaël. Il l’a déjà écouté ?
- Bien sûr ! Mais je ne pense pas qu’il mesure toute la portée des paroles. Il faudra attendre qu’il soit un peu plus grand pour cela.
- Par contre, j’ai lu que si c’était vous qui aviez écrit le texte, c’est son père qui en a écrit la musique ?
- Oui exactement.
- Alors attendez… Voici la prochaine photo !




Christophe




- Le voici, le père de Raphaël. Et votre amoureux.
- Ooooh, j’adore cette photo, s’exclama joyeusement Manuela. Où l’avez-vous trouvée ?
- Ah ah ah, chantonna Oprah. Mon équipe a ses sources !
Manuela observa longuement la photo en noir et blanc, troublée par le regard perçant de Christophe.
- Vous êtes donc en couple avec Christophe, batteur du groupe de rock Red Cherry, qui connait lui aussi un succès assez impressionnant. Vous êtes ensemble depuis un peu plus de six ans, c’est ça ? Et le plus drôle, c’est que vous vous connaissez depuis plus de dix ans.
- Oui, c’est ça, répondit Manuela, fixant toujours la photo de Christophe. C’est tout à fait ça… On… En fait, on s’est rencontrés il y a dix ans à Paris, on… On… faisait partie du même groupe d’amis.
- Vous êtes sortis ensemble d’ailleurs à cette époque.
- Tout à fait. Pas très longtemps.... Pas très… Heu…
Manuela secoua la tête pour s’aider à retrouver ses mots, mais ses yeux revenaient immanquablement vers la photo de Christophe.
- C’est drôle, vous paraissez toute troublée ! remarqua l’animatrice.
- Oui ! Complètement, rit Manuela. Complètement parce que… C’est horrible, je… Je l’ai pas vu depuis trois semaines à cause de sa tournée, et… Il me manque ! Et là, il est sous mes yeux, et je ne peux même pas le toucher…
- Oh, je suis sincèrement désolée de vous torturer, rit Oprah.
- Ce n’est pas grave, pouffa Manuela, contemplant encore et toujours la photo. J’ai… J’ai juste l’impression qu’il va sortir de l’écran, c’est très étrange ! Mais euh… Euh… Oui, on est sortis quelques temps ensemble à l’époque, mais pas très longtemps, expliqua Manuela en essayant de reprendre ses esprits. A peine quelques mois.
- Parlez-nous de ça, justement. Comment avez-vous fait pour sortir ensemble, vous séparer pendant quatre ans, puis vous aimer à nouveau ?
- Et bien… A l’époque je… J’avais vingt-deux ans, et je n’avais pas très envie d’être en couple. Je voulais plutôt m’amuser, ne pas prendre trop sérieusement les couples que je pouvais former. Je n’étais pas prête tout simplement à aimer quelqu’un, pour la vie. J’avais mes amis, et c’était ce qu’il y avait de plus important pour moi. Donc on s’est rapidement séparés, j’ai rencontré quelqu’un d’autre, avec qui ça n’a pas marché non plus… Et puis les semaines ont passé. A la suite d’une rupture, Christophe a décidé de partir aux Etats-Unis, ce qui nous a séparés pendant deux ans. Pendant ce temps, moi j’ai continué à… M’amuser, jusqu’à… ce fameux soir… Et puis, finalement, lorsque je suis arrivée à New York avec mon amie pour les photos, notre premier réflexe a été de l’appeler, d’abord pour nous héberger quelques temps… Et j’ai fini par ne plus jamais le quitter, sourit Manuela.
- Tout est donc une affaire de moment, non ? demanda Oprah. Vous vous êtes retrouvés au bon moment, au moment où vous en aviez besoin…
- Exactement, reprit Manuela. C’est-à-dire que… Ce qu’il m’est arrivé m’a profondément transformée. Après, j’avais décidé de me méfier de tous les hommes. Dans mon esprit, ils ne pouvaient que me faire du mal. Mais pour Christophe, ça a été complètement différent. Quand on s’est retrouvés, ça a été… Tout a été tellement naturel ! J’ai recommencé à m’ouvrir, à parler de moi, ce qui me faisait mal. Il ne me poussait à rien, mais c’était comme ça. Je me suis aperçue que j’avais vraiment confiance en lui, et que quoi qu’il arrive, il ne pourrait jamais me faire du mal. Lui faire confiance, l’aimer… Ca a été une évidence, immédiatement. C’est comme ça que j’ai compris que c’était l’amour de ma vie. Et puis, vous avez raison, c’était une affaire de moment. J’avais trop longtemps haï les hommes, je me suis aperçue que tout ce que je voulais finalement, c’était les « aimer » comme avant. Christophe m’a fait comprendre que c’était le bon moment, que je n’attendais que cela.
- C’est quelque chose que vous exprimez extrêmement bien dans votre chanson « The Other Side » d’ailleurs, remarqua Oprah. Ca vous ennuierait de nous en chanter un extrait ?
- Pas du tout, sourit Manuela.
Un technicien déboula alors sur le plateau et tendit une guitare folk à Manuela. Cette dernière la prit, respira, puis joua les premiers accords :

« Woman of two sides
That's what I was
A good side
And a somber one.
The side I stayed too much time
Kingdom of betrayals and hatreds
Land of pains and dark thoughts
I didn’t love anyone
Nobody needed to love me.

But you came to me
Reverse this side
No need to make up what I’m feeling anymore
You love my other side
That enough to me to stay that way


Keep smiling to me
Keep believing in me
I’ll be the queen of my new side
I don’t want to go back in that land
I want to fight for you, thanks to you,
And if you don’t leave me
I’ll promess,
I’ll be the queen of my new side
».


- Wahou… C’est vraiment une très belle chanson. Et vous la chantez si bien ! poursuivit Oprah. Avec tellement de grâce et de pudeur.
- Merci beaucoup, apprécia Manuela, flattée.
Elle rendit la guitare au technicien qui réapparut, puis son regard recroisa la photo, et elle se perdit une fois de plus dans le regard de Christophe.
- Vous avez encore l’impression qu’il va sortir de l’écran ? demanda gentiment Oprah en surprenant le regard de Manuela.
- Oui ! C’est vraiment étrange…
- Il est en tournée actuellement en Europe, si j’ai bien compris.
- C’est ça. Il était à Dublin hier soir, et ce soir Red Cherry doit jouer à Barcelone, et il rentrera enfin demain !
- Vous avez dit qu’il était parti depuis trois semaines. Dans ces cas-là, vous vous appelez ? Tous les jours ? Toutes les heures ?
- Non ! Non pas du tout. Heu… Ca va même vous surprendre, mais en fait… On ne s’est toujours pas appelés, depuis qu’il est parti, avoua Manuela, gênée.
- Toujours pas ? s’exclama Oprah. Mais comment faites-vous ?
- Euh… C’est une habitude qu’on a prise. On n’arrive pas à se parler au téléphone, on n’a jamais rien à se dire. Alors… On ne se parle que lorsque l’on se voit. Il est très loin d’être accro au téléphone et je l’ai suivi dans cette habitude.
- Et ça ne vous manque pas, de ne pas entendre sa voix ?
- Si, énormément, rit Manuela. Mais je trouve ça encore plus frustrant de l’entendre, et de ne pas pouvoir le voir, le toucher…
- Vous avez besoin de tout en fait ! résuma Oprah.
- Voilà ! Exactement…


Dernière édition par Kadjinska le Dim 25 Oct 2009 - 9:42, édité 1 fois

Kadjinska

Féminin
Nombre de messages: 264
Age: 25
Localisation: Lille
Date d'inscription: 28/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Voeu n°11: FF sur Manuela devenant une chanteuse hors pair

Message  Kadjinska le Sam 17 Oct 2009 - 13:25

So on and so on



- C’est moi !
Manuela lança ses clés sur le guéridon de l’entrée, puis son manteau sur le fauteuil. A pas rapides, elle se dirigea vers le salon… Qu’elle trouva vide.
- Il y a quelqu’un ? demanda-t-elle à travers l’appartement.
Mais seul le silence lui répondit. Alors, elle se dirigea vers le fond de son salon, et sans hésitation, actionna le mécanisme qui permit au mur de se soulever… Et d’ouvrir sur le salon de Sébastien et Linda.
- MAMAN !!
Une fusée blonde fondit sur Manuela, qui fit deux pas en arrière en sentant l’onde de choc.
- Hey ! Salut mon amour ! rit-elle en embrassant son fils. Tu vas bien ? Tout s’est bien passé ?
- Très bien, répondit Sébastien en se levant de son fauteuil.
Manuela reposa son fils à terre, puis embrassa Sébastien sur la joue.
- Merci encore pour l’avoir gardé.
- Pas de problème. Tu vas bien ?
C’était une vraie question, pas de la simple politesse, Manuela le comprit aussitôt. Mais d’un sourire, elle balaya les inquiétudes de son ami, et lui fit un clin d’œil complice. Ils auraient tout le temps d’en parler plus tard.
- Salut Jack, salut Archie !
- Bonsoir !
Les deux jumeaux se tournèrent d’un même mouvement vers Manuela, et cette dernière fut une fois de plus saisie par leur ressemblance avec leur père. Deux mini-Sébastien. Les mêmes cheveux, les mêmes yeux, la même forme de visage… Des copies.
- Qu’est-ce que c’est comme film ? demanda Manuela en avisant la télévision.
- L’apprentie sorcière, répondit Jack.
Des deux, il avait toujours été le plus expansif. Archie se contentait généralement de suivre son frère.
- Linda devrait rentrer d’ici deux heures. Et Christophe vient d’appeler : il est à JFK, il devrait arriver dans quelques min…
- C’est moi !
- PAPA !!
La fusée Raphaël traversa les deux salons, sous le regard amusé des deux adultes.
- Quand on parle du loup…
Manuela s’éclipsa pour se rendre dans sa cuisine et se servir un verre d’eau. Elle entendit de loin Christophe saluer Sébastien, échanger quelques mots avec lui. Puis elle le vit passer la porte…
- Bonjour.
- Bonjour.
Christophe s’approcha d’elle, jusqu’à pouvoir la prendre dans ses bras, et l’embrasser.
- Tu m’as manqué, souffla-t-elle.
- Toi aussi. Trois semaines, c’est trop long !
Manuela se mit à rire. Non parce que c’était drôle, mais de plaisir. Il était enfin là. Prisonnier de ses bras, de son regard…
- Je t’aime.



- Grande nouvelle ! annonça Linda au milieu du pique-nique qu’elle et Manuela avaient organisé, mais que les enfants avaient déserté pour aller jouer dans le salon. Vous n’allez pas le croire ! J’ai eu des nouvelles de José aujourd’hui !
- Quoi ? manqua de s’étrangler Manuela, tandis que Sébastien et Christophe avaient suspendu leurs gestes.
- Je t’assure ! J’ai été très étonnée aussi, mais il m’a appelée tout à l’heure à l’agence.
- C’est génial ! Il va bien ?
- Oui, très bien, apparemment. Il est toujours à Love Island. Mais il vit avec Johanna, maintenant.
- Pardon ? demanda abruptement Christophe.
- Si, si ! Et ça semble très sérieux, affirma Linda avec un grand sourire.
- Mais comment… Ou pourquoi il a rappelé maintenant ? demanda Manuela, étonnée.
- Et bien, grâce à toi, d’après ce qu’il m’a dit. L’émission d’hier a été retransmise à la télé là-bas aussi et… Il voulait t’appeler toi, mais il ne savait pas trop où, alors il a cherché mon nom sur internet, et on lui a donné le numéro de l’agence.
- José… murmura Sébastien. Je n’arrive pas à y croire. Ca fait quoi ? Au moins six ans que je ne l’ai pas vu.
- Oui. On a discuté pendant un petit quart d’heure parce que j’étais pressée, mais finalement, je l’ai invité à venir nous voir avec Johanna. Apparemment, ils sont à Houston pour voir la famille de Johanna dans deux semaines, alors ils voudraient bien faire un détour…
- Ce serait fantastique, s’enthousiasma Manuela. Tu te rends compte ? demanda-t-elle à Christophe. José et Johanna. Ici. Ce serait génial !
Christophe souffla de rire devant l’enthousiasme de sa compagne. Oui, ce serait fantastique. Tant qu’elle était heureuse, tout l’était.
- Mais au fait… José et Johanna ensemble… s’interrogea Manuela. Comment c’est possible ? Et Bénédicte ? Et… Et…
- José n’a pas voulu tout me dire par téléphone. Il a dit qu’ils nous raconteraient quand ils seraient ici.
- Oooh j’ai déjà hâte d’y être ! se languit Manuela.
Pendant quelques secondes, elle songea à quel point tous ses amis lui manquaient. Ils avaient sûrement évolué, eux-aussi. Changé. Qui était toujours à Love Island ? Qui l’avait quittée ? Ceux qui étaient restés étaient-ils heureux ?
- Papa ! On va jouer au base-ball ? demanda soudain Raphaël en rentrant dans la cuisine.
- Papa, on y va aussi ? se joignirent Jack et Archie.
- Ah non ! répondit immédiatement Christophe. Désolé Aël, je suis fatigué. Pas ce soir.
- Mais t’avais promis qu’on irait ! rétorqua l’enfant, déçu et accusateur.
- Mais pas ce soir…
- Allez…
- Si Christophe est d’accord, alors je veux bien, entendit-on dire Sébastien à l’autre bout de la table.
D’un seul mouvement, toutes les têtes se tournèrent alors vers Christophe, certaines affichant un air amusé et curieux, d’autres des airs implorants et plein d’espoir.
- Non. Non, non, non, non, non, pleurnicha Christophe. Pas ce soir, demain…
- Allez ! Papa, tu as promis !
Christophe regarda son fils, avant de soupirer, résigné.
- Okay… Allez vous prépa…
Mais les garçons avaient déjà déguerpi en poussant des cris de victoire.
- Voilà bien la seule chose que j’aurais aimé qu’il ne tienne pas de toi ! râla Christophe. Son regard déterminé à obtenir quelque chose !
Manuela se mit à rire, et passa une main sur la joue de Christophe. C’était cela, sa vie à présent. Et elle en était comblée.




Epilogue



Le lendemain, à Los Angeles, Christophe regarda avec fierté Manuela monter les quelques marches qui la séparait de la scène, et de son prix d’Artiste de l’Année. Et plus tard, de celui de l’Album de l’Année.

Deux jours plus tard, ce fut plus de quatre mille lettres qui arrivèrent au siège d’As a Woman et du Fan Club de Manuela. Des lettres de soutien, d’amour, d’hommes et de femmes, mais également des témoignages et des cris de détresse.
La semaine suivante, Manuela en totalisa près de trente mille.
Son combat n’était pas terminé.

Kadjinska

Féminin
Nombre de messages: 264
Age: 25
Localisation: Lille
Date d'inscription: 28/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum