Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

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Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Mélodie le Mar 15 Sep 2009 - 22:36



Cadeau de Noël pour Avrildemai qui voulait une fic où Nicolas, sur les conseils de José, retrouverait Hélène en Australie et découvrirait qu’elle est enceinte.
Mention spéciale à mes premières lectrices, Kadjinska et Pettitteluciole, dont les encouragements et les conseils avisés me permettent aujourd’hui d’oser poster ma première fic. Les filles, merci !
Un grand merci aussi à la spécialiste du genre pour m'avoir rapidement lue... et rassurée : H&N, si cela t'a plu, cela devrait plaire à avril !


Assis sur le sable, les genoux repliés sous le menton, les yeux plantés dans le bleu de l’océan, Nicolas avait repris ce qui était devenu sa posture favorite depuis bientôt un mois, « la position du Penseur » comme il l’avait lui-même baptisée un peu ironiquement. En cet après-midi de novembre, il se disait que les pensées du jour étaient un peu moins tristes qu’à l’accoutumée. Il allait mieux, quand mieux veut dire un peu moins mal bien sûr… Non pas que le temps commençait à adoucir sa peine, celle-ci restait désespérément infinie, mais la décision qu’il venait de prendre lui avait apporté un infime apaisement. Quelle idée avait-il eue de trouver refuge sur cette île ! Comme si on soignait une plaie en approfondissant la blessure… Tout ici était elle… C’est avec elle qu’il avait fait le tour de cette île pour la première fois, c’est avec elle bien sûr qu’il avait foulé ce sable pour la première fois, c’est avec elle aussi qu’il avait regardé cet océan pour la première fois… Non, vraiment, c’était un leurre que d’imaginer se reconstruire ici. C’est pourquoi la seule perspective d’avoir esquissé une solution le réconfortait un peu. Cette solution tenait dans une simple enveloppe, cette enveloppe qu’il avait retirée le matin-même à l’aéroport…

Chapitre 1 : le retour

Alors qu’il survolait les airs, Nicolas faisait le point sur sa vie. Et il était rapide à faire : sans elle, il n’existait pas… tout simplement. Bien sûr, des dizaines de questions lui occupaient l’esprit : saurait-il se faire écouter ? Saurait-il se faire comprendre ? Saurait-il se faire accepter ? Mais tout cela était finalement très secondaire. Une seule chose comptait vraiment : là-bas, tout irait mieux, il en était convaincu.

À peine débarqué, Nicolas reprit ses marques sans difficultés. Il trouva aisément un taxi, et sans tergiverser demanda au chauffeur de le mener là où il avait été si heureux avec Hélène. Une trentaine de minutes plus tard seulement, il arrivait.
La vue de cette petite maison en pierres blanches le fit frissonner. Rien ne semblait avoir changé : les mêmes fleurs ornaient toujours la petite cour, on entendait toujours le chien de la maison d’à-côté aboyer, même la voiture du voisin était toujours aussi mal garée… Le cœur serré, Nicolas quitta le taxi et porta son regard vers la fenêtre du premier étage, celle de leur chambre… Il reconnut sans peine les rideaux ; il les avait choisis ensemble et c’est lui-même qui les avait installés…. Oh non, cela ne serait peut-être pas aussi simple qu’il l’avait pensé…
Prendre son courage à deux mains et sonner… Ça y est, il avait sonné et il entendait déjà qu’on se pressait pour venir lui ouvrir. Il ne pouvait plus reculer…enfin…

Une porte qui s’ouvre, un mouvement de recul, un visage familier qui s’étourdit d’étonnement, et en un instant la stupeur qui laisse la place à une joie profonde : ils s’étaient retrouvés.
- Dîtes-moi que je rêve… Qu’… Qu’est-ce que tu fais là ?
- Qu’est-ce qu’on dit dans ces cas-là ? Surprise ?
- Oh non, on dit bienvenue à la maison mon frère !!

Nicolas et José tombèrent dans les bras l’un de l’autre. À ce moment, Nicolas sut qu’il avait fait le bon choix. Revenir chez lui, les retrouver eux, ses amis, ses frères et sœurs, sa famille : tout irait bientôt mieux…

Chapitre 2 : la nouvelle

Une grande effervescence régnait dans la maison. Hormis José bien sûr, personne n’avait d’ailleurs encore remarqué la présence de Nicolas. Des valises ouvertes jonchaient le sol, des vêtements traînaient ça-et-là : un ouragan semblait s’être invité dans le salon !

- Hep les copains, pouce, regardez ce que j’ai trouvé dehors !

La même stupeur que celle qui, il y a peu, avait marqué le visage de José, se lisait à présent sur le visage des autres occupants de la maison. Et comme cela avait été le cas pour José, cette stupeur laissa presque aussitôt la place à un bonheur intense. Manuela et Linda, qui s’évertuaient à fermer une valise, abandonnèrent l’objet récalcitrant pour sauter au cou de Nicolas. Bénédicte, que le vacarme avait alertée, descendait les marches des escaliers quatre à quatre, avant de se jeter elle aussi dans les bras de Nicolas. De ses anciens colocataires, seule Laly manquait encore à l’appel.
- José (d’une voix forte) : Laly, quitte cette cuisine et viens un peu ici.
- Laly (depuis la cuisine) : Pas question, débrouillez-vous pour les fermer ces valises. Je finis mon déjeuner.
Nicolas ne put s’empêcher de sourire : rien n’avait changé… enfin presque…
La bouche pleine, Laly apparut dans le salon. Pour elle aussi, la surprise fut de taille. Nicolas avait toujours été comme son grand frère et son absence s’était cruellement fait sentir ces temps derniers. Les filles lui cédèrent volontiers la place dans les bras de Nicolas et la laissèrent y digérer son émotion.

Quelques instants plus tard, Laly desserra son étreinte.
- José : Et bah c’est pas trop tôt. Toujours du mal à partager hein Laly ?
- Laly (regardant José) : Tu sais quoi ? Je n’ai même pas l’envie de répondre à tes sarcasmes. Elle serra de nouveau Nicolas dans ses bras. Je suis bien trop heureuse pour ça !
- Bénédicte (se rapprochant de Nicolas) : Que je fasse les présentations quand même ! Nicolas, voilà Jimmy et Cynthia, nos nouveaux colocataires… et amis !
Jimmy et Cynthia s’approchèrent de Nicolas.
- Nicolas : Ravis de vous rencontrer. On ne m’a dit que du bien de vous !
- Jimmy (lui serrant la main) : Ravi également. Tu arrives avec une sacrée réputation ! J’ai l’impression de rencontrer le père spirituel de cette maison !
- Nicolas (en embrassant Cynthia) : Père spirituel sûrement pas. Un vieil ami, ça oui !
- Laly : À propos de vieil ami…
- Nicolas : Oui Laly ?
- Laly (se dirigeant vers la porte et jetant un œil au dehors) : Où est Hélène ? Tu l’as laissée chez ses parents ?

On y était… La question fatidique avait été posée… et Nicolas n’avait pas la moindre idée de la réponse qu’il allait bien pouvoir fournir.
- José : C’est vrai ça. Où est Hélène ?
Tous posaient sur Nicolas un regard des plus interrogateurs. Il allait les décevoir, mais il ne pouvait pas leur mentir. Il se jeta à l’eau.
- Nicolas (baissant la tête, d’une voix à peine audible) : Elle m’a quitté.
Redressant la tête et osant affronter leurs regards, il répéta d’une voix toujours mal assurée : Hélène m’a quitté.

Chapitre 3 : tous là… sauf elle

Pas de sable où s’asseoir, pas d’océan où planter son regard : « la position du Penseur » perdait de sa splendeur en ces bords du Canal Saint-Martin. Qu’importe, Nicolas avait trouvé là une réponse à son besoin impérieux de s’isoler un moment. La nouvelle de sa rupture avec Hélène avait été douloureusement entendue par ses amis. Il n’avait pas voulu s’en expliquer, pas maintenant, pas en leur présence à tous. José avait réagi le plus violemment et il ne s’en étonnait pas ; il avait pour Hélène une profonde affection qui flirtait d’ailleurs parfois avec l’amour, et même si Nicolas n’avait encore fourni aucune explication, il en était convaincu : José avait compris qu’il était responsable de cette rupture. Laly n’était sans doute pas dupe non plus d’ailleurs…
Bénédicte et Linda avaient été admirables. Devant cette ambiance pesante, elles avaient annoncé la nouvelle : leur départ imminent pour une petite île des Caraïbes… Love Island… Personne n’avait compris pourquoi cette nouvelle censée détendre l’atmosphère avait poussé Nicolas à sortir quelques instants. La vie était parfois étrange… et cruelle.
S’était-il trompé ? Revoir tous ses amis lui avait d’abord procuré cet intense réconfort qu’il était venu chercher. Tous formaient une vraie famille. En pensant à ses amis, les images des dernières années écoulées défilaient sous ses yeux, comme fixées sur l’eau. Que de moments partagés tous ensemble… Fous rires, larmes, joies, peines... Ils avaient grandi ensemble. Et après ces mois de séparation, il venait de les retrouver, tous : Laly, toujours aussi fantasque, José, son frère, Linda, la si douce Linda, Bénédicte, Manuela... Ils étaient tous là. Tous… sauf elle. Hélène, elle, n’était pas là et ne le serait jamais plus. Nicolas se leva, douloureux. Revenir ici, c’était affronter cette évidence : il l’avait définitivement perdue.

Une voix : J’étais quasiment sûr de trouver là…
Nicolas : Désolé José, à peine arrivé, je file comme un voleur, mais j’avais besoin de réfléchir…
José (se rapprochant de Nicolas) : Excuse-moi pour tout à l’heure. J’ai réagi comme un abruti.
Nicolas : Non pas comme un abruti. Comme quelqu’un qui est déçu, c’est tout.
José : Ouais, enfin quoi qu’il en soit, j’veux que tu saches qu’on est tous vachement contents de te retrouver. (Pour lui-même, tout bas) Même si ça fait bizarre.
Nicolas : Tu dis ?
José (reprenant ses esprits) : Que c’est le bonheur de te revoir !
Nicolas (sérieux) : Qu’est-ce qui fait bizarre ? Me retrouver sans Hélène c’est ça ?
José (baissant les yeux, très doucement) : Bah ouais, ça me fait bizarre. J’arrive pas à y croire. Elle sans toi, c’est comme le musée du Louvre sans la Joconde : c’est pas possible, pas complet…
Nicolas (souriant de la comparaison choisie par son ami) : Que veux-tu ? J’ai fait le con, elle m’a quitté, je suis malheureux, mais je l’ai mérité.
José (attrapant Nicolas par le bras) : Tu veux pas me raconter ?

Chapitre 4 : l’erreur

Nicolas : Pour ce qu’il y a à raconter… C’est tragiquement banal.
José : Essaie quand même va. Je suis sûr que tu ne l’as pas racontée à grand monde cette histoire…
Nicolas (s’asseyant sur un banc en bordure du canal, très doucement, presque pour lui-même) : À personne…
Nicolas se massa les tempes, comme pour ordonner ses pensées. Quelques secondes plus tard, il releva la tête, rouvrit des yeux légèrement humides, et, à l’étonnement de José, esquissa un sourire.
- Tu sais, on était vachement heureux à Sydney. On en a un peu bavé à notre arrivée. Hélène a beaucoup culpabilisé ; elle n’arrivait pas à se convaincre que je ne l’avais pas suivie par devoir. Je l’ai suivie parce que c’était juste pas possible de faire autrement !
José (moqueur) : sans blague ?
Nicolas : Te fous pas de moi ! On avait trouvé un petit appart’ près de l’Université de Sydney et commencé à y construire notre vie. Il ne nous restait que quelques mois de fac avant de valider notre diplôme. Et puis la grand-mère d’Hélène allait de mieux en mieux. Jamais je n’ai regretté d’avoir suivi Hélène, pas une fois. Et je vais même te dire un truc : je crois que je l’aimais encore plus, si c’est possible…
José : Mais alors pourquoi t’as été faire le con ?
Nicolas : C’est toi qui me poses la question ?
José : Compare pas ce qui est pas comparable s’il-te-plaît. Qu’est-ce qui t’a pris ?
Nicolas : Je ne sais pas. Peut-être qu’on s’est installés dans la routine, peut-être qu’Hélène se lassait, peut-être tout simplement qu’elle a traversé un petit passage à vide. Toujours est-il que j’ai eu l’impression qu’on s’éloignait. Elle était souvent fatiguée, elle ne voulait plus sortir, toujours crevée…
José : Tu lui as demandé ce qui n’allait pas ?
Nicolas : Bien sûr. Coup de fatigue, comme ça peut nous arriver à tous. Tu sais, s’occuper de sa grand-mère lui a pompé beaucoup d’énergie, et c’était lourd moralement aussi.
José : Viens en au fait.
Nicolas : Que te dire ? Je suis sorti un soir alors qu’Hélène était une nouvelle fois trop fatiguée pour venir avec moi. Une boîte, un verre, une fille, ça va vite… Je suis rentré au milieu de la nuit en me traitant de tous les noms. Dans notre salle de bains, face au miroir, j’ai failli me cracher au visage tellement je me dégoûtais. Ce soir-là, j’en ai mis du temps à oser me coucher auprès d’Hélène ; je ne méritais plus cette place. Elle, elle dormait depuis le début de la soirée ; elle ne s’est rendu compte de rien.
José : Mais t’as pas pu t’empêcher de lui raconter le lendemain, c’est ça ?
Nicolas : Même pas. J’ai été encore plus abject que ça.
José : Comment ça ?
Nicolas : J’ai rappelé la fille une semaine plus tard.
José (se levant d’un coup sec et donnant un coup de pied dans une cannette qui jonchait le sol). Attends, mais faut le vouloir ça quand même ? Pourquoi t’as fait ça ?
Nicolas : L’appel de l’interdit j’imagine. Une connerie. Et puis j’ai été con jusqu’au bout... Hélène était absente. Elle s’était enfin décidée à aller voir notre médecin et celui-ci lui avait prescrit des examens, histoire de vérifier que ce coup de fatigue n’était pas lié à une anémie. Un petit check up quoi... Et c’est pendant que la femme de ma vie était à la clinique que moi je m’envoyais en l’air… et dans notre propre lit.
José (visiblement sonné) : J’peux pas croire que t’aies fait un truc pareil, pas toi…, pas à elle.
Nicolas (poursuivant son récit comme s’il n’avait pas entendu José) : Hélène est rentrée plus tôt de ses analyses. Pris en flag comme on dit. Je ne savais pas qu’on pouvait avoir autant honte… Elle est partie.
José (direct) : Elle a bien fait.
Nicolas : Ça va José, c’est pas ça que j’ai envie d’entendre.
José : T’as cherché à la revoir ?
Nicolas : On s’est revus. Et j’peux te dire que j’ai vraiment tout essayé pour m’excuser, mais c’était la fois de trop je pense.

Nicolas : merci d’être venue.
Hélène était arrivée au bar de l’hôtel dans lequel Nicolas avait élu domicile depuis ce fameux soir. Il l’avait appelée, il devait lui parler, il avait insisté, elle avait accepté. Le voir assis ainsi, l’air si malheureux, les traits tellement tirés, elle en souffrait. Et pourtant, elle tiendrait sa promesse : même si elle se laissait attendrir, même si elle aimait cet homme à en mourir, elle ne craquerait pas, elle ne craquerait plus.
Hélène (s’asseyant face à Nicolas et cherchant à adopter un ton détaché) : Tu voulais me parler ?
Nicolas (lui prenant doucement les mains) : Tu as l’air fatiguée. Tu… tu as eu les résultats de tes examens ?
Hélène (repliant brusquement ses mains sur ses propres genoux, sérieuse) : Demain. Je les aurai demain. Mais je n’ai pas l’air fatiguée Nicolas. J’ai l’air triste. Et pour être honnête, c’est pas qu’un air.
Nicolas (très doucement) : Pardonne-moi.
Hélène (le fixant) : J’peux pas.
Nicolas avait baissé la tête, fermé les yeux et ramené ses mains face à lui. Il craignait de comprendre.
Hélène (plus doucement) : J’ai beaucoup réfléchi. On ne trompe pas la personne qu’on aime impunément. Je ne crois plus à ces erreurs-là Nicolas. Te pardonner de nouveau, c’est prendre le risque d’avoir encore à le faire. C’est pas cette relation que je veux avec toi.
Nicolas (le regard plein de larmes) : Je me foutais de cette fille. Y a que toi… tu le sais bien qu’il n’y a que toi.
Hélène : Je n’arrive pas à m’en convaincre Nicolas, pas cette fois, pas encore. (Se levant). Au revoir Nicolas. J’espère que tu seras heureux, vraiment.


Nicolas : Je suis resté un mois à Sydney ; elle ne répondait même plus à mes appels. J’ai préféré partir, tout quitter. Essayer d’oublier…
José (le coupant) : Sacrée réussite on dirait…
Nicolas (souriant, comme pour lui-même) : Pas une journée sans que je ne pense à elle, pas une heure sans que je ne voie son visage devant mes yeux, pas un instant où je n’ai pas envie de revenir en arrière pour balayer ces instants maudits.
José (brusquement) : Va là-bas.
Nicolas : Pardon ?
José : Va là-bas, en Australie. Retrouve-la.
Nicolas : T’en as d’autres des idées de génie ?
José : Ça fait quatre mois que vous ne vous êtes pas vus. Elle est peut-être prête à t’entendre de nouveau lui demander pardon ? Ça vaut le coup d’essayer. Même si elle te jette, essaie. T’es malheureux Nico et tu vas le rester tant que tu n’auras pas essayé de la revoir. J’te le dis : va retrouver Hélène.
Nicolas (regardant José puis tournant la tête vers le canal, presque pour lui-même) : Peut-être…

Deux jours plus tard, alors que ses amis s’envolaient bientôt pour Love Island, Nicolas prenait son billet pour Sydney. Sans savoir si elle serait encore là, sans savoir si elle accepterait de le voir, sans savoir même si ce qu’il faisait avait un sens, mais parce que son ami le lui avait conseillé. Et pour forcer le destin, il n’avait pris qu’un aller simple….


Chapitre 5 : un aller simple

Encore un avion, encore un océan à traverser, encore des questions secondaires. Où allait-il se rendre en arrivant ? Accepterait-elle de l’écouter s’il la retrouvait ? Pourrait-elle le pardonner ? Et de nouveau la volonté de se concentrer sur l’essentiel, la seule question qui comptait vraiment : serait-elle là ? En d’autres termes : connaîtrait-il ce seul bonheur de la revoir ?
Encore un aéroport, encore un taxi, encore cette attente… Quelle drôle de vie il menait depuis quelques jours… Ce n’était pas une vie d’ailleurs. Il était paumé, tout simplement paumé.

À mesure que le taxi approchait du quartier de l’université de Sydney, le souffle de Nicolas devenait plus court. Quelques minutes plus tard, la voiture s’arrêta face à un petit immeuble de briques rouges. Il était arrivé. Nicolas paya sa course, prit ses bagages et descendit du taxi, tel un automate.
À l’air libre, il ne prit pas la peine de détailler ces lieux qu’il avait quittés quelques semaines auparavant. Il fallait qu’il avance. D’un pas mal assuré, il marcha donc vers les trois boîtes-aux-lettres alignées sous le porche d’entrée. Son cœur battait à mille à l’heure quand il entreprit la lecture de la deuxième étiquette… leur étiquette. « Hélène Girard », son prénom et son nom étaient inscrits distinctement, il n’y avait aucun doute là-dessus. Elle était là, il allait la voir. Mais ce bonheur soudain fut aussitôt terni par une autre découverte : tristement, Nicolas constata qu’Hélène n’avait pas encore pris la peine de changer l’étiquette. Elle avait simplement barré la deuxième partie de l’inscription, mais pas assez pour la rendre illisible : on le voyait encore nettement, l’appartement du premier étage avait compté il y a peu un autre occupant… « Nicolas Vernier ».
Nicolas passa avec douleur son doigt sur cette étiquette, jeta un regard furtif en direction des fenêtres du premier étage, prit une profonde inspiration et sonna, d’abord timidement puis plus nettement. Si elle était là, elle avait forcément entendu.

Chapitre 6 : « sois toi »

Il ne faut qu’une fraction de seconde pour actionner une sonnette. Et pourtant, cela avait été assez pour que Nicolas repasse dans sa tête toutes ces phrases qu’il n’avait cessées de répéter durant son voyage. Toutes ces phrases qu’il souhaitait dire à Hélène, tous ces conseils que lui avait donnés José aussi.

Paris, veille de départ, « position du Penseur ». Toujours ce réconfort apporté par cette posture salvatrice quand bien même la vue n’était pas celle de l’océan. Demain il partait, destination Sydney. Dans quelques heures peut-être, il la verrait ; il devait s’y préparer.
- A quoi tu penses ?
Nicolas : A elle. T’as une idée de la manière dont il faudrait que je m’y prenne. S’il y a une chance que j’évite le carton, j’aimerais ne pas la manquer…
José : Ecoute Nico. Ça dépend quand même vachement d’elle, de ses dispositions à ton égard.
Nicolas : Super réconfortant ce que tu me dis. Je pense que j’vais aller rendre mon billet…
José : Arrête. Et reconnais que j’ai raison. Ceci étant, tu pourras agir sur les événements… un peu du moins !
Nicolas : Et comment ?
José : Sois toi. Pas le type pleurnichard que t’as été la dernière fois que vous vous êtes vus. J’pense qu’elle le supporte pas ce type-là. Il lui rappelle trop… Enfin tu vois.
Nicolas : J’ai bien peur que ma seule tête le lui rappelle…
José : Elle est un peu nouvelle ta tête ; souviens-toi que t’as perdu des cheveux…
Nicolas (esquissant un sourire) : Y a vraiment que toi pour arriver à me faire marrer même quand j’ai envie d’hurler.
José : Je te le répète : sois toi. Le vrai Nicolas, il lui est indispensable à la belle Hélène…
Nicolas : Si ça pouvait être vrai…


Nicolas revint à lui. Et dut se rendre à l’évidence. Il n’aurait pas à prononcer toutes les phrases qu’il avait serinées dans l’avion, il n’aurait pas à chercher à « être lui », en tout cas pas maintenant. Personne ne lui avait répondu. Hélène était absente.

Chapitre 7 : marche solitaire

Nicolas regarda par réflexe sa montre, tout juste mise à l’heure australienne. 14 h 00. Le temps était magnifique, elle était sans doute sortie. Quoi de plus normal par un bel après-midi ? Reprendre un avion et interpréter cet échec comme un signe du destin, ce même destin qu’il avait pensé forcer en ne prenant qu’un billet simple ? L’attendre ? Marcher. Nicolas se décida finalement à aller marcher, marcher dans ces endroits où ils avaient été si heureux… avant.

À leur arrivée en Australie, Hélène et lui avaient choisi de s’installer tout près de l’université de Sydney, dans le quartier de Darlington. Ce quartier universitaire présentait aussi l’avantage d’être situé non loin de l’hôpital où la grand-mère d’Hélène recevait ses traitements. Bien sûr, ils auraient pu économiser le prix d’un loyer et occuper la maison familiale, mais quitte à commencer une nouvelle vie, ils avaient voulu créer leur chez-eux, symbole de cette toute nouvelle vie commune. Au moins Hélène n’avait-elle pas ressenti l’urgence de quitter ces lieux, pourtant empreints de souffrance. L’appartement qu’elle habitait quatre mois encore après l’avoir quitté était tout de même le leur. Ils y avaient été incroyablement heureux, mais c’était aussi là qu’elle l’avait surpris en si mauvaise posture. Quel gâchis ! Marcher, marcher, encore marcher…
À mesure de sa marche, Nicolas retrouvait avec nostalgie et douleur souvent les lieux qu’ils fréquentaient tous deux. C’étaient leurs rues, leurs allées, leurs arbres, leurs odeurs mêmes. Il était chez eux. Nicolas sentait son regard s’embuer à mesure qu’il progressait. Il était chez eux mais elle n’était pas là. Il était chez eux… sans elle… et il en était entièrement responsable.

Brutalement, il rebroussa chemin. Une dizaine de minutes de marche et il pourrait arriver à la gare centrale. De là il trouverait aisément un taxi puis un avion. Venir ici avait été une erreur. José s’était trompé. Prendre un aller-simple était une idée ridicule.

Chapitre 8 : Australian Dreaming (1)

Elle repensait à hier. Cela faisait maintenant presque vingt-quatre heures qu’elle se remémorait chaque seconde de cette scène. Elle s’était à peine reconnue. Du moins pouvait-elle se féliciter d’avoir honoré sa promesse : elle n’avait pas craqué. Mais à quel prix ? Jamais elle n’aurait pensé parvenir à conserver cette apparente froideur. Jamais elle n’aurait pensé tenir la ligne qu’elle s’était fixée et réussir à dépasser l’immense chagrin que lui procurait l’évident désarroi de Nicolas. Fallait-il qu’il lui ait fait du mal pour l’avoir à ce point transformée, elle, celle dont tout le monde vantait la douceur et la compassion. Avait-il lu en elle ? Avait-il deviné qu’une partie d’elle-même ne concevait pas la vie sans lui et serait prête, sur un simple mot de sa part, à tout effacer… encore une fois ?

- Mademoiselle Girard ?
- Hélène (sortant précipitamment de ses pensées puis se levant) : Bonjour docteur.
- Dr Anderson (lui serrant la main et l’invitant à le suivre) : Bonjour. On y va ?

Hélène s’était assise face au médecin et attendait patiemment que celui-ci prenne connaissance des résultats que le laboratoire lui avait fait parvenir.
- Dr Anderson (esquissant un sourire) : Et bien, je crois qu’on a l’explication de vos récents désagréments Mademoiselle Girard.
- Hélène : Ah oui ?
- Dr Anderson : Votre analyse de sang est formelle. Votre conjoint et vous allez pouvoir cesser de vous tracasser à propos de votre santé. C’est un bébé qui se prépare ! Vous êtes enceinte. Toutes mes félicitations !
- Hélène : Vous…, vous dîtes ?
- Dr Anderson : Vous et votre compagnon allez avoir un enfant. Cette faiblesse générale, ces baisses de tension, ce « coup de fatigue »… Je l’avais envisagé et votre analyse le confirme : ce sont les premiers symptômes de votre grossesse.
Hélène observait le médecin et se répétait mentalement chacun des mots qu’il venait de prononcer, comme si elle n’en avait pas encore perçu tout le sens. Enceinte ? Une grossesse ? Un enfant… de lui ?


- Eh oh, Hélène, on t’attend pour la réunion.
- Oh pardon, oui, oui, j’arrive.
- Tu te sens bien au moins ? Faut pas plaisanter au troisième trimestre tu sais.
- Ne t’inquiète pas. Je me sens en pleine forme ! Un peu plus imposante chaque jour, mais en pleine forme ! Allons-y. Au travail !

L’association Australian Dreaming dans laquelle Hélène avait été embauchée trois mois plus tôt développait des projets de protection des populations aborigènes. Le médecin qui dirigeait l’association lui avait fait une fleur, elle en avait bien conscience. Alors qu’il recherchait une personne diplômée en anthropologie et prête à s’engager dans des missions de terrain, il l’avait choisie elle, étudiante pas tout à fait diplômée, mais surtout future maman… Sans l’introduction du docteur Anderson, elle n’aurait eu aucune chance d’obtenir ce poste, un poste quasiment construit pour elle. Hélène cumulait des fonctions de secrétariat, d’accueil et de conseils au sein de l’association. En trois mois, elle avait appris beaucoup de cette population autochtone longtemps martyrisée et aujourd’hui encore largement discriminée. C’est pour l’aider que l’association Australian Dreaming menait son double combat : sur le terrain, protéger les populations engagées dans le projet « Terre natale » ; depuis Sydney, organiser les missions, récolter des fonds, et soutenir dans leur quotidien les Aborigènes citadins. Ce poste la passionnait et elle éprouvait à l’égard de son directeur une profonde reconnaissance. En l’embauchant, le docteur William Blake lui avait tout simplement redonné le goût de vivre…

Chapitre 9 : Australian Dreaming (2)

Pour la deuxième fois dans la même journée et la cinquième fois en une semaine, Nicolas s’apprêtait à pénétrer dans un aéroport. Ridicule, cette situation était ridicule. Il en rit de désarroi. Absorbé par ses pensées, il ne prêta pas attention à l’animation qui agitait le parvis de l’aéroport et prit sans même s’en rendre compte le tract qui lui était tendu.

- Le prochain vol pour Paris s’il-vous-plaît ?
- Il y a un départ à 21 h 30 monsieur. Attendez une minute, je vérifie. Oui, c’est bien ça : il reste de la place sur le vol de 21 h 30.
Sept heures à attendre dans un aéroport ? Il n’était plus à ça près… Nicolas fit la réservation, paya son billet et se dirigea vers une rangée de sièges libres.

A Paris, il retrouverait José dont le départ pour Love Island devait se faire le lendemain. Nicolas savait qu’il pouvait se préparer à une sacrée soufflante… Mais il lui expliquerait, et il parviendrait à lui faire comprendre qu’il n’était pas parti par simple lâcheté. Ce départ pour l’Australie avait été beaucoup trop précipité, beaucoup trop peu réfléchi. À quoi bon revoir Hélène si c’était pour s’entendre répéter qu’elle ne voulait plus de lui ? À quoi bon lui imposer à elle d’avoir à renouveler ses paroles de rupture ? Il était préférable qu’il rentre… pour eux deux. Et en attendant, le mieux qu’il avait à faire, c’était dormir. Dormir pour récupérer, mais surtout dormir pour oublier.
Alors qu’il enfouissait ses mains dans ses poches, Nicolas s’étonna d’y trouver un papier qu’il n’avait pas souvenir d’y avoir placé. Machinalement, il retira ce papier de sa poche, le défroissa et en entreprit la lecture. C’était un tract. Le tract d’une association. Une association nommée Australian Dreaming, du nom d’un ouvrage qui relatait les quarante mille années d’histoire des Aborigènes. Nicolas parcourut rapidement le paragraphe qui présentait les objectifs et les actions de l’association. Noble cause pensa-t-il tout en retournant le document. Au verso, un appel aux dons. Hélène aurait sûrement donné... Tout en bas du tract enfin, le nom des quatre personnes qui géraient l’antenne de Sydney : William Blake, Anthony Smith, Sarah Thompson, Hélène Girard.
A la lecture de ce dernier nom, Nicolas se demanda si le cauchemar prendrait fin un jour.

Chapitre 10 : William

- Merci de m’avoir raccompagnée. Mais tu n’étais pas obligé. Je n’en ai que pour vingt minutes à pieds.
- Tu dois prendre soin de toi Hélène. Et soin du bébé aussi.
En prononçant cette dernière phrase, William avait posé naturellement sa main sur le ventre d’Hélène.
- J’en prends soin William… grâce à toi. Merci. Merci pour tout…
- Peut-on imaginer que nous arrivions une seule fois à avoir une conversation où tu ne me remercierais pas ?
Non, elle ne pouvait pas. Elle ressentait pour cet homme une immense gratitude. Il lui avait tant donné : un travail passionnant bien sûr, qui lui garantissait de pouvoir offrir à son enfant une vie décente et qui lui apportait aussi un réel épanouissement personnel. Mais William Blake avait représenté au cours de ces trois derniers mois bien plus que cela : une présence quotidienne, une oreille toujours attentive et même une épaule sur laquelle pleurer. Sans lui, Hélène aurait probablement été incapable de surmonter le désarroi dans lequel l’avait laissée sa rupture avec Nicolas et la découverte de sa grossesse.
- Je te dois tant…
- Mais moi aussi, je te dois beaucoup !
La mine interrogatrice d’Hélène le fit sourire ; tendrement, il posa sa main sur la joue d’Hélène.
- Ce que tu as apporté à l’association depuis trois mois m’est très précieux. En y mettant tout ton cœur et tout ton professionnalisme, tu nous fais grandement avancer. C’est comme cette idée de tracts. Je suis sûre que cela va nous faire connaître davantage et nous permettre de financer cette prochaine mission.
- La cause me tient à cœur William. Et puis…
- Et puis ?
- Je ne veux pas te décevoir.
- (ironique) Crois-moi, je ne suis pas prêt de regretter d’avoir rendu ce petit service à Anderson…
William avait maintenu sa main sur la joue d’Hélène, et comme pour l’y encourager, Hélène avait à son tour posé sa main sur celle de William. Et lorsqu’il effleura timidement sa bouche de ses lèvres, elle le laissa faire. Peut-être était-ce la fin du cauchemar ? Peut-être avait-elle de nouveau droit au bonheur ?

Chapitre 11 : Elle


Installé dans le taxi qui devait le ramener auprès d’elle, Nicolas n’avait pas perdu une miette de la scène qui venait de se dérouler sous le porche du petit immeuble en briques rouges. Il était donc possible de souffrir plus encore ?

- On va peut-être pas s’éterniser là ? Va falloir prendre une décision p’tit gars.

Une décision ? Autre que de mourir ? Car Nicolas n’était plus tout à fait certain d’avoir encore envie de vivre. Lui venait enfin de partir. Elle l’avait suivi du regard jusqu’à ce qu’il regagne sa voiture, lui avait adressé un signe de la main, puis était rentrée dans l’immeuble, leur immeuble, pour rejoindre son appartement, leur appartement. Durant les heures qu’il avait passées dans « la position du penseur », Nicolas avait envisagé des centaines d’hypothèses : qu’elle le gifle, qu’elle refuse de lui ouvrir la porte, et même, dans ses rêves les plus fous, qu’elle le pardonne. Mais naïvement, il n’avait pas songé un instant qu’elle pouvait avoir refait sa vie. C’était donc ça toucher le fond ?

- Oh eh monsieur ? On fait quoi ? J’veux pas vous affoler mais le compteur tourne.
- Combien j’vous dois ? Je descends là.

À peine quatre heures s’étaient écoulées et Nicolas réitérait ce geste douloureux : passer un doigt hésitant sur une étiquette qui lui évoquait tellement. Mais tout était désormais différent. Elle était là. Il l’avait vue. Malgré l’écran créé par les quelques mètres qui les séparaient et par l’opacité de la vitre du taxi, il avait pu l’observer en détails. Il avait retrouvé la douceur de son visage, sa beauté, des traits qu’il connaissait si bien… Et pourtant, Hélène était désormais si différente… Elle avait refait sa vie. Si vite. Trouvé quelqu’un et engager sa vie. Si vite. Elle l’avait oublié. Si vite. Hélène allait être mère. Et lui, il sombrait.
Mais il irait la voir. Il voulait lui parler. C’était elle qui lui devait désormais une explication. Et il ne changerait pas d’avis. D’autant que ce voisin qui venait d’ouvrir la porte de l’immeuble lui économisait l’épreuve de l’interphone. De la façon la plus naturelle du monde, il lui emboîta le pas et se dirigea vers la cage d’escalier. Quelques instants plus tard, il se tenait devant la porte de son ancien appartement, et sans réfléchir, il y frappa deux coups. La porte ne tarda pas à s’ouvrir.

Les secondes passaient. Hélène restait là, interdite, sa main toujours posée sur le montant de la porte. Nicolas ne parvenait pas plus qu’elle à articuler le moindre mot. Ce sont leurs regards qui traduisaient leurs émotions ; et dans les yeux de Nicolas et d’Hélène, si on lisait de l’étonnement, on lisait surtout le sincère bonheur de se revoir. Hélène porta ses mains sur son ventre. Comme si deux mains frêles pouvaient cacher une grossesse avancée… Nicolas renonça dans l’immédiat à toutes les questions qu’il voulait lui poser. Seule comptait la joie de la revoir ; il approcha l’une après l’autre ses mains de son visage, les posa sur ses joues, puis la serra tout entière dans ses bras.
- Tu m’as tellement manqué…
- (desserrant au bout d’un moment leur étreinte) En… Entre.

Nicolas la suivit dans leur ancien appartement. Du couloir au salon, il constata que la majorité de leurs affaires communes étaient demeurées en place ; elle avait même conservé quelques photos de leurs six années de vie partagées. La nouveauté bien sûr, c’était ces affaires de bébé qui traînaient ça-et-là. Sans doute commençait-elle à préparer l’arrivée de son enfant. Il s’assit face à elle. Dieu que c’était compliqué !
- Comment vas-tu ?
- Bien…J’vais bien.

Ces silences… Ni l’un ni l’autre ne semblaient savoir quoi dire. Tous les conseils de José, toutes ces phrases mille fois répétées : Nicolas avait tout oublié. Ne lui restait que son cœur meurtri par la découverte de la nouvelle vie d’Hélène.
- Félicitations, cela doit être le mot en usage dans ces circonstances.
Était-il possible qu’il n’ait pas compris ?
- De quoi me félicites-tu ?
- De l’heureux événement que tu prépares enfin.
Le faisait-il exprès ?
- J’vous ai aperçus avec ton compagnon alors que le taxi me déposait devant la maison. Félicitations. Tu as l’air heureuse.
Le pensait-il vraiment ? Hélène sentit les larmes monter.
- Pour... Pour qui me prends-tu ?
Il la regarda interloqué. Hélène se leva, prit une profonde inspiration comme pour y puiser de la force, et fixa Nicolas. Il ne lui connaissait pas ce regard aussi dur.
- Je suis enceinte de six mois et demi Nicolas. La naissance aura lieu au mois de février.
Hélène marqua un temps d’arrêt, porta la main à son ventre et sembla se radoucir.
- J’attends une petite fille. J’ai décidé de l’appeler Emma, parce que c’est ainsi que son père et moi avions décidé d’appeler notre enfant si c’était une fille.

Elle maintint son regard dans le sien quelques secondes, jusqu’à ce que Nicolas n’en puisse plus et abaisse piteusement la tête. Hélène quitta alors la pièce, laissant Nicolas seul, désespérément seul…. et totalement sonné. Enceinte de lui. Hélène était enceinte de lui. Il laissa tomber sa tête contre le mur, ferma les yeux, les larmes coulèrent instantanément.


Chapitre 12 : « Sois toi »

Nicolas frappa faiblement à la porte de leur ancienne chambre. N’entendant pas de réponse, il en poussa la porte et entra, doucement. Hélène était assise sur le lit, leur lit, le visage baigné de larmes. Il s’agenouilla auprès d’elle et lui prit la main. Malgré les nœuds qui s’étaient formés dans sa gorge, il prit la parole.
- Hélène ? Hélène, je suis désolé… Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?
Sois toi. Pas le type pleurnichard que t’as été la dernière fois que vous vous êtes vus. J’pense qu’elle le supporte pas ce type-là. Il lui rappelle trop… Enfin tu vois.

Hélène lâcha la main de Nicolas et se leva. Sa voix était étonnamment calme.
- La première fois que j’ai voulu te dire que nous allions sans doute être parents, je t’ai trouvé dans notre lit avec une autre femme.
- Pardon...
Sois toi. Pas le type pleurnichard que t’as été la dernière fois que vous vous êtes vus. J’pense qu’elle le supporte pas ce type-là.
- La deuxième fois, alors que les analyses avaient confirmé mes doutes, la réceptionniste de ton hôtel m’a annoncé que tu venais de quitter l’Australie sans laisser d’adresse. J’ai pensé que le destin ne voulait pas que tu saches que j’attendais ton enfant.
- Pardon….
Sois toi. Pas le type pleurnichard que t’as été la dernière fois que vous vous êtes vus.
- Te pardonner ? Mais te pardonner de quoi ? De m’avoir trompée une fois de plus ou d’avoir pu penser que j’avais refait ma vie si vite ?
- De tout. Pardonne-moi de tout.
Sois toi.
- L’homme avec qui tu m’as vue tout à l’heure n’est pas mon compagnon… et encore moins le père de l’enfant que je porte. Hélène marqua un temps d’arrêt, sembla réfléchir et affirma finalement. Mais il le mériterait plus que toi.


Sois toi. Pas le type pleurnichard que t’as été la dernière fois que vous vous êtes vus. J’pense qu’elle le supporte pas ce type-là.
José avait vu juste. Nicolas quitta la chambre d’Hélène, son appartement, son immeuble, sa vie… puisque telle était sa demande.

EPILOGUE

Assis sur le sable, les genoux repliés sous le menton, les yeux plantés dans le bleu de l’océan, Nicolas avait repris ce qui était devenu sa posture favorite depuis bientôt un an, « la position du Penseur » comme il l’avait lui-même baptisée un peu ironiquement. En cet après-midi de novembre, il se disait que les pensées du jour étaient encore plus heureuses que celles d’hier. Comment pouvait-il en être autrement ? Dans la cabane dormait paisiblement son enfant et auprès de lui, semblant elle aussi voguer dans ses pensées, se tenait sa douce épouse. Tout ici était elle… C’est avec elle qu’il avait fait le tour de cette île pour la première fois, c’est avec elle aussi qu’il avait foulé ce sable pour la première fois, c’est avec elle bien sûr qu’il avait regardé cet océan pour la première fois… Et c’est ici, avec leur fille, qu’ils allaient reconstruire les bases de leur histoire.

Des bruits de voiture puis des rires se firent bientôt entendre. Ils arrivaient, eux les frères et sœurs, l’autre morceau de sa famille. Nicolas les regarda descendre vers la plage puis se tourna vers Hélène. Ils étaient tous là… surtout elle.

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Avrildemai le Ven 25 Déc 2009 - 15:54

Mélodie j'adore et même plus, je te l'avais surement dejà dis sur la FF de lel, mais tu as un talent immense et c'est dommage de ne pas l'exploiter plus quand on lit de pareil chef-d'oeuvres (non je n'exagère pas!) j'ai frissoné, j'ai eu une boule dans le ventre tout du long et j'ai surtout eut tres père avant de lire l'épilogue (j'ai cru que tu avais bu ) Je suis tres tres touché que tu es choisit d'ecrire pour moi, plus que ca même! 1000 merci, 10 000 milles merci! tu m'as collé la chair de poule et les larmes au yeux tant par ton histoire que par le simple fait d'avoir ecrit pour moi!!!

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Mélodie le Ven 25 Déc 2009 - 18:35

Avrildemai a écrit:Mélodie j'adore et même plus, je te l'avais surement dejà dis sur la FF de lel, mais tu as un talent immense et c'est dommage de ne pas l'exploiter plus quand on lit de pareil chef-d'oeuvres (non je n'exagère pas!) j'ai frissoné, j'ai eu une boule dans le ventre tout du long et j'ai surtout eut tres père avant de lire l'épilogue (j'ai cru que tu avais bu ) Je suis tres tres touché que tu es choisit d'ecrire pour moi, plus que ca même! 1000 merci, 10 000 milles merci! tu m'as collé la chair de poule et les larmes au yeux tant par ton histoire que par le simple fait d'avoir ecrit pour moi!!!

Merci Avril ! Ravie que ma bafouille te plaise ! santa

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Avrildemai le Ven 25 Déc 2009 - 19:06

Mélodie a écrit:
Avrildemai a écrit:Mélodie j'adore et même plus, je te l'avais surement dejà dis sur la FF de lel, mais tu as un talent immense et c'est dommage de ne pas l'exploiter plus quand on lit de pareil chef-d'oeuvres (non je n'exagère pas!) j'ai frissoné, j'ai eu une boule dans le ventre tout du long et j'ai surtout eut tres fière avant de lire l'épilogue (j'ai cru que tu avais bu ) Je suis tres tres touché que tu es choisit d'ecrire pour moi, plus que ca même! 1000 merci, 10 000 milles merci! tu m'as collé la chair de poule et les larmes au yeux tant par ton histoire que par le simple fait d'avoir ecrit pour moi!!!

Merci Avril ! Ravie que ma bafouille te plaise !


Bafouille si ca c'est une bafouille!!!! C'est pas du tout une bafouille, j'aime trop oui ca c'est certain!

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  olkev le Ven 25 Déc 2009 - 21:43

Je viens de la lire, chapeau, elle est très bien écrite, très juste et très touchante.

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Avrildemai le Ven 25 Déc 2009 - 21:45

d'ailleurs là encore je reclamerais bien: LA SUITE!!!!!!!!!!!

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Mélodie le Ven 25 Déc 2009 - 23:03

olkev a écrit:Je viens de la lire, chapeau, elle est très bien écrite, très juste et très touchante.

Merci Olivia !

@avril : une suite ? Mais l'histoire est finie... Very Happy

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Sev le Jeu 21 Jan 2010 - 23:25

Et ben si ça c'est une bafouille...
Très belle histoire, j'en ai eu des frissons. Tu as un magnifique style d'écriture... L'histoire, les détails, ta façon de raconter, les idées, tout est génial! J'avais l'impression de voir toutes les scènes devant mes yeux, mes yeux qui commençaient à picoter un peu d'ailleurs.
Bravo! Very Happy

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Re: Voeu n°8 : une fic où Nicolas retrouve Hélène en Australie

Message  Mélodie le Dim 24 Jan 2010 - 18:35

Sev a écrit:Et ben si ça c'est une bafouille...
Très belle histoire, j'en ai eu des frissons. Tu as un magnifique style d'écriture... L'histoire, les détails, ta façon de raconter, les idées, tout est génial! J'avais l'impression de voir toutes les scènes devant mes yeux, mes yeux qui commençaient à picoter un peu d'ailleurs.
Bravo! Very Happy

Merci Sev pour les compliments... et pour la lecture dont je sais qu'elle a été très attentive Wink !

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