Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
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Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
« Un cœur plein dans un monde vide »

Cadeau de Noël pour Pettitteluciole qui voulait une fic sur « une histoire d’amour entre Manuela et Sébastien, où que ce soit, peu importe le moment ». « Où que ce soit » dis-tu ? Très bien, je me permets alors d’emmener nos chouchous chez moi…
Mille mercis à ma correctrice de choc pour le temps qu’elle a bien voulu consacrer à la lecture de ce texte et pour ses conseils, toujours justes, toujours précieux. Ce texte te doit beaucoup Kat ! Vraiment...
Chapitre 1 : un cœur vide
Une pluie fine et froide tombait sans discontinuer depuis qu’elle était arrivée mais cela ne semblait pas l’atteindre. Seule sur les remparts, le visage offert au vent, elle marchait lentement, comme pour ne pas perdre une seule image du paysage qui se présentait à elle. Depuis son promontoire, elle découvrait les beautés de la côte bretonne, ses découpes, ses pics et finalement son cap, Fréhel, dont elle était parvenue à distinguer la masse imposante malgré la brume persistante. En contrebas, elle contempla, dégagée par la marée basse, la grande plage de Saint-Malo ; en dehors de quelques habitués qui y faisaient courir leur chien et des irréductibles pêcheurs à pieds, la grève était déserte en cette fraîche matinée de novembre. Inspirant une bouffée d’air frais à pleins poumons, Manuela quitta les remparts et gagna la plage.
« On habite, avec un cœur plein, dans un monde vide ; et sans avoir usé de rien, on est désabusé de tout.»
Les vers de Chateaubriand, patiemment appris au lycée, lui revenaient en mémoire à mesure qu’elle se rapprochait de l’île du Grand Bé, ce simple rocher devenu lieu de pèlerinage littéraire depuis qu’un grand auteur romantique l’avait choisi comme dernière demeure. « Un cœur plein dans un monde vide » disait Chateaubriand ? Elle, son cœur était vide, désespérément vide et elle avait bien l’intention qu’il le reste. « Désabusé de tout » disait Chateaubriand ? Bien sûr qu’elle était désabusée de tout…Comment pouvait-il en être autrement pour elle, elle dont on avait abusé… Manuela leva la tête vers ce ciel tellement gris. Foutu temps breton. Elle était trempée. Du moins ne risquait-on pas de voir ses larmes… Manuela resserra son vêtement de pluie et poursuivit sa route vers le Grand Bé. Trempée pour trempée, autant avancer ; d’autant que personne ne l’attendait… À mesure qu’elle grimpait le rocher et qu’elle s’approchait du tombeau, la majesté des lieux se faisait plus pesante et le silence plus oppressant. Peut-être aurait-elle dû rebrousser chemin ? Trop tard, elle arrivait.
Un grand écrivain français
a voulu reposer ici
pour n'entendre que la mer et le vent.
Passant,
respecte sa dernière volonté.
a voulu reposer ici
pour n'entendre que la mer et le vent.
Passant,
respecte sa dernière volonté.
Le visage balayé par les embruns, seule face à l’immensité marine, Manuela écouta pendant de longues minutes le bruit de la mer et du vent. Et tandis qu’elle contemplait la baie de Saint-Malo, elle laissait ses lèvres réciter en silence une autre citation de Chateaubriand. Une autre citation qui collait dramatiquement à son état d’esprit : « Je voudrais n’être pas né ou être à jamais oublié ».
La veille encore, elle se demandait s’il était raisonnable de se rendre à Saint-Malo. Elle avait fini par se convaincre que cette escapade ne pourrait lui faire que du bien. Elle s’était manifestement trompée. Plus rien ne pouvait lui faire du bien.
Chapitre 2 : mémoires d’une rencontre
Était-ce l’effet de la houle bretonne ou la volonté de digérer sa douloureuse promenade ? Manuela n’avait pu le déterminer mais sitôt parvenue dans sa chambre, elle avait écouté ce besoin impérieux de s’accorder quelques instants de repos. À son réveil, le profond malaise qu’elle avait ressenti durant sa sortie matinale s’était estompé. De la fenêtre de sa chambre, elle constata que la nuit commençait à tomber ; il était temps pour elle de songer à se préparer. Ce n’était pas pour Chateaubriand qu’elle était venue à Saint-Malo… C’était pour lui. Et c’est avec lui qu’elle avait rendez-vous ce soir.
Alors qu’elle ajustait son maquillage, Manuela repensait aux circonstances dans lesquelles elle avait retrouvé Sébastien. La scène s’était déroulée un mois plus tôt, à Paris, dans le jardin du Luxembourg, et elle en gardait en mémoire le déroulement exact…
- Manuela ?
Elle n’avait pas entendu. Assise face au palais du Sénat, Manuela était de nouveau perdue dans ses pensées, perdue tout court d’ailleurs. Depuis « ça », elle avait pris l’habitude de s’offrir à chaque fin d’après-midi cette petite heure de totale solitude où elle faisait le point sur sa vie. Son agression remontait à trois mois maintenant. Elle n’en portait plus de traces physiques, mais dans son âme, dans son cœur, les traces étaient indélébiles. Pas un jour n’était passé sans qu’elle ne revive mentalement l’ensemble de ces heures cauchemardesques dans leurs moindres gestes, dans toute leur horreur. On lui avait dit de laisser faire le temps, d’être patiente. Elle avait essayé d’attendre, vraiment. Mais loin de s’atténuer, sa douleur devenait chaque jour un peu plus forte, et plus le temps passait, moins sa vie lui paraissait supportable. De plus en plus, une seule issue lui semblait envisageable pour qu’enfin cesse son tourment, pour qu’enfin elle soit en paix.
- Manuela, c’est toi ?
Qui venait ainsi troubler ses réflexions intérieures ? Qui venait violer son intimité ? Qui lui interdisait cette introspection ? Elle se retourna, péniblement et le vit, lui.
- Je pensais bien t’avoir reconnue.
- Sé… Sébastien ?
Manuela ne parvenait pas à déterminer s’il arrivait au mauvais moment ou au bon. Son instant de solitude avait été trop violent aujourd’hui, elle avait trop mal, elle devait pleurer. Et lui était là.
Spontanément, sans y réfléchir, elle se leva du banc et s’effondra dans ses bras. Sébastien n’avait rien compris, bien sûr, mais il avait su lui offrir l’épaule attendue et l’avait laissée déverser son flot de larmes. Ils étaient restés ainsi, tous les deux, plusieurs minutes, et elle s’était surprise à éprouver à ce contact un mieux-être. Finalement, le visage humide, elle avait posé son regard dans le sien. Elle y avait vu un milliard de questions et surtout une vraie peine parce que, elle, la douce et d’habitude enjouée Manuela, était dans un si triste état. Elle l’avait embrassé tendrement sur la joue, lui avait pris la main et l’avait invité à s’asseoir près d’elle sur le banc.
- Ne t’inquiète pas. Tu… Tu es arrivé au mauvais moment.
- Tu es sûre que ça va ?
- Ne t’inquiète pas je te dis. Et dis-moi plutôt ce que tu fabriques à Paris.
D’un revers de la main, Manuela avait balayé ses larmes et mis visiblement de côté ce qui les avait provoquées. Elle avait retrouvé la voix et le regard qu’il lui connaissait, et attendait, la mine interrogatrice, qu’il veuille bien lui répondre. C’était au tour de Sébastien de laisser sa vue se voiler à la pensée de ces tristes derniers mois.
- Cela fait bien huit mois maintenant que j’ai quitté la maison…
- Et que tu n’as donné aucune nouvelle…
- C’est vrai. Mais je n’étais pas sûr que vous en souhaitiez des nouvelles…
- Idiot ! Tu sais Sébastien : ton histoire avec Laly est une chose. Notre amitié en est une autre. Comment vas-tu ?
- Tout doucement… On fait aller.
- Et… Et Aline ? Elle va bien ?
- Nous sommes séparés… depuis un petit moment d’ailleurs.
Depuis qu’il avait commencé à parler de lui, Sébastien ne l’avait plus regardée. Il n’avait cessé de fixer le même point et semblait lointain, tellement lointain. Or qui mieux que Manuela savait ce que signifiait se fermer sur soi-même, refuser de parler, préférer garder pour soi ses pensées secrètes et ses blessures ? Avec finesse, elle changea de sujet.
- Qu’est-ce qui t’amène à Paris ? Je pensais que tu t’étais installé définitivement en province ?
- C’est le cas. Je suis en déplacement sur Paris pour deux jours pour mon boulot. Je rentre chez moi jeudi.
- Toulouse c’est ça ?
- Ah non, j’ai quitté le Sud… En même temps que j’ai quitté Aline…
- Ah ?
- Je suis installé à Saint-Malo depuis six mois. Me voilà devenu breton !
Manuela n’avait pu s’empêcher de rire, un vrai rire. Elle se surprit d’ailleurs à penser qu’il s’agissait de son premier vrai rire depuis… longtemps.
- En Bretagne ?
- Pourquoi ris-tu ? C’est très beau la Bretagne.
- Très beau oui, et très humide aussi !
- Ça ne me dérange pas. J’ai l’humeur chagrine désormais tu sais.
Elle l’avait observé pensant qu’il plaisantait. Mais il paraissait en réalité très sérieux et Manuela en éprouva une peine réelle. Quels démons affrontait-il lui aussi ?
- Et… Que fais-tu à Saint-Malo ?
- Ah, je suis devenu un gars sérieux de ce point de vue là…
Manuela le regarda en souriant. Elle l’avait toujours trouvé sérieux, trop peut-être d’ailleurs.
- Je dirige une petite entreprise dans le bâtiment. Y a pas mal de chantiers à Saint-Malo tu sais, c’est une ville qui bouge… Ça marche bien de ce côté-là, j’suis content.
- Tant mieux alors.
Leur conversation s’était poursuivie ainsi presque une heure durant. L’heure qu’elle consacrait d’habitude à se remémorer chaque minute de « ça », elle l’avait passée agréablement en sa compagnie. Ils avaient rapidement évoqué quelques souvenirs communs, mais n’avaient entamé aucune conversation « sérieuse ». Elle ne lui avait rien dit de son agression, il ne lui avait pas expliqué sa rupture avec Aline ni demandé de nouvelles de Laly, ni d’aucun de leurs amis d’ailleurs. Ils avaient parlé de tout et de rien, de la Bretagne, de bâtiments, d’architecture, et c’est tout naturellement qu’il l’avait invitée à passer un prochain week-end à Saint-Malo. Elle avait promis d’y réfléchir.
Manuela avait fini de se préparer ; elle jeta un coup d’œil dans le miroir et elle jugea l’image qu’il lui renvoyait acceptable. « Très acceptable même » pensa-t-elle en souriant. C’était la première fois depuis quatre mois qu’elle parvenait à sourire face à un miroir…
Chapitre 3 : « le mystère Manuela »
Sébastien était arrivé au restaurant avec plus d’un quart d’heure d’avance. Il avait eu Manuela quelques minutes au téléphone le matin-même, le temps de s’assurer qu’elle était bien arrivée et de confirmer le lieu et l’heure de leur rendez-vous du soir. Il s’en était voulu de ne pas avoir pu se rendre disponible dés aujourd’hui, mais ce chantier au port lui apportait chaque jour de nouveaux tracas. Pour les deux prochains jours en tout cas, il avait bien l’intention de ne s’occuper que d’elle. Le bureau se passerait de lui quoiqu’il advienne !
Sébastien s’étonnait de l’impatience grandissante qu’il ressentait à mesure que l’heure de leur rencontre approchait. Depuis leurs retrouvailles, il avait pensé très souvent à elle. Et pas seulement parce qu’elle le rattachait à un passé dont il n’avait pas encore fait le deuil… Il y avait autre chose, il n’avait pas encore compris quoi, mais il le reconnaissait bien volontiers : la perspective de la retrouver ce soir le ravissait. Il en était là de ses réflexions quand il la vit passer la porte du restaurant. Le visage reposé, les yeux discrètement maquillés, habillée d’une robe noire très sobre mais très élégante à la fois : Sébastien se dit qu’elle était tout simplement magnifique. Il se leva, lui fit un signe de la main, et quand elle fut arrivée à sa hauteur, la serra dans ses bras.
- Bonsoir Sébastien.
- Bonsoir Manuela. Tu es superbe !
- Merci. Tu es très élégant aussi…
Elle prit place face à lui et le laissa engager la conversation.
- Toutes mes excuses encore pour ce matin. Je te fais arriver de bonne heure et je ne peux m’occuper de toi que le soir. Je suis impardonnable.
- Ne t’inquiète pas. Je sais ce qu’est un contretemps ! Et puis il nous reste deux jours entiers !
- Et nous allons en profiter, je te dis que ça ! Et ta journée ? Tu as pu faire le tour de la ville ?
Manuela prit sur elle pour que rien sur son visage ou dans sa voix ne laisse deviner combien sa première rencontre avec Saint-Malo avait été douloureuse.
- C’est une belle ville. Mais je pense que je vais ramener un bon rhume à Paris…
- Fichue pluie hein ? Les gens ici disent qu’il y a deux saisons : la grande saison des petites pluies et la petite saison des grandes pluies…
Manuela avait souri, d’un sourire qui avait illuminé son visage. Et pourtant, à l’observer depuis plusieurs minutes maintenant, Sébastien dressait le même constat que quand il l’avait retrouvée dans le jardin du Luxembourg un mois auparavant : elle avait changé, profondément. Une partie d’elle semblait s’être éteinte. Il se surprit à penser qu’il se donnait deux jours pour découvrir pourquoi.
- Enfin, je suppose que tu n’es pas venue parler de la pluie et du beau temps. Comment vas-tu ?
- Ça va.
- C’est tout ? Tu n’as rien d’autre à me raconter ? Ton métier ? Toujours ce top model qui parcourt le monde, voguant de défilé en séances de photos ?
Une grimace presque imperceptible avait traversé fugacement le visage de Manuela. L’évocation de ce qu’avait été sa vie professionnelle ces dernières années l’agaçait presque. Cette vie de strass, ces paillettes, ces lumières, ces artifices : comme cela correspondait peu à ses aspirations actuelles ! Comme elle aurait voulu que cela soit déjà loin !
- J’ai un peu levé le pied.
L’arrivée du serveur pour prendre leur commande la tira d’une voie dans laquelle elle ne souhaitait pas s’engager. Parler d’elle lui était devenu très pénible. Sébastien sembla le comprendre puisqu’une fois leur commande effectuée, il eut la délicatesse de changer de sujet.
- Et les autres ? Comment vont les autres ?
- Tu ne m’avais pas demandé de leurs nouvelles il y a un mois…
- Ce qui ne veut pas dire que je n’y avais pas pensé. Comment vont-ils ?
- Bien ! Ils préparent leurs vacances !
- Au mois de novembre ?
- Oui, Jimmy a gagné de l’argent à la loterie, assez pour leur payer à tous de belles vacances au soleil. Ils partent la semaine prochaine, pour une petite île des Caraïbes au nom plein de promesses : Love Island !
- Effectivement, tout un programme… en particulier pour José j’imagine !
- C’est vrai qu’il n’a pas changé…
- Et toi ?
- Quoi moi ?
- Quelques jours de vacances ne te tentent pas ?
- Je… Ils m’ont proposé bien sûr. Mais…
- Mais ?
- Je… Je suis très occupée en ce moment et…
- Tu viens pourtant de me dire que tu levais le pied question mannequinat ?
- Pour être honnête…
Pouvait-elle se permettre d’être honnête ? Pouvait-elle lui avouer à lui, qu’elle n’avait revu que depuis moins d’une heure, ce qu’elle n’osait pas tout à fait s’avouer à elle-même ? Une voix intérieure lui commandait d’oser, parce que cet homme lui inspirait confiance, quand bien même elle venait de le retrouver, quand bien même elle avait encore tant à découvrir de lui.
- Je crois que la vie en tribu me pèse un peu.
C’était dit. Manuela avait prononcé sa phrase d’une voix sourde, presque honteusement, mais elle l’avait dite. Oui, la vie en tribu lui pesait. Elle se savait terriblement injuste à l’égard de ses amis qui tous bataillaient depuis des mois pour que la vie lui soit moins pénible. Pas un jour depuis son agression où ils n’avaient répondu présents. Surtout lui, José, qui se conduisait avec elle depuis « ça » mieux qu’un frère, mieux qu’un père. Ce matin encore, alors qu’il l’accompagnait à la gare pour ce qu’il pensait être un week-end chez sa tante, il avait de nouveau insisté pour qu’elle se joigne à eux pour leurs vacances. Elle avait tenté de lui expliquer de nouveau les raisons de ce refus. A quoi bon partir ? Pour fuir ? Faire semblant d’oublier ? José lui avait conseillé de tenter le coup quand même. Il n’avait pas compris. Qui pouvait la comprendre ?
- Je te comprends.
Qu’avait-il dit ?
- C’est vrai. Cette vie en groupe est quand même très particulière. Jamais seul, jamais face-à-face avec soi-même, toujours observé, conseillé, jugé… Cela peut devenir franchement pesant…
- Tu en avais assez de la vie à la maison ?
- Je ne suis pas parti pour ça. Je suis parti parce que je suis tombée amoureux d’une autre femme que Laly. Ce sont des choses qui arrivent.
- J’ai connu ça… C’était il y a très longtemps pensa-t-elle pour elle-même.
- Et même si je me suis trompée en croyant qu’Aline serait la femme de ma vie, je ne regrette pas de vous avoir quittés… ni d’avoir quitté Laly. J’te choque ?
- Je ne sais pas. Explique-moi.
- Je n’aurais pas su l’exprimer il y a neuf mois mais je le reconnais maintenant. La vie à la maison m’étouffait. J’avais soif de liberté, soif d’indépendance, envie de vivre pour moi, envie de prendre des risques aussi. Ce n’est peut-être pas un hasard si la vie m’a mené à Saint-Malo… J’ai finalement peut-être une âme de corsaire…
- Et Laly ?
- Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis aussi responsable qu’elle de notre échec. À force de trop céder, de tout accepter, j’ai fini par en oublier de l’aimer…
- Et Aline ?
- Je ne devais pas être si amoureux que ça… Notre vie commune est vite devenue pesante… N’empêche que c’est grâce à elle que j’ai ouvert les yeux, compris que je ne vivais pas la vie que je voulais vivre. Elle m’a permis de grandir.
- C’est bizarre…
- Quoi ?
- Tu dis avoir grandi, tu dis avoir pris de grandes décisions, mais…
- Mais ?
- Je ne t’ai jamais vu l’air aussi triste.
- Ça fait parfois mal de grandir…
Manuela avait laissé le serveur installer leur commande. Au terme de ces quelques secondes de répit, une évidence s’était faite jour.
- Tu sais, je crois que nous sommes très semblables.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Moi aussi j’ai grandi d’un coup… Et moi aussi ça m’a fait mal.
Manuela avait prononcé la dernière phrase si bas qu’elle s’était convaincue qu’il ne pouvait l’avoir entendue. Il l’avait pourtant entendue et s’était d’ailleurs dit que s’il n’avait pas encore percé son secret, s’il ne comprenait pas encore tout d’elle, il avait déjà bien avancé dans sa quête.
À la sortie du restaurant, Sébastien et Manuela partagèrent quelques pas le long de la digue principale.
- J’ai passé une soirée très agréable Sébastien.
- Moi aussi. Je suis heureux que tu sois là, ici, avec moi.
Sans s’en rendre compte, tout en marchant, il avait passé son bras autour de l’épaule de Manuela. Et face à ce geste qui n’était pas calculé et qu’elle ne savait d’ailleurs pas interpréter, elle l’avait laissé faire. Deux vieux amis qui se retrouvent après une longue absence ? Plus ? Qu’importe ! Seul comptait le fait qu’elle passait un moment délicieux. Profiter de l’instant présent, être simplement heureuse de respirer : ainsi existait-il encore sur cette terre des choses capables de la faire se sentir mieux ? Elle l’observa, lui. Était-il l’origine de cette transformation inespérée ? À ces pensées, elle joignit à la sienne la main que Sébastien avait posée sur son épaule. Elle était bien, tout simplement bien : son cœur, s’il n’était pas encore plein, n’était en tout cas plus tout à fait vide.
Chapitre 4 : confie-toi à moi
En rentrant dans le petit appartement qu’il avait récemment acheté, Sébastien se surprit à chantonner. Depuis combien de temps cela ne lui était-il pas arrivé ? Depuis combien de temps ne s’était-il pas senti aussi vivant, aussi plein, aussi bien ? Il avait revu Manuela à peine une heure le mois dernier, le temps d’un simple dîner ce soir, et sa vie tout entière lui semblait pourtant chamboulée. Se pouvait-il que… ? Non, certainement pas. Les cicatrices des blessures créées par ses deux dernières histoires d’amour n’étaient pas encore totalement refermées. Alors comment pouvait-il seulement envisager qu’un nouvel amour se fasse jour ? Pour une femme qu’il connaissait depuis des années en plus ? Sébastien entendait bien la voix de la raison. N’empêche qu’en se couchant, son cœur, lui, ne disait qu’une chose : qu’il fallait que demain arrive vite car il la retrouverait. C’était plus fort que lui.
Sébastien était venu chercher Manuela très tôt le matin à son hôtel, pour ne pas perdre un instant du temps qu’il pouvait partager avec elle. Il voulait profiter pleinement de la journée qui se présentait à eux, profiter pleinement d’elle surtout.
- Où m’emmènes-tu ?
- Sur une côte qui est tellement belle, tellement verte, tellement mystérieuse qu’on la dit d’Émeraude. Allez, grimpe ! On ne connaît la Bretagne que quand on s’est usé les jambes sur l’un de ses fameux sentiers côtiers…
Manuela avait paru enchantée du programme d’une journée qui s’annonçait magnifique.
Autant sa première rencontre en solitaire avec la Bretagne avait été grise, morose et mélancolique, autant le pays qu’elle découvrait avec Sébastien était coloré et optimiste. Et les caprices climatiques qui faisaient qu’après la pluie était venu aujourd’hui le beau temps n’expliquaient pas seuls de tels changements de sensations. Le véritable responsable était à côté d’elle, attaché même à elle, puisque pour l’aider dans son ascension, Sébastien lui avait pris la main en tout début de promenade et ne l’avait plus lâchée. Il ne cessait de commenter leur marche, lui présentant chaque rocher, chaque îlot, chaque phare qui se dressait dans le paysage. Le plaisir qu’il prenait à détailler tous les mystères de cette côte sauvage était à ce point palpable qu’il en devenait contagieux. Manuela était bien, mieux qu’hier soir encore, bien comme elle ne l’avait plus été depuis une éternité, depuis jamais peut-être ? Que ce moment magique dure le plus longtemps possible, tel était le souhait qu’elle avait formulé tandis que Sébastien l’aidait à distinguer à l’horizon les îles lointaines de Jersey et Guernesey.
Au bout de deux heures de marche, Manuela dut reconnaître que le sentier côtier avait bel et bien eu raison de son endurance. D’une mine faussement éplorée, elle demanda à Sébastien qu’ils s’octroient une pause, le temps de reposer ses jambes fatiguées. Très vite, ils trouvèrent une anse susceptible de leur offrir le cadre idéal pour quelques minutes d’un répit bien mérité. Ils s’assirent l’un à côté de l’autre sur le sable et, presque instantanément, Manuela accrocha son regard à la mer, comme pour s’accorder ce moment d’introspection quotidien dont elle n’avait cessé d’avoir besoin depuis quatre mois. Sébastien, lui, ne décrochait pas son regard d’elle, et elle ne semblait même pas s’en être aperçue. Il s’était promis hier de comprendre son secret, il le comprendrait. Et pour cela, il fallait essayer d’être assez habile pour la faire parler…
- Tu sais, j’ai bien réfléchi.
- À quoi ?
- À ces vacances que te proposent José et toute la bande.
- Ah oui ?
- Tu devrais y aller. Quand même, quelques jours sous le soleil des Caraïbes, cela ne peut pas se refuser !
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Qui sait ce qui pourrait t’arriver sur une île au nom aussi prometteur ? Une belle rencontre peut-être ? C’est bien l’un des plus beaux sentiments l’amour quand même !
Sébastien avait bien conscience de ne pas avoir été d’une grande finesse, mais il avait compris, à force de l’observer, que pour percer « le mystère Manuela », il fallait l’emmener sur le terrain sans doute miné de sa vie sentimentale. Alors même s’il avait été aussi délicat qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, au moins allait-il être fixé. En tout cas pouvait-il l’espérer. « Confie-toi à moi », il répétait cette phrase si fort en lui qu’elle finirait bien par l’entendre…
Manuela n’avait pas entendu. Elle s’était levée sans prononcer un mot et avait marché seule vers la mer. Sébastien n’avait pas hésité plus d’une minute : il n’abandonnerait pas, il ne l’abandonnerait pas. D’un pas rapide, presqu’en courant, il rejoignit Manuela au bord de l’eau, l’attrapa par les épaules et la força à le regarder.
- Confie-toi à moi Manuela. S’il-te-plaît.
Les yeux de Manuela s’étaient chargés de larmes. Il lui avait fait tellement mal en lui parlant de rencontre, de sentiments, d’amour. Autant de choses qu’elle s’était interdites depuis « ça ». Elle le regardait désespérée et face à cette souffrance infinie qu’il lisait en elle, Sébastien se sentit à ce point démuni qu’il en éprouva de la colère. Il fallait qu’il comprenne, quitte à la bousculer, quitte à la secouer, au propre comme au figuré…
- Mais qu’est-ce qu’on t’a fait bon sang ? Qu’est-ce qu’on t’a fait pour qu’on ne puisse plus te parler d’amour sans te faire du mal ? Dis le moi.
De ses mains qu’il avait toujours posées sur ses épaules, il l’avait effectivement pratiquement secouée. Manuela laissa un temps le bleu de leurs deux regards s’affronter puis céda finalement. Elle s’effondra dans ses bras et avoua enfin l’odieuse vérité. Le regard qu’avait eu Sébastien à ce moment-là aurait pu tuer.
Il l’avait gardée contre lui de longues minutes, caressant légèrement sa nuque, cherchant à l’apaiser par de douces paroles. Puis, alors qu’elle lui présentait un visage défait par la douleur, il avait essuyé ses larmes de ses pouces. Il lui avait embrassé les joues puis très doucement, il avait déposé un baiser sur ses lèvres, sans s’en rendre compte, sans penser à mal, parce qu’il en avait envie. Il l’avait prise par la main, menée vers un rocher contre lequel il s’était assis et l’avait installée tout contre lui. Très calmement, il s’était alors penché vers son oreille et avait murmuré « Raconte-moi ». Elle lui avait tout dit. Tout. Dans toute l’horreur du moindre des détails. Son odieux récit achevé, elle lui avait fait comprendre qu’il devait resserrer son étreinte, pour ne pas la perdre, pour ne pas qu’elle chavire. Il avait renouvelé ses paroles apaisantes, ses gestes tendres et avait su atténuer quelque peu son malheur.
- Manuela, je suis là, maintenant tout ira bien.
Chapitre 5 : réapprendre à aimer
La nuit qui avait suivi ses aveux avait été pour Manuela étonnamment calme, comme si le fait de s’être confiée à Sébastien l’avait délivrée d’une partie de ses démons. Aucun cauchemar, aucune vision douloureuse n’étaient venus ternir sa nuit. Pour la première fois depuis « ça », elle avait bien dormi et s’en étonna d’ailleurs à son réveil. Les images de sa discussion avec Sébastien l’accompagnèrent durant tout le temps qu’elle se prépara. Il avait été exceptionnel, d’une sensibilité rare, d’une infinie douceur, d’une tendresse inouïe. Fallait-il qu’elle se sente en confiance pour avoir à ce point ouvert son cœur et libéré son âme ! Elle lui avait dit plus qu’à quiconque. À Laly, à Bénédicte, à José, à son thérapeute, elle avait déjà fait bien des confidences, mais à Sébastien, elle avait l’impression de n’avoir rien caché. Pour Manuela, cette confession créait entre eux un lien indestructible, éternel. Ce qui rendait d’autant plus inconcevable l’idée que ce soir ils seraient séparés. Comment pouvait-elle envisager de le quitter lui, son sauveur, celui qui avait su en si peu de temps lui faire de nouveau apprécier la vie ?
Sébastien quant à lui n’avait pas fermé l’œil. Voir à quel point Manuela avait souffert et souffrait encore lui était insupportable. Et quand il pensait à ceux qui l’avaient salie, une pulsion quasi-meurtrière s’emparait de lui. Que ressentait-il pour elle ? Qu’était-elle en train de faire de lui ? Son secret à elle, il l’avait effectivement percé, peut-être serait-il temps maintenant de se comprendre lui ? Il avait quitté son lit épuisé, accablé, malheureux aussi face à cette cruelle vérité : ce soir, elle serait partie.
Pour leur dernière journée ensemble, ils s’étaient donné rendez-vous sur la Grande plage, face au Grand Bé. Sébastien était arrivé très en avance, pour le plaisir de penser à elle en l’attendant, pour le plaisir de la voir arriver aussi. Mais alors qu’il descendait les remparts en direction de la grève, il l’aperçut, elle, assise sur un rocher, le regard de nouveau perdu dans la mer, l’âme visiblement égarée dans un flot de pensées. Elle n’avait pas dû pouvoir trouver le sommeil hier soir... Pourquoi avait-il voulu à ce point la remuer ? Sans doute avait-il détruit le travail patiemment accompli par ses amis, les vrais, ceux qui avaient été présents quand « ça » s’était produit. À mesure que la distance qui le séparait d’elle se réduisait, son cœur se serrait un peu plus fort. Car à la douleur de penser avoir été incapable de soulager sa peine, s’ajoutait celle de ne pas pouvoir répondre à cette question capitale : comment vivrait-il sans elle ?
Arrivé à sa hauteur, Sébastien posa doucement ses mains sur ses épaules.
- C’est notre dernière journée ensemble.
Manuela ne s’était pas retournée. Elle s’était contentée de répondre à son geste tendre en posant à son tour ses mains sur les siennes.
- Faisons en sorte qu’elle soit exceptionnelle…
Elle se leva et posa ses yeux dans les siens et poursuivit :
- Ça ne devrait pas être compliqué. Tous les moments que je passe avec toi depuis deux jours sont exceptionnels…
De l’amour. Voilà ce qu’il ressentait pour elle, pourquoi ne pas se l’avouer ? Il l’aimait, tout simplement. Il lui prit la main.
- Viens, je voudrais te présenter quelqu’un.
Sébastien lui avait dit la veille qu’il voulait lui faire découvrir l’île du Grand Bé, cette île que l’on gagnait aisément à pieds quand la marée était basse, cette île qui faisait la fierté des Malouins aussi. Manuela ne lui avait pas dit qu’elle s’y était rendue seule, dès son arrivée à Saint-Malo, ni qu’elle avait eu l’impression d’y croiser son propre tombeau. Accompagnée de lui, les sentiments seraient sans doute différents... Et pourtant, à mesure qu’ils se dirigeaient tous deux, main dans la main, vers le sommet du Grand Bé, elle réentendait les sombres citations. Un coeur vide, le désabusement de tout, la volonté de ne pas être née, celle aussi d’être à jamais oubliée…
- Tu connais Chateaubriand ?
Sébastien lui avait posé la question alors qu’ils dépassaient la fameuse plaque enjoignant aux passants de laisser à l’occupant des lieux le loisir de n’entendre que la mer et le vent.
- Très peu…
- « Aimer, c'est bien, savoir aimer, c'est tout. »
- Qu’est-ce que tu dis ?
- Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui…
Il avait souri en disant cette dernière phrase tout en la serrant plus fort contre lui.
- Sébastien ?
- Dis-moi…
- Je ne veux pas partir.
Elle avait prononcé cette phrase si faiblement que Sébastien dut la lui faire répéter de peur d’avoir mal compris. Il ne lui avait rien répondu. Il s’était contenté de ramener l’une de ses boucles derrière son oreille, de caresser tendrement sa joue et de l’embrasser… enfin. Il l’avait ensuite serrée de longues minutes dans ses bras pour finalement ne murmurer qu’un mot : « Reste… ».
« Aimer, c'est bien, savoir aimer, c'est tout. ». Lovée dans les bras rassurants de Sébastien, le visage offert à la mer et au vent, Manuela récitait mentalement cette si belle déclaration. Avec lui, elle allait réapprendre à aimer. Vraiment. Bientôt, elle saurait aimer. Vraiment. Et son cœur, qui hier encore était vide, aurait bientôt laissé la place à un cœur à jamais plein… de lui.
Vraiment.

Mélodie- Nombre de messages: 188
Date d'inscription: 14/06/2009
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Voici la fic attendue, j'ai quand même réussie à la finir, mais trop tard pour avoir mes correctrices (donc tu n'es pas à l'abri de modifications tardives ^^*) Un enorme merci à Mélodie et Kad pour les corrections et les conseils!
*modification orthographique éffectuée: merci Mélodie (et merci Jenny d'ouvrir tard tes cadeaux
)

*modification orthographique éffectuée: merci Mélodie (et merci Jenny d'ouvrir tard tes cadeaux

Elle ne savait pourquoi elle avait poussé cette porte il y’a avait un an déjà, mais depuis c’était devenu presque comme un rituel, chaque vendredi, en fin de journée.
Elle venait s’assoir seule à l’une de ces tables où autrefois ils se réunissaient tous…De ces merveilleuses années, il ne lui restait plus que Linda et ses souvenirs, pour la plupart heureux, mais malheureusement gâchés par quelques uns très douloureux encore.
Dans cette cafétéria, elle tentait d’exorciser ses démons du passé sans pouvoir y parvenir…Elle n’arrivait plus à en parler. Plus le temps passait et plus la douleur au lieu de s’atténuer, comme tout le monde le lui avait prédit, s’exacerbait…Même avec Linda elle évitait le sujet…C’était l’une des raisons de son départ de Love Island, la principale sans doute, poursuivre sa carrière de mannequin n’avait été qu’une excuse comme une autre…
La première excuse d’une longue liste qui grossissait chaque fois qu’elle en trouvait une autre pour expliquer dans ses lettres pourquoi elle ne revenait pas les voir.
Elle avait préféré partir, fuir, ne s’entourer que de personnes qui ne savaient pas, pensant que ça l’aiderait à oublier plus rapidement, mais un fois de plus elle avait fait erreur…Elle avait même laissé la distance s’installer entre Linda et elle, pouvant laisser passer des semaines sans l’appeler ou aller la voir, et c’était le plus souvent (pour ne pas dire à chaque fois) son amie qui faisait le premier pas sans jamais lui faire de reproches. Pourtant elle ne les avait pas oubliés: aucun d’eux. Et souvent ils lui manquaient, et c’est surement pour ça qu’elle avait mis en place ce petit pèlerinage hebdomadaire, refaisant le trajet qui reliait la cité universitaire, l’emplacement de l’ancien garage, la fac et la maison pour à chaque fois finir chez Alfredo’s, où elle s’asseyait seule à une table pour prendre un verre et se perdre dans ses pensées. Elle était devenue solitaire, ne laissant plus aucune place pour qui que ce soit dans sa vie…blessée dans son âme et dans sa chair…le souvenir de ce viol toujours aussi présent. Elle ne se sentait plus capable de pouvoir faire un jour confiance, à part peut-être à ses amis, et surtout pas à un homme…Elle avait beau aller mieux en apparence, au fond d’elle, elle souffrait toujours autant, sans rien dire.
Alors qu’elle tournait distraitement sa paille dans son verre de grenadine, l’esprit ailleurs, elle ne remarqua pas la personne qui s’approchait d’elle, un peu hésitant.
………:-Manue? C’est bien toi?
Manuela sursauta et releva la tête vers l’homme. Cette voix lui était agréablement familière…
Manuela:-Sé…Sébastien? (se levant et lui souriant)
Sébastien riant et la serrant contre lui:-Eh oui, tu vois!
Manuela émue:-Si tu savais c’que je suis heureuse de te revoir!
Sébastien:-Moi aussi…je m’attendais pas du tout à te retrouver là!
Tout deux se dévisagèrent un moment avant de s’installer à la table.
Sébastien:-Alors qu’est-ce que vous devenez tous? J’ai su que vous aviez quitté la maison…
Manuela gênée:-Oh…euh…et bien, Linda et moi on est toujours mannequins, on se voit parfois, et les autres sont sur une petite île des Caraïbes…ils vivent là-bas maintenant…
Sébastien surpris:-Vraiment?
Manuela hocha la tête et lui expliqua comment ils étaient arrivés à Love Island.
Sébastien:-C’est incroyable cette histoire! Hélène et Nico séparés, j’aurais jamais cru entendre ça un jour!
Manuela:-C’est aussi ce qu’on s’est dit, mais il l’aime encore, alors peut-être qu’un jour qui sait…Mais au fait, j’ai pas pensé à te demander des nouvelles d’Aline…
Sébastien:-Elle va bien, enfin je crois…
Manuela comprenant:-Tu crois? …Oh…
Sébastien riant:-Fais pas cette tête là, ça va je t’assure…Aline n’a été qu’un coup de cœur pour moi, ça n’a pas duré 3 mois…
Manuela:-Et Laly? Tu sais je crois qu’elle…
Sébastien:-Hum…tu sais Manue, je crois qu’Aline a été le déclencheur dont j’avais besoin pour comprendre que je n’aimais plus Laly, plus comme avant en tout cas…j’ai grandi (réfléchissant)plus vite qu’elle sûrement, et même si j’ai toujours beaucoup de tendresse pour elle, maintenant elle n’est plus qu’un très beau souvenir…
Manuela:-Je comprends…
Sébastien lui souriant:-Et toi dis-moi!
Manuela gênée:-Moi?
Sébastien riant:-Ben oui toi! Ta vie, tes amours, raconte moi!
Manuela:-Je…ben…y’a rien à dire…je…(troublée)
Sébastien sentant qu‘elle est mal à l’aise:-Excuse-moi, j’voulais pas être indiscret ou..
Manuela baissant les yeux:-C’est rien…c’est juste….c’est…compliqué…
Sébastien la regarda un moment, elle ressemblait à une écorchée vive. Il ne la reconnaissait pas. Où était la Manuela joyeuse et pleine de vie? Toute cette détresse au fond des yeux, …Qu’avait-il pu lui arriver? Il n’eut même pas le temps de l’interroger, son téléphone se mit à sonner…
Sébastien:- (avant de décrocher)Excuses-moi (décrochant)Allô?[… ]Quoi?[… ]Mais non, c’est pas du tout ça![… ] Hum?[… ]Bon ok, j’arrive![… ]
Manuela:-Un problème?
Sébastien:-Oui, on va dire ça, faut que je retourne tout de suite au boulot (écrivant quelque chose, puis lui tendant le papier)c’est mon numéro de téléphone au cas où…
Manuela le prenant:-Oui…merci…
Sébastien réfléchissant une seconde:-On dîne ensemble ce soir? Enfin…si tu es libre…et…
Manuela:-Je…(hésitant)…oui…d’accord…
Sébastien ravi:-On dit 20h?
Manuela:-Oui, d’accord…
Sébastien:-Je passe te chercher?
Manuela logique:-Tu ne sais même pas où j’habite…
Sébastien:-Ah…Oui, c’est vrai…ben dis moi…
Manuela lui donnant une feuille:-C’est mon adresse, je t’ai mis le code aussi…
Sébastien:-Ok, bon moi je dois y aller cette fois…A ce soir…
Manuela:-A ce soir.
20h00 tapantes. Sébastien regarda sa montre. Il était pile à l’heure. Il sonna à la porte de son amie et attendit qu’elle vienne lui ouvrir. Il entendit le bruit de ses pas à l’intérieur, puis le cliquetis des serrures qu’on déverrouille. D’abord une, puis deux…puis trois… « Pire qu’une prison » pensa-t-il. Son amie n’avait jamais été du genre craintive dans ses souvenirs. Il se demandait bien pourquoi elle ressentait le besoin de se calfeutrer ainsi, surtout à cette heure du jour et sachant qu’il allait arriver…Enfin elle tira une chaîne de la porte, et le reconnaissant lui sourit.
Manuela:-Salut…
Sébastien lui donnant un petit bouquet de fleurs:-Salut…Ça va toi?
Manuela:-Hum hum…
Sébastien:-Bien,… on y va?
Manuela:-Laisses moi le temps de prendre mes affaires et j’arrive…
Elle ne l’invita pas à entrer, et referma derrière elle, laissant Sébastien intrigué sur le seuil de la porte, avant de réapparaître quelques secondes plus tard…
Manuela:-C’est bon…
Sébastien:-Alors on est parti…je te propose un restaurant chinois, je me souviens que tu aimais beaucoup ça…
Manuela:-Oui, c’est vrai (lui adressant un sourire) super idée…tu as bonne mémoire…
Sébastien:-Il y a des choses qui restent tu vois…
Au restaurant, ils s’installèrent à une table et passèrent commande…Manuela avait beau connaître Sébastien depuis longtemps elle n’y pouvait rien, elle se sentait nerveuse. Il y avait plus d’un an qu’elle ne s’était pas trouvée en tête à tête avec un homme, quel qu’il soit. Elle s’était toujours débrouillée pour éviter ça. Mais Sébastien c’était diffèrent, c’était un peu comme un membre de sa famille, tout comme l’étaient aussi José, Jimmy ou encore Nicolas…Un homme dont elle n’avait rien à craindre, dont elle n’avait pas à se méfier, elle le savait. L’un des rares avec qui elle pouvait se trouver en toute confiance.
Il l’observait en souriant se demandant ce qui pouvait se passer dans sa jolie petite tête et qui lui donnait cet air si grave qu’elle affichait et qui lui ressemblait si peu. Elle était toujours la jolie fille qu’il avait connue mais il la trouvait énormément changée…Elle semblait avoir perdu toute sa joie de vivre et tout son entrain.
La conversation tournait essentiellement autour de banalités, un peu de tout et de rien, quelques souvenirs, bien sur, mais pas vraiment de sujets importants…C’était une soirée agréable, légère, comme elle n’en avait plus vécu depuis son départ de Love Island, peut être même avant…Elle se sentait presque bien. L’espace de ces quelques heures, elle avait moins pensé à son cauchemar et elle avait souri, d’un vrai sourire, d’un de ceux qui viennent naturellement éclairer le visage, et non de ceux qu’elle se forçait souvent à afficher pour rassurer son entourage et donner le change.
Une fois le dîner terminé, ils allèrent se balader un peu, admirer les vitrines de Noël, les illuminations…La ville était encore plus belle en cette saison.
Manuela frissonnant:-C’est magnifique…
Sébastien:-C’est vrai…Noël est ma période préférée de l’année… (fronçant les sourcils) Tu as froid?
Manuela:-Un peu, mais t’en fais pas,ça va…
Sébastien lui sourit et retire sa veste pour lui poser sur les épaules, mais à peine la frôla t’il que la jeune femme sursauta et eut un geste de recul. Sébastien la regarda surpris, elle sembla affolée. Un animal traqué…
Sébastien doucement:-Manue?
Manuela bredouillant:-Je…je dois…Il est l’heure, je dois rentrer…il faut que je rentre…
Elle fit quelques pas en arrière comme pour s’enfuir, face à un Sébastien complètement dépassé par sa réaction.
Sébastien ne comprenant pas:-Qu’est-ce qui se passe?
Manuela un peu agressive:-Rien! Rien du tout! Je suis fatiguée! Je veux rentrer!
Sébastien voyant son air déterminé:-D’accord, mais je te raccompagne…
Elle hocha la tête et le laissa la reconduire jusqu’au pied de son immeuble. Sur le chemin, ils avaient peu parlé, et la jeune femme avait tout fait pour rester à distance de lui…Sébastien ne s’expliquait pas sa réaction, et culpabilisait, cherchant à comprendre ce qu’il avait pu faire…Un fois garés, elle évita son regard, mais il réussit à déposer un baiser d’au revoir sur sa joue avant qu’elle ne s’éclipse…
Sébastien:-J’ai passé une très bonne soirée…
Manuela hésitante-Je…moi aussi…
Sébastien:-Je suis en vacances vendredi…Ça te dirait qu’on se revoit?
Manuela ouvrant la portière:-Je…peut-être…
Sébastien un peu déçu:-Tu me rappelles d’accord?
Manuela:-Oui…à plus tard…
Sébastien:-A bientôt…
Les jours passaient et Manuela n’avait toujours pas rappelé Sébastien…Le dîner datait bientôt de deux semaines déjà…souvent elle avait hésité à composer le numéro, mais chaque fois une boule au ventre la retenait, une peur inexplicable, une angoisse qui la submergeait sans qu’elle ne puisse la contrôler…Elle se trouvait pourtant stupide d’avoir eu une telle réaction quand Sébastien l’avait effleurée…Il devait la prendre pour une folle maintenant…Elle s’en voulait de ne pas lui avoir parlé, de ne pas lui avoir expliqué, mais elle ne pouvait pas…Elle ne s’en sentait pas capable de parler encore de ça, et puis que pourrait-il y faire? La plaindre? La voir différemment? Se comporter différemment aussi…Elle ne voulait pas ça… Elle ne voulait pas non plus le faire souffrir comme elle était consciente que tout ses amis avait souffert de ce qui lui était arrivé…Elle regardait la neige tomber à gros flocons par la fenêtre. Tout était blanc, semblant si pur, si beau, loin de sa réalité, loin de se qu’elle ressentait à l’intérieur, elle qui avait était souillée par ces trois hommes…Une larme coula sur sa joue et elle la chassa d’un geste rageur…Le téléphone sonna. Elle resta un instant immobile se demandant si elle allait répondre, puis dans un soupir se leva et décrocha...
Manuela:-Allô ?[…]Ah Linda c’est toi[…] oui oui ça va… [… ]Je sais, excuses moi…[… ]rien de particulier…ah si, j’ai revu Sébastien[… ]oui, oui, le notre[… ]On a dîné ensemble…[… ]non pas très bien…j‘ai pris la fuite[… ]je sais…il doit me prendre pour je ne sais quoi maintenant[… ]mais non, j’peux pas Linda, tu sais bien qu’j’peux pas![… ]Non…il m’a dit de le rappeler mais j’l’ai pas fait…[… ]Chez toi?[… ]je sais
pas… tu l’appelles?[… ]Moi…?(hésitante)[… ](poussée par son amie)[… ] d’accord… oui d’accord [… ]oui à ce soir alors, je te tiens au courant…[… ]
Elle raccrocha le téléphone et resta à fixer le bout de papier posé sur sa tablette…le numéro de Sébastien…Linda lui avait demandé de l’inviter à dîner chez elle ce soir…Elle aurait préféré laisser le soin de téléphoner à son amie mais elle avait refusé, pour son bien comme d’habitude…Pour son bien peut-être mais pour l’instant elle allait devoir déployer tous les efforts du monde pour ne serait-ce que parvenir à composer ce numéro…Elle y parvint finalement après quelques essais abrégés, et pria pour qu’il ne décroche pas…Mais à peine la sonnerie avait-elle retenti 2 fois qu’il répondit…
Sébastien:-Allô?
Manuela:-Allô Séb…?C’est Manue…
Sébastien qui ne s’attendait plus à son appel marque un silence:-…Manue? Comment tu vas? Je m’inquiétais de n’pas avoir de tes nouvelles…
Manuela:-Excuse-moi…
Sébastien:-C’est rien…ça va maintenant…je suis content que tu m’appelles, j’avais peur d’avoir dit ou fait quelque chose de mal l’autre soir au restaurant…
Manuela:-Non…non, c’est pas toi, tu as été parfait c’est moi qui…enfin…
Sébastien intrigué:-Qui?
Manuela:-Rien…rien…(changeant rapidement de sujet)Tu es libre ce soir?
Sébastien ravie:-Oui, pourquoi? Tu veux que je t’emmène dîner?
Manuela:-Non…enfin, c’est Linda elle nous invite ce soir si tu es d’accord…
Sébastien:-Linda? Ben d’accord, génial, j’ai hâte de la revoir elle aussi…Je passe te prendre?
Manuela hésita:-Je…D’accord, ce sera plus facile pour toi…
Sébastien:-Oui, je ne sais même pas où vit Linda…Quelle heure?
Manuela:-7h00?
Sébastien:-Ça marche…A tout à l’heure…
Manuela:-Oui…à tout à l’heure…
Le soir arriva vite, un peu trop vite sûrement même pour Manuela. Non pas qu’elle n’avait pas envie de le revoir, bien au contraire, mais elle angoissait d’avance à l’idée de paniquer à nouveau…
Elle respira à grandes bouffées essayant de se calmer et joua nerveusement avec son porte clés…Il était presque l’heure…Elle déverrouilla une à une les nombreuses serrures qui maintenaient sa porte close n’en laissant qu’une et la chaîne…Bientôt il sonna à la porte…Pile à l’heure encore une fois…Elle prit ses affaires et lui ouvrit…Son cœur palpitait étrangement vite…Il lui sourit et elle lui rendit son sourire…
Sébastien blanc de neige:-J’ai eut du mal à arriver chez toi, j’espère que Linda n’habite pas trop loin.
Manuela:-Non, c’est tout près, tu peux laisser ta voiture là, on va y aller à pieds.
Sébastien:-Tu es sur? Tu ne vas pas avoir froid?
Manuela:-Non, ça va.
Sébastien:-Alors d’accord.
Ils se mirent en route et furent effectivement chez Linda moins de 10minutes plus tard…L’appartement de la jeune femme n’était pas très grand mais il était merveilleusement accueillant et chaleureux…Sébastien était heureux de revoir Linda, ils avaient énormément de choses à se raconter, mais cela n’empêcha pas le jeune homme de capter les regards échangés entre ses deux amies…Quelque chose lui échappait vraiment…Et plus il les observait au cours du repas et plus il en était certain…Encore une fois la conversation tourna autour de banalités, de leurs souvenirs communs et de leur vie actuelle…Manuela avait beaucoup de mal à évoquer la période de la maison et s’arrangeait chaque fois pour dévier plus ou moins adroitement la conversation…Tandis qu’ils passaient un bon moment, la neige continuait à tomber à l’extérieur…
Linda:-C’était quand même une période formidable…Vous vous rappelez les bêtises de José et Laly?
Sébastien:-Ce serait difficile de ne pas s’en souvenir…
Linda:-C’était bien…
Manuela:-Oui, c’est vrai…(nostalgique)
Sébastien:-Vous n’avez jamais envie de retourner les voir?
Linda souriant:-Je t’avoue que si…
Sébastien:-Et toi Manue?
Manuela:-Moi? Non…enfin si mais…
Sébastien adressa un regard interrogateur à Linda, et son amie haussa une épaule pour toute réponse…Manuela s’excusa pour aller à la salle de bain, et il décida d’interroger la jeune femme.
Sébastien:-Qu’est-ce qu’elle a ?
Linda faisant comme-ci elle ne comprenait pas:-Qui ça?
Sébastien:-Manuela…Elle semble si…triste, et toujours sur ses gardes, et toutes ces serrures chez elle, sa façon d’éviter de parler des choses…je sais bien qu’il y a longtemps qu’on ne s’est pas vus, mais je vous connais bien quand même, et je sens qu’il y a quelque chose…Quelques chose de grave? Je me trompe?
Linda:-C’est vrai il y a quelque chose…mais ça n’est pas à moi de t’en parler, je préfèrerais qu’elle le fasse si elle en a envie…
Sébastien:-Je comprends…mais elle m’inquiète vraiment.
Linda:-Moi aussi elle m’inquiète…
Manuela revient les rejoindre…
Linda:-Vous revoulez un café?
Manuela:-Non merci, il est déjà tard et la neige tombe fort, je crois qu’il est temps de rentrer…
Linda:-Vous ne voulez pas que je vous ramène, avec cette neige?
Manuela:-Non, ça va aller, on est pas loin…
Sébastien:-Et puis avec ton super dîner ça va nous faire du bien de marcher un peu…
Linda:-Je suis contente que ça vous ait plus…On se revoit bientôt j’espère?
Sébastien:-Bien sur…Que diriez-vous de diner ensemble un soir par semaine?
Manuela:-Eh bien…
Linda enthousiaste voulant couper court aux protestations de Manuela:-Super idée! N’est-ce pas Manuela?
Manuela:-Oui…oui c’est vrai, bonne idée.
Manuela et Sébastien prirent congé de Linda et reprirent le chemin de l’appartement de la jeune femme…La neige et le vent les aveuglaient presque si bien que le jeune homme pris l’initiative de prendre la main de son amie dans la sienne…Elle eut un premier geste de recule, mais bizarrement aujourd’hui ce geste la rassurait presque aussi le laissa-t-elle faire…Il se tourna vers elle et lui souris, puis passa son bras autour de ses épaules pour la maintenir contre lui pour avancer…
Arrivé dans le hall de l’immeuble, ils s’époussetèrent, ils étaient complètement blancs…Manuela se mit à rire…
Manuela:-On ressemble à deux bonhommes de neige…
Sébastien riant lui aussi:-C’est vrai, …monsieur et madame bonhomme de neige…
Manuela:…oui…
Sébastien fouillant au fond de ses poches pour retrouver sa clé de voiture:-Bon, moi j’y vais…Tu m’appelles, d’accord? (taquin)Et pas dans quinze jours hein?
Manuela:-Promis…
Sébastien l’embrassa doucement sur la joue et la regarda monter dans les escaliers alors qu’il quittait l’immeuble…Il dégagea rapidement ses par- brises de la neige avant de monter dans l’auto et une fois à l’intérieur, souffla sur ses doigts mouillés pour les réchauffer avant d’essayer de mettre le contact…Mais malgré tous ses efforts, le véhicule refusa de démarrer…Il pencha la tête pour chercher l’appartement de Manuela…Par chance, il était toujours éclairé…Il se dépêcha de sortir pour aller jusque chez elle…Il se sentait gêné de lui demander l’hospitalité alors qu’il n’avait même jamais eu l’occasion de rentrer chez elle, mais il n’avait pas le choix, c’était ça ou congeler dans sa voiture…Il hésita un instant avant de sonner et entendit un bruit de verre brisé à l’intérieur: Apparemment il lui avait fait peur.
Dans l’appartement, la jeune femme se demandait qui pouvait venir la voir à cette heure de la nuit…Elle était restée figée et avait laissé tomber son verre d’eau. Le fracas du verre s’écrasant sur le sol l’avait fait sortir de sa torpeur…Et après un nouveau coup de sonnette, elle se décida enfin à s’approcher de la porte d’un pas hésitant…
Manuela d’une voix tremblante:-Qui..qui est-ce?
Sébastien penaud:-C’est Séb…
Manuela à la fois surprise et soulagée:-T’es pas parti?
Sébastien:-Euh…non…ma voiture démarre pas…
Manuela:-Oh…
Sébastien:-Tu veux pas m’ouvrir?
Manuela sursauta, personne d’autre qu’elle et Linda n’avaient un jour franchi le seuil de cet appartement… Pourtant elle ne pouvait le laisser dehors, ce n’était pas une option, alors elle déverrouilla une à une les serrures et ouvrit.
Manuela:-Ben…(hésitant tout de même)entre.
Sébastien tremblant de froid:-Merci.
Il pénétra dans le petit appartement de la jeune femme et le parcourut rapidement du regard…Ce n’était guère grand, mais la décoration était rassurante…Peut-être était-ce tout simplement cette impression de familiarité qui émanait de cet endroit…Face à lui, sur le mur du fond, la jeune femme avait installé un cadre contenant une photo de la bande, leur bande, leurs belles années, l’université et le garage pour répéter…
Sébastien s‘approchant pour la regarder de plus près:-J’espère que je ne vais pas te déranger…
Manuela se plaçant à ses cotés pour regarder la photo:-Non…ça va…J’aime cette photo…
Sébastien observa le sourire béat de la Manuela de papier, puis se tourna vers son amie…La différence entre les deux lui sembla alors encore plus flagrante. Voyant qu’il la fixait elle lui sourit gênée.
Manuela:-Qu’est-ce qu’il y a ?
Sébastien:-Rien…tu étais très belle…et tu l’es toujours seulement…
Manuela craignant la suite:-Quoi?
Sébastien lui prenant la main:-Qu’est-ce qui t’a changé hein? Tu sais…je ne te reconnais pas vraiment…
Manuela esquivant la question:-Tu l’as dit toi-même…on a grandi…
Sébastien:-Ça n’est pas grandir ça…cet air si triste que tu as…(montrant la porte)toutes ces serrures…c’est pas grandir…c’est…j’en sais rien…mais ça me surprend...
Manuela détournant le regard et pour détourner la conversation:-Tu es trempé, tu devrais retirer tes affaires ou tu vas être malade.
Sébastien soupira un peu déçu:-Si tu veux.
Manuela lui indiqua la salle de bain et le jeune homme s’y rendit…Pendant ce temps là, la jeune femme nerveuse faisait passer du café tout en repensant à ce soir là. Des frissons de terreur l’envahir…Elle ne l’entendit pas revenir et sursauta de peur quand il prononça son prénom.
Sébastien en caleçon et tee-shirt:-Manuela?…Manuela ça va?
Manuela livide, essayant de se reprendre:-Oui…je…je pensais…
Sébastien fronçant les sourcils. Oui, j’ai vu ça…A quoi…
Manuela baissant les yeux:-Rien qui ne vaille la peine d’en parler, crois moi…J’ai fait du café…tu en veux?
Sébastien:-D’accord.
Le jeune homme suivit son amie jusqu’au canapé et s’y installa face à elle. Elle s’était assise sur ses talons, et enroulée dans un plaid et l’observait…Se trouver ici avec lui, lui faisait quelque chose…Elle sourit en pensant qu’il était le premier homme à rentrer chez elle…et il s’en aperçut..
Sébastien:-Pourquoi ce sourire?
Manuela:-Juste comme ça…
Sébastien:-Tu es vraiment mystérieuse…tu ne veux toujours rien me dire ou…
Manuela:-Non…pas maintenant d’accord? On est bien alors je veux pas gâcher ça…
Sébastien tentant d’ouvrir la brèche:-C’est vraiment grave hein…?
Manuela sentit monter les larmes sans pouvoir les empêcher et la voyant pleurer Sébastien se sentit désemparé, conscient d’avoir touché un point sensible…Il tendit la main et lui essuya doucement les joues…
Sébastien:-Excuse moi…j’voulais pas te faire pleurer…
Manuela:-C’est pas de ta faute…c’est moi…(soupirant)
Sébastien:-Tu es fatiguée…tu veux aller dormir?
Manuela hésitante-Je…je dors jamais dans mon lit…
Sébastien intrigué:-Quoi?
Manuela:-Je ne sais pas dormir dans mon lit…je dors toujours ici…avec la télévision …mais tu peux le prendre toi…ou…
Sébastien:-Quoi?
Manuela:-Ça te dérange de rester avec moi jusqu’à ce que je m’endorme? Je crois que ça me rassurerait…
Sébastien voyant qu’elle en avait besoin, ouvrit ses bras et l’invita à s’y installer en tout bien tout honneur…D’abord hésitante, elle accepta finalement et posa sa tête contre son torse avant de fermer les yeux. Il remonta le plaid pour ne pas qu’elle ait froid et posa ses yeux sur elle. La jeune femme s’était déjà endormie, elle semblait apaisée.
Quand il se réveilla le lendemain, elle était déjà levée et habillée. Il étouffa un bâillement et l’embrassa sur la joue alors qu’elle lui servait une tasse de café.
Sébastien:-Tu as bien dormi?
Manuela:-Oui…Merci d’être resté avec moi, j’espère que je ne t’ai pas trop embêté.
Sébastien:-Pas du tout, t’inquiète pas, j’ai dormi comme un bébé. Merci de m’avoir hébergé.
Manuela:-C’est normal…tes vêtements sont secs, je les ai repassés.
Sébastien:-T’es folle! Fallait pas!
Manuela haussant les épaules:-Si ça me fait plaisir?
Sébastien amusé:-Dans ce cas…
Manuela réfléchissant-Il est déjà tard, et il y a encore beaucoup de neige…tu restes déjeuner avec moi?
Sébastien:-Avec plaisir…enfin je vais commencer par avaler le petit déjeuner!
Après le déjeuner, et bien qu’il n’en n’avait pas spécialement envie, le jeune homme dût repartir. Alors que la veille Manuela avait eut beaucoup de mal à le laisser rentrer chez elle, c’était aujourd’hui son départ qui lui semblait difficile. Elle n’aurait pu expliquer pourquoi, mais sa présence l’apaisait, l’aidait à se sentir plus forte. Il lui promit de repasser la voir dans la semaine. Elle approuva avec plaisir.
En réalité plutôt que dans la semaine, c’était chaque jour qu’il était repassé. Ensemble, ils allaient se promener au bord de la Seine ou dans un parc, puis parfois dînaient tous les deux, ou comme ils l’avaient décidé, avec Linda. L’un comme l’autre éprouvaient beaucoup de plaisir à ces balades, parfois pleines de rires et de paroles, d’autres fois très silencieuses. On approchait à grands pas des fêtes de fin d’année. Il restait moins d’une semaine avant noël et, un peu poussée par Linda et Sébastien, la jeune femme avait finalement cédé et décorait un sapin dans son salon. Linda était venue l’aider pour l’occasion…
Linda arrivant étonnée:-Tiens tu n’avais verrouillé qu’une serrure aujourd’hui?
Manuela rougissant:-Oui…
Linda:-Je suis fière de toi tu sais? J’ai presque l’impression de retrouver ma petite Manuela!
Manuela:-Merci ma belle. Tu sais…, C’est grâce à toi et à Sébastien…
Linda amusée:-Surtout à Sébastien non?
Manuela:-Pourquoi tu dis ça?
Linda tout en décorant l’arbre:-Tu sais que tes yeux pétillent quand tu parles de lui?
Manuela se défendant:-N’importe quoi! C’est Sébastien, c‘est juste un copain!
Linda:-Je sais bien que c’est Sébastien, justement, je l’ai aimé…(taquine)moi aussi!
Manuela un peu fâchée:-T’es pas drôle Linda!
Linda:-Je cherche pas à être drôle je constate c’est tout. Et ce que je constate c’est que tes yeux brillent et que tu as ce drôle de petit sourire à chaque fois que tu lui parles…
Manuela:-De toute façon…
Linda:-De toute façon quoi Manue? Tu ne peux pas fuir tes chances d’être heureuse toute ta vie quand même! Et puis quoi? Tu le dis toi-même, c’est Sébastien, tu n’pouvais pas faire meilleur choix, tu le connais, t’as rien à craindre de lui. Tu devrais lui parler maintenant!
Manuela:-Non…Je te l’ai déjà dit! Je peux pas!
Linda:-Pourtant il s’inquiète beaucoup pour toi tu sais?
Manuela:-Vraiment?
Linda:-Bien sur vraiment!
Manuela baissa les yeux, consciente que Linda avait sûrement raison, pour tout…Mais malgré ce qu’elle ressentait pour le jeune homme, malgré son cœur qui s’emballait à chaque fois qu’elle le voyait, elle n’était pas sûre de se sentir prête à vivre quelque chose de plus que cette belle amitié avec lui. Quant à lui parler, c’était encore pire. Comment ferait-elle? Le simple fait d’y penser la détruisait à chaque fois, comme un mal qui la rongeait de l’intérieur. Pourtant, il le faudrait un jour…oui un jour mais pas maintenant. Pour le moment elle voulait pouvoir profiter des quelques instants de répits que lui offrait la simple présence du jeune homme auprès d’elle.
Deux jours plus tard, Sébastien, Manuela et Linda dînaient ensemble. Un petit réveillon en avance, rien que tous les trois, avant que chacun rejoigne sa famille pour les fêtes. C’était Manuela qui recevait, mais elle semblait particulièrement triste ce soir. Sébastien et Linda la regardaient inquiets. Elle n’avait pratiquement pas prononcé un mot de tout le repas.
Sébastien:-Manue?
Manuela le regardant un peu absente:-Oui?
Sébastien:-Qu’est-ce qui t’arrive ce soir?
Manuela:-Rien…Je suis un peu fatiguée, c’est tout.
Sébastien incrédule:-Tu es sûre? Tu semble si…je sais pas…perdue?
Manuela:-Non, je vous assure, ça va.
Linda lui prenant la main:-T’es sûre qu’on peut te laisser seule?
Manuela détournant le regard:-Bien sur…je vais aller me coucher je crois.
Linda et Sébastien échangèrent un regard. Le jeune homme aurait tellement voulu comprendre, l’aider, mais elle ne lui en laissait pas la chance. Malgré leur inquiétude tout deux durent prendre congé de leur amie.
Alors qu’ils descendaient les escaliers:
Sébastien:-Elle va mal…
Linda:-Je sais. Elle m’inquiète vraiment, pourtant elle était mieux…
Sébastien:-Je voudrais tellement comprendre…j’ai l’impression de ne servir à rien.
Linda:-Tu te trompes, tu l’aides beaucoup…plus que n’importe qui, crois moi.
Sébastien:-Si seulement je savais ce qui s’est passé…Tu ne veux vraiment rien me dire?
Linda secouant tristement la tête:-Non, je n’en ai pas le droit. (Réfléchissant)Tu sais,…tu devrais retourner la voir.
Sébastien marquant un silence:-…Tu crois?
Linda:-Oui. Elle a besoin de toi, même si elle ne se l’avoue pas.
Sébastien:-D’accord…Linda?
Linda:-Hum?
Sébastien:-Merci.
Elle lui sourit et il l’embrassa avant de reprendre l'escalier dans l’autre sens. Arrivé devant la porte il hésita avant de sonner.
Sébastien:-Manue, ouvre, c’est moi!
Manuela surprise essuya les larmes qui coulaient sur ses joues et tentant de reprendre une respiration normale, le fit entrer…
Manuela tachant de paraître naturelle:-Tu as oublié quelque chose?
Sébastien la dévisageant:-Non…C’est juste…je m’inquiétais pour toi.
Manuela touchée:-Faut pas…
Sébastien:-Bien sur que si, il faut. (doucement, portant sa main à la joue encore humide de la jeune femme)Tu as pleuré?
Elle baissa les yeux et détourna la tête. D’un geste tendre de la main, il l’obligea à ramener ses yeux dans les siens.
Sébastien, doucement:-Pourquoi?(Manuela haussa les épaules)Explique-moi…s’il te plaît.
Manuela retenant un sanglot:-J’peux pas…
Sébastien la serrant contre lui:-Eh! Mais…Tu peux tout me dire, tu sais? Je serais toujours là…
Elle le regarda dans les yeux et vit qu’il était sincère. C’était vrai, il était prêt à tout entendre, du moins le croyait-il. Elle se sentait si mal, si vide ce soir, et sentir ses bras autour d’elle était son seul soulagement. Elle prit sa respiration et décida de tout lui dire, tout avouer. Il saurait enfin ce qu’elle lui cachait, ensuite,…ensuite elle ne savait pas vraiment. Un à un les mots sortirent de sa bouche s’assemblant pour former un terrible récit, son histoire. Elle pleurait toutes les larmes de son corps, se remémorant chaque moment de ce drame, chaque détail, chacun de ses ressentis.
Le jeune homme l’écoutait sans rien dire, la serrant juste plus fort contre lui, comme pour la protéger, complètement bouleversé par ce qu’il entendait. Il se sentait en colère contre ces hommes qui l’avaient si profondément détruite, mais aussi contre lui-même et contre le monde entier. Il ne comprenait pas comment ou pourquoi…Comment expliquer ça? Et pourquoi elle? Il la berçait doucement tandis qu’en larmes elle s’accrochait douloureusement à lui.
Sébastien tout doucement, l’embrassant sur la tête:-Chut…chut…Je suis là maintenant. Ça va aller, je te le promets, je te laisserai pas.
Sébastien passa la nuit avec la jeune femme sur le canapé sans pouvoir trouver le sommeil. Elle était tombée d’épuisement dans ses bras et il la regardait dormir tout en lui caressant les cheveux tendrement. Il savait maintenant, il savait et il comprenait, les serrures, les sursauts, son incapacité à dormir dans sa chambre, sa solitude aussi. Il avait mal. Elle comptait tant pour lui, bien plus qu’une amie. Tous ces moments passés près d’elle, toutes leurs discussions, tous leurs silences, et toutes ces heures à penser à elle aussi…représentaient les meilleurs instants de sa vie depuis Laly. Il l’aimait…Il aimait Manuela. C’était aussi simple que ça.
« je t’aime »
Il soupira et prononça ces mots de manière presque inaudible, juste pour lui-même, pour leur donner vie. Alors Manuela ouvrit les yeux, le cœur battant la chamade. Elle ne dormait pas, profitant simplement de ce moment près de lui…Leurs regards se croisèrent et il comprit qu’elle avait entendu. Ils se sourirent, et il lui caressa le visage. Elle se redressa et posa sa tête au creux de son épaule, tremblante. Il y avait tellement longtemps qu’elle ne s’était pas sentie si légère, si bien aussi.
Manuela doucement:-je t’aime aussi Sébastien.
Il pencha la tête vers elle, plongea ses yeux dans les siens, et tout doucement, sans réfléchir déposa ses lèvres sur celles de la jeune femme, tendrement, sans la brusquer. Tremblante, elle lui rendit son baiser.
Il s’écarta d’elle et la regarda…Elle souriait, …elle souriait vraiment. Comme avant. Maintenant tout irait bien, il le sentait au fond de lui. Il allait leur construire une nouvelle vie, à deux, et il serait là pour elle quand ce serait difficile. Elle était celle qu’il cherchait sans aucun doute possible.
Elle se sentait enfin à nouveau vivante. Avec lui, elle le sentait, elle pourrait surmonter ça. Elle aimait à nouveau, intensément, passionnément inconditionnellement. Il avait su percer la carapace qu’elle s’était construite et la sortir de son enfermement, comme aucun autre n’aurait su le faire. Maintenant il lui restait juste à réapprendre avec lui l’amour et la vie.
fin

Avrildemai-

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Age: 31
Date d'inscription: 19/07/2009
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Les filles, pas que vous croyiez que j'ai pas aimé vos fics, bien au contraire!
Avril, je t'ai donné mes impressions en live hier soir, mais je les remettrai ici très bientôt, le temps de relire tout de même!! Que ça soit plus frais!
Mais évidemment, j'ai pris un réel plaisir à te lire sur ce sujet qui était pas des plus évident pour toi, et c'est une vraie réussite, avec cette magnifique histoire!!
Mélodie, déjà un très grand merci, pour ce magnifique tableau que tu a peins, à la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie, partir te rejoindre et découvrir cette région pour laquelle tu m'as fait avoir un coup de cœur uniquement au travers de tes mots!!
Pour le reste, mis à part le fait que j'ai été extrêmement émue par ton récit, je suis bien incapable dans l'immédiat dans dire plus...
Mais ça viendra promis, il m'est impossible de ne pas m'étendre sur le sujet!!
Oh, dernières choses: Vos kit d'illustrations sont vraiment beaux, et très représentatif, je les adore, je les mettrais en bannière un de ces 4, c'est sur!!
Et enfin, merci pour vos clins d'oeil, je ne sais pas si vous vous étiez entendues à ce sujet, mais j'ai vraiment apprécié!!!
Encore un grand merci les filles!!! Je vous adore!!
Avril, je t'ai donné mes impressions en live hier soir, mais je les remettrai ici très bientôt, le temps de relire tout de même!! Que ça soit plus frais!
Mais évidemment, j'ai pris un réel plaisir à te lire sur ce sujet qui était pas des plus évident pour toi, et c'est une vraie réussite, avec cette magnifique histoire!!
Mélodie, déjà un très grand merci, pour ce magnifique tableau que tu a peins, à la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie, partir te rejoindre et découvrir cette région pour laquelle tu m'as fait avoir un coup de cœur uniquement au travers de tes mots!!
Pour le reste, mis à part le fait que j'ai été extrêmement émue par ton récit, je suis bien incapable dans l'immédiat dans dire plus...
Mais ça viendra promis, il m'est impossible de ne pas m'étendre sur le sujet!!
Oh, dernières choses: Vos kit d'illustrations sont vraiment beaux, et très représentatif, je les adore, je les mettrais en bannière un de ces 4, c'est sur!!
Et enfin, merci pour vos clins d'oeil, je ne sais pas si vous vous étiez entendues à ce sujet, mais j'ai vraiment apprécié!!!
Encore un grand merci les filles!!! Je vous adore!!

pettitteluciole-

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Date d'inscription: 24/09/2008
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
pettitteluciole a écrit: à la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie, partir te rejoindre et découvrir cette région pour laquelle tu m'as fait avoir un coup de cœur uniquement au travers de tes mots!!!
Et bien un ciré et des bottes et y a plus qu'à !! Avril et moi te ferons découvrir notre région avec plaisir...
Dernière édition par Mélodie le Dim 27 Déc 2009 - 22:09, édité 1 fois

Mélodie- Nombre de messages: 188
Date d'inscription: 14/06/2009
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Non, même pas vrai!!!!! Un bon manteau pour le froid et c'est tout, il peut y faire très beau. Et ça me donne envie de lire ta fic Mélo! 

Sev-

Nombre de messages: 532
Age: 32
Date d'inscription: 16/06/2006

Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Sev a écrit: il peut y faire très beau.
Oui, oui : il peut. Plusieurs fois par jour même !

Mélodie- Nombre de messages: 188
Date d'inscription: 14/06/2009
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Mais nooooooooo, t'es négative... Moi, j'ai eu que du beau. Promis, je reviendrai pour vous en ramener!!! 

Sev-

Nombre de messages: 532
Age: 32
Date d'inscription: 16/06/2006

Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Mélodie a écrit:pettitteluciole a écrit: à la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie, partir te rejoindre et découvrir cette région pour laquelle tu m'as fait avoir un coup de cœur uniquement au travers de tes mots!!!
Et bien un ciré et des bottes et y a plus qu'à !! Avril et moi te ferons découvrir notre région avec plaisir...
C'est dans mes projets!!!!! Tu demanderas à Avril ce que je lui ai dit hier soir après avoir lu vos 2 fics!!
Sev a écrit:Non, même pas vrai!!!!! Un bon manteau pour le froid et c'est tout, il peut y faire très beau. Et ça me donne envie de lire ta fic Mélo!
Sev, t'en prives pas, vraiment!!!!
Sev a écrit:Mais nooooooooo, t'es négative... Moi, j'ai eu que du beau. Promis, je reviendrai pour vous en ramener!!!
Bon, On y va quand alors?? on fait le trajet ensemble??

pettitteluciole-

Nombre de messages: 144
Age: 29
Date d'inscription: 24/09/2008
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Jenny le clin d'oeil pas du tout entendu mais bien c'est vrai ^^
je confirme ^^! viens vite, bien que je râle souvent y'a des choses sympa à voir chez nous si t'as pas peur de t'enrhumer ^^!
mais pareil pour toi, on t'attends
je confirme elle veut venir jusqu'à nous et forcement je la ferais pas changer d'avis sur ce projet
j'attends que ça!!! Et Sev tu es aussi la bienvenue 
Mélodie a écrit:pettitteluciole a écrit: à la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie, partir te rejoindre et découvrir cette région pour laquelle tu m'as fait avoir un coup de cœur uniquement au travers de tes mots!!!
Et bien un ciré et des bottes et y a plus qu'à !! Avril et moi te ferons découvrir notre région avec plaisir...
je confirme ^^! viens vite, bien que je râle souvent y'a des choses sympa à voir chez nous si t'as pas peur de t'enrhumer ^^!
Sev a écrit:Mais nooooooooo, t'es négative... Moi, j'ai eu que du beau. Promis, je reviendrai pour vous en ramener!!!
mais pareil pour toi, on t'attends
pettitteluciole a écrit:Mélodie a écrit:pettitteluciole a écrit: à la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie, partir te rejoindre et découvrir cette région pour laquelle tu m'as fait avoir un coup de cœur uniquement au travers de tes mots!!!
Et bien un ciré et des bottes et y a plus qu'à !! Avril et moi te ferons découvrir notre région avec plaisir...
C'est dans mes projets!!!!! Tu demanderas à Avril ce que je lui ai dit hier soir après avoir lu vos 2 fics!!Sev a écrit:Non, même pas vrai!!!!! Un bon manteau pour le froid et c'est tout, il peut y faire très beau. Et ça me donne envie de lire ta fic Mélo!
Sev, t'en prives pas, vraiment!!!!Sev a écrit:Mais nooooooooo, t'es négative... Moi, j'ai eu que du beau. Promis, je reviendrai pour vous en ramener!!!
Bon, On y va quand alors?? on fait le trajet ensemble??
je confirme elle veut venir jusqu'à nous et forcement je la ferais pas changer d'avis sur ce projet

Avrildemai-

Nombre de messages: 908
Age: 31
Date d'inscription: 19/07/2009
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Avrildemai a écrit:je confirme ^^! viens vite, bien que je râle souvent y'a des choses sympa à voir chez nous
Ravie de te l’entendre dire !!!
Des choses sympas à voir, à manger, à boire, à écouter… Allez les filles du Sud, en Bretagne !
Je maintiens quand même qu’il serait raisonnable d’apporter un ciré même si…


Mélodie- Nombre de messages: 188
Date d'inscription: 14/06/2009
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Ca me plait bien ce petit programme!!!
Alors je pense qu'on va dire à très vite les filles^^
Alors je pense qu'on va dire à très vite les filles^^

pettitteluciole-

Nombre de messages: 144
Age: 29
Date d'inscription: 24/09/2008
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Ça peut se faire!! Quand? Je sais pas, mais ça peut!! En + j'ai adoré votre région donc... 

Sev-

Nombre de messages: 532
Age: 32
Date d'inscription: 16/06/2006

Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
Sev a écrit:Ça peut se faire!! Quand? Je sais pas, mais ça peut!! En + j'ai adoré votre région donc...
T'inquiète Sev, moi non plus je sais pas encore quand, mais on va essayer de trouver^^

pettitteluciole-

Nombre de messages: 144
Age: 29
Date d'inscription: 24/09/2008
Re: Voeu n°9 : une histoire d'amour entre Manuela et Sébastien
mais oui mais oui
bien sur que vous allez trouver ^^

Avrildemai-

Nombre de messages: 908
Age: 31
Date d'inscription: 19/07/2009
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